Les 10 plus gros succès du cinéma québécois

Découvrez ci-dessous le top 10 des plus gros succès du cinéma québécois :

  1. Séraphin, un homme et son péché, de Charles Binamé (2002) : 1 341 602 spectateurs
  2. Bon Cop Bad Cop, d’Érik Canuel (2006) : 1 320 394
  3. De père en flic, d’Émile Gaudreault (2009) : 1 242 370
  4. La Grande séduction, de Jean-François Pouliot (2003) : 1 197 843
  5. Les Boys, de Louis Saïa (1997) : 1 125 182
  6. Les Boys II, de Louis Saïa (1998) : 1 039 578
  7. Les Invasions barbares, de Denys Arcand (2003) : 913 995
  8. Les Boys III, de Louis Saïa (2001) : 910 743
  9. C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005) : 785 634
  10. Aurore, de Luc Dionne (2005) : 706 811

Sorti en 2002, Séraphin, un homme et son péché est l’adaptation du classique de la littérature de Claude-Henri Grignon. A ce jour, le film demeure le plus gros succès du cinéma québécois* et devrait le rester un bout de temps. A noter enfin que Bon Cop Bad Cop et De père en flic, deux des immenses succès récents, ont connu des suites, toutes deux sorties en 2017, lesquelles ont réalisé également des prouesses au box office.

*Ces chiffres ne prennent en compte que la période de 1985 à aujourd’hui

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Critique film : Ça sent la coupe, de Patrice Sauvé (2017)

5bd48740ad39b011990d1ed093e2af94Réalisation : Patrice Sauvé

Scénariste : Matthieu Simard

Distribution : Louis- José Houde, Emilie Bibeau, Maxime Mailloux, Julianne Côté, Marilyn Castonguay…

Synopsis : Un soir de match des Canadiens, alors qu’il est comme d’habitude devant la télévision entouré de ses amis, Max voit sa conjointe le quitter. Pour lui, débute alors une période de remise en question profonde. Pourquoi est-elle partie ? Doit-il garder le magasin que lui a légué son père ? A-t-il fait les bons choix dans sa vie ? Comment guérir de l’absence ? Ou plutôt des absences…

Durée : 1h39

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Critique

Ça sent la coupe n’est pas tout à fait ce qu’il s’évertue à paraître dans les premières minutes. Sous ses airs de romance mélancolique « à la » High Fidelity et de comédie bon enfant rythmée par les matchs de hockey, le film de Patrice Sauvé se révèle en réalité être un récit sur le manque. La rupture initiale sert en effet de révélateur pour Max, qui n’a jamais réellement fait le deuil de ses parents, morts dans un accident quelques années plus tôt. Cette absence, et notamment celle du père avec lequel il partageait une passion totale pour les Canadiens de Montréal, est le véritable enjeu dramatique. Et la principale problématique à résoudre pour Max.

Ça sent la coupe ne parvient jamais à vraiment être le film de bande qu’il essaie de dépeindre. Les scènes de groupe diffusent bien ce sentiment de fraternité, de compréhension et de solidarité. Mais la multiplicité des personnages tourne au désavantage de certains trop peu étayés, ne servant que de faire-valoir ou d’outil scénaristique pour aider Max à retrouver son chemin. Ça sent la coupe est en réalité un film en solo, celui de Louis-José Houde à l’interprétation dépouillée, ne surlignant jamais les émotions et dont les yeux révèlent bien plus que tous les mots.

Si le dernier tiers donne l’impression de patiner quelque peu, c’est parce que le film n’est plus dicté par l’impérieuse nécessité d’une quelconque intrigue mais désormais branché sur le pouls de Max. Ayant compris que pour avancer, il devait enfin accepter le passé et ses douleurs, le présent et ses manques, il est alors dans une phase de reconstruction émotionnelle forcément chaotique. Le film se laisse alors déborder par l’émotion sincère et simple, bringuebalé dans les collisions entre des scènes éthérées flirtant avec une profonde tristesse et de petits moments de grâce durant lesquels Max semble enfin revivre en oubliant même fugacement. Malheureusement trop vite expédié, le final est pour Max le moment de mettre enfin les mots sur ses sentiments, de poursuivre la missive entamée au début d’un film en surface bavard mais en réalité plutôt taiseux. Par cette verbalisation capitale, il dépasse la douleur pour se réapproprier son existence.  Le travail de deuil est terminé, la vie peut (re)commencer. Un message modeste, universel et touchant. A l’image du film.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 24 février 2017

Budget : 4,3 millions de dollars

Box office : 51 954 spectateurs

Disponible en DVD

Critique film : Endorphine, d’André Turpin (2016)

storage.quebecormedia.comRéalisation et scénario : André Turpin

Distribution : Sophie Nélisse, Mylène Mackay, Monia Chokri, Lise Roy…

Synopsis : Alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente, Simone est témoin du meurtre de sa mère. A 25 ans, encore paralysée par ce choc, elle mène une vie monotone bientôt troublée par la rencontre du meurtrier de sa mère. A 60 ans, Simone, devenue physicienne, donne une conférence sur la nature relative du temps. Et si ces trois temporalités n’en faisaient en réalité qu’une seule ?

Durée : 1h24

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Critique

« Comment déformons-nous le temps ? » Dans une de ses premières interventions, Simone, alors conférencière, donne une des clés de lecture d’Endorphine. La perception du temps est relative. Et, suivant cette perspective scientifique, le film d’André Turpin ne cesse d’éclater les règles temporelles. Le passé, le présent et le futur ne sont plus des chapitres successifs pour Simone. Le temps, tout le temps de sa vie cohabite en elle.

Les « trois Simone » représentent ainsi ces trois temporalités qui se succèdent mais aussi se télescopent, s’éloignent puis se rejoignent, se nourrissent et s’informent les unes les autres… Avec ce jeu fou avec le temps, d’une précision et d’une beauté qui ne se révèlent vraiment qu’au terme du film, Turpin réussit à nous faire croire à son illusion cinématographique parfaite. Parallèles ou simultanées, parallèles et simultanées, ces trois temporalités nous font perdre nos repères pour mieux nous emporter car elles sont autant la mécanique du drame que son enjeu. Et le vrai créateur de l’émotion. Une émotion qui se libère violemment avec cette scène fascinante réunissant les trois visages de Simone. Ses trois temporalités s’y réconcilient enfin. Douleur, apaisement, violence, libération… tous les sentiments se mêlent et se confondent. Toute une vie, ou presque, en un plan.

A cette dimension relativiste, Turpin amalgame une approche onirique du récit. Il y a du Lynch dans Endorphine, dans cet envahissement de l’inquiétante étrangeté du cauchemar dans le réel, dans ce tourbillon des boucles temporelles provoquant une forme de transe et dans cette manière de projeter la psyché de son personnage dans le monde environnant. Endorphine est un transfert de l’inconscient de ses Simone, qui cherchent dans chacune des temporalités à toucher le réel, à ressentir physiquement ce monde, à se trouver enfin. Cette quête d’une femme, hantée par la culpabilité et désespérément à la recherche d’elle-même, est aussi tragique que sublime. Et si l’on repense au regard face caméra de Sophie Nélisse au tout début du film, cette quête n’en devient que plus déchirante.

Endorphine s’envisage aussi comme un objet poétique. Tout peut y être interprété dont tous les mystères ne doivent pas nécessairement trouver de réponses. Surtout, le film d’André Turpin se révèle comme une incroyable expérience de cinéma, autant sensorielle qu’intellectuelle. Un sommet, qu’il va falloir escalader encore et encore.

Note : 4,5 sur 5

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Date de sortie : 22 janvier 2016

Disponible en DVD

 

Critique film : Les 3 p’tits cochons 2, de Jean-François Pouliot (2016)

a595a47b25444da0bed4afd8a5c42e37Réalisation : Jean-François Pouliot

Scénario : Pierre Lamothe et Claude Lalonde

Distribution : Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, Patrice Robitaille, Sophie Prégent, Isabel Richer…

Synopsis : Cinq ans après la mort de leur mère, les 3 frères Rémi, Mathieu et Christian n’ont finalement pas beaucoup changé. Rémi vit toujours une double vie, trompant sa femme avec des femmes et des hommes. Mathieu se sent déboussolé par la réussite de sa femme et l’inertie de sa carrière. Christian, lui, a toujours une vie sentimentale mouvementée. Leurs mensonges et autres petites cachotteries vont, une nouvelle fois, venir bouleverser cet équilibre déjà précaire…

Durée : 1h43

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Critique

Donner une suite à la comédie Les 3 p’tits cochons, immense succès populaire en 2007 loin d’être volé, était un pari risqué. Il est malheureusement perdu. Non seulement ce numéro 2 ne soutient pas la comparaison avec son prédécesseur, ce qui en soi est dommageable mais pas éliminatoire, mais il est aussi (surtout) un film qui a sacrifié le vulgaire (assumé) sur l’autel du beauf (involontaire) et n’apporte fondamentalement rien de nouveau. Les 3 p’tits cochons 2 laisse en effet la désagréable impression que Rémi, Mathieu et Christian n’ont pas évolué, tombant exactement dans les mêmes pièges, succombant aux mêmes tentations et révélant les mêmes défauts.

La structure du film étant une redite de celle du premier, le récit est sagement balisé et la surprise automatiquement désarmée. Pire l’écriture grossière enlève toute bonhommie à ses personnages et, de fait, toute possibilité d’empathie de la part du spectateur. Reste la dynamique à vide du trio formé par l’immature (Guillaume Lemay-Thivierge), le beauf (Patrice Robitaille) et le cachottier (Paul Doucet), tous partageant cette même inclination pour le mensonge et cette obsession sans maîtrise pour le sexe. Une obsession qui aurait pu être fructueuse dramatiquement si elle n’était pas constamment traduite par un humour en-dessous de la ceinture franchement grossier et un sexisme parfois beauf.

Heureusement dans ce film rendu trop long par son faux rythme incompréhensible, tout n’est pas à jeter. Quand il se fait plus amer, plus mélancolique, quand il place ses personnages devant les vraies conséquences de leurs actes, il puise ses vraies ressources émotionnelles. Mais ces scènes sont trop rares et leurs secousses trop fugaces. Dans ce registre émotionnel, ce second volet fait pâle figure à côté du premier. Les scènes intimistes avec la mère mourante y ramenaient les trois personnages à leur condition de fils, laissant tomber toutes leurs protections et cherchant un réconfort simple, avaient une véritable dimension sensible simple et sans arrière-pensée. La faillite de ce numéro 2 n’en est que plus criante avec cette scène phare de l’anniversaire de la mort de la mère. Ce moment culminant, sur le papier destinée à l’émotion de la réconciliation, se résume à une scène bâclée, trop vite balancée. Les différends entre les frères, pourtant particulièrement importants, n’y sont pas résolus. Comble du comble : les dialogues y sont tout bonnement masqués par la musique larmoyante ! Comme si le film se brûlait les doigts dès que l’émotion lourde se pointait…

Sans vrai discours, sans innovation non plus, Les 3 p’tits cochons 2 se résume à une comédie graveleuse et poussiéreuse. Dommage, trois fois dommage.

Note : 1 sur 5

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Date de sortie : 1er juillet 2016

Budget : 6 millions de dollars

Box office : 306 399 spectateurs

Disponible en DVD

Hochelaga, Terre des Âmes : en avant-première à Montréal

La première mondiale du film Hochelaga, Terre des Âmes, réalisé par François Girard, aura bien lieu à Montréal. Deux projections très spéciales, organisées dans le cadre des festivités pour le 375ème anniversaire de la ville, sont organisées le 6 septembre.

La première projection débutera à 19h au Cinéma Impérial et sera ouverte au grand public. La seconde, plus médiatique, commencera à 19h30 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. L’équipe du film sera présente aux deux événements pour lancer les festivités cinématographiques.

=> Plus d’infos sur le site officiel du 375ème anniversaire de Montréal

Le synopsis du film : Une tempête de pluie s’abat sur Montréal, provoquant un spectaculaire affaissement de terrain au stade Percival Molson pendant un match de football. La partie est interrompue. En quelques heures, le stade devient un site archéologique protégé et des siècles d’histoire se révèlent sous nos pieds. L’archéologue mohawk Baptiste Asigny entreprend des fouilles qui le mènent à la découverte des multiples générations qui ont occupé ce lieu et de leurs secrets enfouis. Baptiste est dès lors déterminé à trouver ce qu’il cherche depuis toujours : la trace du village d’Hochelaga, là où ses ancêtres iroquoïens reçurent Jacques Cartier en octobre 1535.

Après cette présentation montréalaise, le film de François Girard sera projeté lors du Toronto International Film Festival (TIFF), organisé du 7 au 17 septembre.

Interview – Louis Morissette: « J’adore détester mon personnage de Plan B »

Rencontre avec l’acteur, producteur et scénariste (entre autres) Louis Morissette, la star de la série Plan B, diffusée sur la plateforme Series Plus…

Affiche - Copyright KO TVAu-delà du postulat de science-fiction, la série est avant tout l’histoire d’un couple en crise…

Je ne suis pas particulièrement fan de science-fiction. Les choses qui me touchent généralement à la télévision ou au cinéma ont un traitement assez réaliste. Il faut que les questionnements du personnage aient un écho en moi, dans ma vie. C’est aussi pour cela que l’histoire de ce couple me parlait. On a tous en nous cette question : « Et si je pouvais changer quelque chose, reprendre une phrase… ? » Est-ce que ce serait différent ? Oui. Est-ce que ce serait mieux ? Pas nécessairement.

Le film « Le Mirage » de Ricardo Trogi, que vous aviez co-écrit et dans lequel vous jouiez, était déjà centré sur un personnage en crise existentielle…

80% des fictions qui tournent autour d’un personnage en remise en question ! Je n’invente rien. Le Mirage est centré sur un personnage arrivant à la quarantaine et qui regarde autour de lui en se disant « Tout ça pour ça… » Plan B est fondé sur un protagoniste plus jeune, qui construit quelque chose, qui veut, qui cherche cette espèce de contrôle absolu sur sa destinée, son emploi, sa vie de couple, le bonheur de sa famille… A jongler avec toutes ces balles, il y en a toujours une qui finit par s’échapper. L’un est dans l’analyse, l’autre davantage dans la construction de sa vie. Dans Plan B, l’introspection vient beaucoup plus tard dans la saison. Il y a des similitudes mais pour moi c’est avant tout un hasard. La réflexion est profondément différente.

« Plan B » est un projet au long cours. Il y a eu 8 ans de développement…

Il existe une multitude de raisons créatives à ce délai. Mais la principale, c’est que certains décideurs ont manqué un petit peu de courage. On a souvent entendu cet argument : « C’est trop compliqué, les gens ne suivront pas… » De notre côté, on a toujours pensé que le public était assez intelligent ! La télévision devient de moins en moins un médium pour essayer des choses. Je ne sais pas si cela est lié aux impératifs financiers, si c’est cela qui mène vers cette aseptisation. Mais en ce qui concerne Plan B, je pense qu’il y a eu un manque de courage et de vision.

La télévision devient de moins en moins un médium pour essayer des choses.

Et pourtant vous êtes une personnalité très connue au Québec, susceptible de débloquer des projets sur votre nom…

Le fait que ma notoriété ait grandi au fil des années a justement permis au projet de ses réaliser. C’est peut-être cela qui a fait, au final, que le projet a vu le jour. C’est dire…

Parce que le procédé de science-fiction est explicité très simplement, il n’en devient qu’un prétexte pour révéler les personnages…

Le premier épisode permet d’installer cette convention de science-fiction. Dans les 5 suivants, elle devient plus secondaire, juste un outil du vrai drame. On voulait en effet faire en sorte que la série ne s’arrête jamais sur ce gimmick mais se recentre plutôt sur les personnages. Plan B, c’est une quête des émotions. L’idée, c’était aussi de rapidement créer cette connivence entre le personnage principal et le téléspectateur afin que cette relation grandisse au fil des 6 épisodes et au final surprenne. Dès lors, les actes odieux qu’il commet dans le tout dernier épisode n’en ont que plus de force et deviennent même vertigineux parce que le téléspectateur, au fond, comprend la réaction de Philippe. Même moi, je le déteste. Et j’adore ça ! J’adore le détester dans la toute dernière image de la série. (rires)

Ce que dit la série, c’est que l’on peut contrôler les événements mais pas sa nature. De là provient la noirceur de « Plan B »…

C’est sombre ou lucide ? Peut-être vaut-il mieux négocier avec tout le trouble qui nous tombe dessus plutôt que d’essayer de l’éviter ou de le changer. Il faut l’affronter, c’est la meilleure façon de passer au travers.

Peut-être vaut-il mieux négocier avec tout le trouble qui nous tombe dessus plutôt que d’essayer de l’éviter ou de le changer.

Du décalage entre l’omniscience de votre personnage, qui décide de revivre certains moments de sa vie pour les changer, et les autres qui, eux, vivent dans le présent naît une relation déséquilibrée… et très tordue.

C’était aussi un des grands défis d’écriture. D’autant que la série a dans un premier temps été développé pour un format de 12 épisodes. Passer à 6 chapitres ne consiste pas simplement à enlever des éléments. Supprimer un épisode chamboule tout car une seule décision de mon personnage impacte tous les autres personnages. Il a fallu tout réécrire de fond en comble.

Dans le premier épisode, il y a une réplique démontrant toute la sobriété de l’écriture et l’efficacité qui en découle. Au réveil, le personnage de Magalie Lépine Blondeau répond à Philippe après une de ses remarques : « Cela ne me dérange plus ». Ce « plus » montre à quel point ce couple s’est délité au fil des ans…

C’est vrai. Et c’est d’autant plus émouvant que ce couple est tout jeune. Personnellement je trouve que beaucoup de couples devraient juste accepter qu’ils ne sont plus faits pour être ensemble, ne plus croire qu’il faut réussir à tout prix. Il faut se défaire de cette notion d’échec social. La génération de nos parents vivait avec cette pression. Il fallait rester marié, avoir des enfants… bref : il y avait un cheminement considéré comme obligatoire. Or ce n’est pas une obligation. Mais on se retrouve parfois dans une sorte d’engrenage. Mon personnage pourrait tout essayer, sa femme n’est d’une certaine façon déjà plus là. Peu importe le nombre de fois qu’il essaiera de revenir dans le passé, il se trouvera toujours un événement pour les faire trébucher.

Pour votre personnage, sa manière de corriger les événements est aussi une façon de manipuler son entourage. Il révèle une profonde perversion que la série assume pleinement…

Plutôt que d’améliorer son quotidien, Philippe tente de contrôler sa vie, son entourage, le monde autour de lui. Il devient un monstre de contrôle. Pour bien faire fondamentalement… mais cet élan d’altruisme devient au final son pire ennemi.

Philippe, mon personnage dans Plan B tente de contrôler sa vie, son entourage, le monde autour de lui. Il devient un monstre de contrôle.

Dans l’émission humoristique « Et si », il y avait déjà d’une certaine manière l’idée de « refaire » le monde. Vous décaliez notre société très légèrement pour la réinventer…

J’ai commencé mon métier en étant comédien de stand up. Depuis toujours, j’essaie de déconstruire certaines conceptions, certains comportements acquis. Et cela me plaît. J’essaie de toujours questionner les raisonnements selon lesquels telle ou telle chose devrait être faite de telle manière. Actuellement je travaille sur une autre série intitulée Les Simone, écrite principalement par Kim Lévesque-Lizotte. Et elle amène à réfléchir sur ses propres comportements. On se dit qu’on ne sera jamais macho jusqu’au jour où on réalise que certains comportements ou remarques… On réalise qu’on est d’une certaine manière un peu programmé, qu’inconsciemment on considère les femmes comme les filets de sécurité et les hommes comme des chasseurs. Mais c’est le propre de tout créateur selon moi : ils se confrontent à l’ordre établi.

La série « Mes P’tits malheurs », dont vous étiez le narrateur, était une série racontant l’enfance, le passé. Vous êtes obsédé par le temps qui passe…

Oui ! (rires) C’est bien vrai tout cela ! Cette raconte l’enfance de l’auteur Jean-François Léger, qui est un ami depuis 15 ans. On est de la même génération, on a donc vécu d’une certaine manière la même enfance. Mais je ne l’aurais peut-être pas écrite de la même manière. Je n’aime en réalité pas trop revisiter mon passé, mon enfance.

Magalie Lepine Blondeau et Louis Morissette 2 - Copyright KO TV
Magalie Lépine Blondeau
etdans « Plan B »Depuis la présentation de « Plan B » au Festival Séries Mania, on parle d’acquisition et d’adaptation de la série…

Je sors justement d’une réunion où on a évoqué 2-3 gros dossiers à ce sujet. 2 gros français souhaitent en faire l’adaptation, même chose pour le Canada anglophone. On parle aussi d’une distribution aux Etats-Unis. Ça avance, ça avance doucement. Mais je ne suis pas pressé, je veux garder une forme de contrôle sur l’adaptation. Dans le passé, Jean-François et moi avons eu des expériences plus ou moins poussives avec des adaptations où les gens partaient avec de bonnes intentions mais quand les textes nous revenaient, c’était complètement différent. De fait, on aimerait que les autres pays restent très proches de notre écriture et de notre format. Et je veux rester producteur de cela. On est dans la négociation. C’est sûr que si Plan B avait été diffusée il y a 2 ou 3 ans, je serais plus flexible sur les conditions d’adaptation.

En France, la visibilité des séries québécoises est assez pauvre. Soit elles sont adaptées, soit elles sont rares, soit elles ne sont pas diffusées…

Souvent l’adaptation concerne le format de la comédie. Je peux comprendre parce que la comédie est quelque chose de profondément culturel et nous, Québécois, avons peut-être une façon un peu régionale d’écrire notre comédie. Plan B est un drame psychologique. Je ne comprendrais pas qu’un auteur ou un producteur français me dise qu’il doive complètement réécrire la série.

Propos recueillis par Thomas Destouches le 8 mai 2017

Interview – Stéphane Bourguignon: « On était tous complètement sur le cul devant le succès de La Vie La Vie »

Stéphane Bourguignon, créateur des séries La Vie La Vie et Tout sur moi, est de retour avec Fatale Station. Diffusée sur la plateforme québécoise EXTRA d’ICI Tou.tv (avant une programmation sur Radio Canada) et présentée en France lors du Festival Séries Mania, cette série est un thriller sous haute influence western. Rencontre avec un auteur culte…

=> Cette interview a été publiée dans le numéro 64 du magazine Cinemateaser

Avant de devenir romancier et auteur de série, vous avez travaillé pour l’émission Surprise Sur Prise !

Oui ! C’est vrai. J’étais jeune et cela n’a pas duré bien longtemps. J’écrivais les interventions de l’animateur en plateau. Mais je n’étais pas très bon. En fait ce n’était pas vraiment pour moi. (rire) D’ailleurs durant les séances de brainstorming avec l’équipe, je n’étais pas très bon non plus. Cela ne me plaisait pas trop de réfléchir de cette manière à des blagues. Je n’ai pas le cerveau outillé pour ça. Bien évidemment j’aime bien faire des blagues mais la caméra cachée n’est pas trop mon truc.

Peut-être est-ce dû aussi au fait que votre écriture se libère clairement sur la durée. Vous avez besoin d’imaginer sur une fiction longue…

Oui c’est vrai, je m’y plais plus. Mais j’ai travaillé dans le monde de l’humour jusqu’à la sortie de mon premier roman, donc de 22 jusqu’à 30 ans. Après j’ai laissé tomber. J’écrivais pour des humoristes, pour des émissions de télé ou de radio… Ma première école, la plus formidable sans aucun doute, c’est une émission de radio enregistrée chaque semaine devant un public: le Festival de l’humour québécois. Elle existait depuis 10 ans avant que je l’intègre, mon père l’écoutait déjà quand j’étais plus jeune ! C’était une sorte de revue d’actualité. On écrivait toute la semaine et le lundi soir on la mettait en boîte devant un public. On voyait alors ce qui marchait ou pas. Et on recommençait la semaine d’après. J’ai fait ça pendant 4 ans. Dans mon expérience professionnelle, c’est la seule fois où j’ai pu avoir instantanément le résultat de mon travail. J’ai beaucoup appris, notamment à ressentir le public, à essayer d’anticiper. Cela m’a toujours servi par la suite.

Avec le Festival de l’humour québécois, j’ai beaucoup appris, notamment à ressentir le public, à essayer d’anticiper. Cela m’a toujours servi par la suite.

Mais ne faut-il pas justement se détacher de cette volonté d’anticiper pour se recentrer sur ce qu’on veut faire ?

Il ne s’agit pas de vouloir lui plaire mais de vouloir l’amener en promenade. De pouvoir lui prendre la main et de le guider à travers une émission, un roman. Si tu ne sais pas à qui tu as affaire, tu ne peux pas le guider convenablement.

Avant d’être auteur de série, vous êtes devenu romancier. Si je mets en relation vos livres avec vos séries, il y a une obsession qui se dégage : la description de ce qui anime l’être humain à se bouger…

Oui en effet. Je mets toujours en scène des personnages qui, d’une certaine manière, sont arrêtés, bloqués ou sur le point de tomber. Et ce qui leur arrive leur permet de comprendre, de continuer à avancer, à progresser. Dans le cas de Fatale Station, c’est ce moment qui va accélérer leur chute et les changer à jamais. J’aime beaucoup ces points de fixation où les personnages ne savent pas comment se dépêtrer d’un état, d’une façon d’être. C’était aussi le cas dans La Vie La Vie. On y voyait des personnages réussissant à se dépasser, à dénouer quelque chose.

J’aime beaucoup ces points de fixation où les personnages ne savent pas comment se dépêtrer d’un état, d’une façon d’être.

Dans La Vie La Vie justement, vous vous intéressez à des personnages trentenaires à un point de transition de la vie. Ils en ont suffisamment fait pour être sur des rails tout en ayant assez de temps devant eux pour encore changer…

Je voulais parler de moi, de mes amis, de ce que je voyais autour de moi. Mais je voulais surtout faire une série ! (rire) J’avais profondément envie d’essayer cette écriture-là. Le principe de La Vie La Vie est extrêmement simple : c’est l’histoire de 5 amis ! Je ne me suis pas cassé la tête. Mais j’ai beaucoup travaillé, essayé d’apprendre le plus possible cette écriture si particulière. Une fois la forme maîtrisée, j’ai commencé à explorer, à faire par exemple un épisode sans sous-intrigue, un autre uniquement centré sur un personnage… Pour moi, La Vie La Vie a vraiment été un travail très égoïste de perfectionnement de mon art, de mes techniques.

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Normand Daneau, Macha Limonchik, Julie McClemens, Patrick Labbé et Vincent Graton, les comédiens de la série « La Vie La Vie »

Cette volonté d’expérimenter s’est amplifiée avec Tout sur moi, votre série ultérieure. C’est une comédie, en apparence proche de l’autobiographie mais en réalité très fictionnelle, où les comédiens s’adressent aux téléspectateurs face caméra, où on a des numéros musicaux…

Tout sur moi est vraiment basé sur ces 3 personnages. J’entendais les histoires que ma femme Macha et ses deux meilleurs amis se racontaient et je me disais que cela n’avait tellement aucun sens que c’était déjà une sitcom ! A cette époque, j’essayais d’écrire un roman depuis 6 mois mais cela ne marchait pas. C’est alors que je leur ai dit qu’il fallait faire une comédie sur et avec eux. On s’est assis tous ensemble et je leur ai demandé de me raconter leurs pires affaires. Bien évidemment, sur les 65 épisodes de Tout sur moi, j’en ai également beaucoup inventé. Moi je m’ennuie très vite, c’est sans doute mon principal défaut. Il fallait donc que je trouve des affaires pour me distraire. En ce qui concerne l’épisode en comédie musicale, c’est en fait lié à aux téléspectateurs. A la fin de la seconde saison, le diffuseur Radio Canada a annoncé qu’il retirait des ondes Tout sur moi. La série était donc finie. La chaîne a alors commencé à recevoir des lettres, beaucoup de lettres, c’était très touchant d’ailleurs. Quelques jours plus tard, le président de Radio Canada a donc annoncé que la série allait revenir. Pour remercier les gens, d’une certaine manière, j’ai écrit cette comédie musicale pour le premier épisode de la saison suivante. Mais à part cela, la construction de Tout sur moi était relativement simple : Intrigue A, Intrigue B, Intrigue C… C’est une série ridicule, complètement ridicule mais on a pris tellement de plaisir à la faire ! Encore aujourd’hui on se dit régulièrement que c’est dommage de ne plus être à l’antenne. On était très libre. Malheureusement je pense que cette époque-là est finie. Après cela on a subi des coupures budgétaires, encore des coupures, toujours des coupures… Je me considère vraiment chanceux d’avoir pu faire Fatale Station.

Quel est l’état de la télévision québécoise aujourd’hui après toutes ces années de coupures et de repositionnement ?

Les budgets diminuent sans arrêt. Des producteurs arrivent à faire des miracles avec très peu d’argent. Mais cela se fait également au coût d’un épuisement professionnel des équipes. Cela crée aussi des précédents : si un show est suivi par un million de téléspectateurs alors qu’il n’a coûté que 400 000 dollars, on essaie de le reproduire… Dans ce contexte, il est difficile de tenter, d’explorer. Le danger c’est de prendre moins de risques. Tout sur moi ne faisait pas de grosses cotes d’écoute, il y avait en moyenne quelque chose comme 380 000 téléspectateurs par épisode. Aujourd’hui, on ne garderait pas en onde une série avec une telle audience. Mais Tout sur moi offrait une belle visibilité pour Radio Canada et elle attirait les jeunes. C’est important car les publicitaires cherchent à attirer ce public. Ce qui peut peut-être nous sauver c’est l’émergence de nouvelles plateformes.

Ce qui peut peut-être nous sauver c’est l’émergence de nouvelles plateformes.

Dans votre carrière d’auteur de série, Fatale Station représente une vraie cassure. On n’est plus dans la fiction générationnelle comme La Vie La Vie ou dans la comédie pure comme Tout sur moi. On est dans une série proche de la structure dramatique du western…

Mon parcours en télévision est réalité enchevêtré avec mon parcours de romancier. Mon premier roman, L’Avaleur de sable, était précurseur de La Vie La Vie. Un peu de fatigue correspond à une période où j’étais tanné d’organiser à l’extrême mon écriture. Mon roman Sonde ton cœur se déroulait dans le Midwest américain, dans un petit village, Swan Valley, peuplé de 263 habitants. Je suis allé faire des repérages là-bas et l’ambiance m’est toujours restée. Après avoir fait une belle pause après Tout sur moi, comme j’aime toujours alterner des projets drôles et d’autres plus dramatiques, pour changer d’air, j’avais envie d’un truc plus dramatique. Et cet univers-là s’est imposé tout de suite. Tout était là, y compris cette ambiance de western. Pour moi, Fatale Station a un vrai prolongement avec ce roman. Là où je vois une différence, c’est dans l’écriture, dans les dialogues. La série contient des dialogues qui sont très théâtraux, ce que je ne faisais jamais avant. Il y a des envolées, de la poésie, c’est quelque chose de nouveau pour moi. Je vais beaucoup au théâtre, aussi parce que ma femme est actrice (ndlr : Macha Limonchik, la comédienne principale de Fatale Station). J’avais envie de m’amuser avec des notions plus théâtrales dans le dialogue.

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Macha Limonchik

Fatale Station raconte aussi la vie de cette ville. Pour la faire exister à l’écran, il faut que les habitants existent, une multitude d’habitants. Y avait-il la volonté de se confronter à la gestion de cette multitude de personnages, ce qui est nouveau aussi pour vous ?

En effet c’est la première fois que je travaillais avec autant de personnages. A l’origine il devait même y avoir un personnage régulier supplémentaire. Mais j’ai dû le couper lorsqu’on m’a annoncé que le budget était réduit de 100 000 dollars par épisode ! Quand tu veux parler d’un village, il faut tout de même qu’il y ait une brochette relativement imposante de personnages. En prenant un village isolé, tu peux créer des choses et tu n’es pas obligé d’être si près que cela de la réalité, de la vérité. La police vient le vendredi après-midi ? C’est moi qui l’ai inventé, cela n’existe pas au Québec ! Jouer comme cela subtilement avec la réalité me donne toutes les permissions d’une certaine manière. Tu crées les personnages que tu veux.

Jouer comme cela subtilement avec la réalité me donne toutes les permissions d’une certaine manière. Tu crées les personnages que tu veux.

La série arrive en France à l’automne sur Arte. Est-ce qu’à ce moment-là on saura s’il y a une saison 2 ?

Il n’est pas supposé y avoir une saison 2. Le diffuseur n’a jamais voulu en faire une. Ce n’est pas une question de qualité mais de planning. Il voyait la série ainsi… à moins bien évidemment que l’on connaisse un immense succès. On verra au printemps 2018, lorsque la série sera disponible chez nous à la télévision, et non plus seulement sur la plateforme de streaming de notre diffuseur. Mais je ne sais pas dans quel état d’esprit je serai à ce moment-là. Un an d’écriture ensuite le tournage… Au mieux, il se sera écoulé 3 ans entre les deux saisons. Je ne sais pas si c’est réaliste ou souhaitable.

J’ai interviewé Vincent Graton à propos de La Vie La Vie. A une question sur votre style d’écriture, il répondait ceci : « Pour un acteur, quand les mots de l’auteur sortent de sa bouche avec fluidité, il y a une part de talent (rires), mais surtout, cela confirme que l’écriture est là. Les textes de Bourguignon, nous n’avions qu’à être là et tout allait de soi. Il n’y a rien de trop dans son écriture. Pas d’utilisation exagérée de qualificatifs. Il y a une précision. Nous avons fait 39 épisodes de La Vie la vie, un autre auteur aurait surfé sur le succès et en aurait fait le double. Pas Bourguignon. Il a un jugement extraordinaire. Une capacité de se regarder en face pour identifier le superflu et l’éliminer. » Question donc : est-ce qu’une des forces de votre écriture c’est cette « précision » dont il parle ? Ce besoin d’aller à l’essentiel ?

Mes scénarios sont excessivement précis. Parfois les réalisateurs me disent même que je suis fatigant car ils voudraient faire autrement… mais le scénario fonctionne ! Ce n’est pas par envie de contrôle mais parce que dans ma tête l’action se déroule très précisément. Je me dis toujours que les scénarios ne sont pas uniquement lus par les réalisateurs et les acteurs. Il y a toute la chaîne de production : les producteurs, la chaîne, le diffuseur, les maquilleurs… Dans tout ce processus, il y a des gens qui ont de l’imagination, d’autres moins. Comme je le fais dans mes romans, je fais en sorte dans mes scénarios d’amener ces gens dans un voyage de lecture, qui leur donne la meilleure idée possible de ce que je veux faire. Même la costumière a des détails, l’ambiance… C’est un document qui se lit presque comme un roman. Cela donne un mouvement, on part tous sur la même page, avec une impression de ce qu’est la série, qui ne devient pas vivant juste au tournage. Elle l’est dès le scénario.

Pour continuer sur La Vie La Vie, la série a été un immense succès. Vous l’aviez dès le départ imaginé en 3 saisons. Mais face au succès, vous auriez pu facilement prolonger cette série…

C’est sûr, j’aurais pu continuer. Mais j’aurais dû inventer de nouveaux… Mes personnages doivent toujours dépasser quelque chose. Là ils avaient justement dénoué leur affaire au terme des 3 saisons. Il aurait fallu que je leur invente de nouveaux nœuds ? Je n’en avais aucune envie. Et puis la série avait eu une belle carrière, inespérée même. On était tous complètement sur le cul devant ce succès. C’est aussi pour cela que c’était le meilleur moment pour arrêter. Je n’aurais pu que décevoir. Si cette série est devenue mythique, c’est aussi parce qu’on s’est arrêté.

Si La Vie La Vie est devenue mythique, c’est aussi parce qu’on s’est arrêté.

A l’époque de Tout sur moi, vous évoquiez un scénario de film que vous vouliez réaliser pour compléter cet « exercice d’écriture » que vous évoquez parfois. A ce jour, vous n’êtes pas passé derrière la caméra…

Le scénario dont vous parlez, je l’ai écrit à un moment où je n’avais pas de travail. J’ai demandé une bourse, que j’ai obtenue, et je l’ai écrit. Je voulais le vendre le plus vite possible. Je l’ai donc proposé à une productrice au Québec. Elle m’a dit oui mais à la condition que je le réalise. J’ai réfléchi et je me suis demandé pourquoi je devais passer à côté de cette occasion. Je ne suis pas plus bête qu’un autre, je peux apprendre à réaliser. On a travaillé comme des fous sur ce projet pendant 3 ans sans jamais réussir à obtenir le financement. Depuis j’ai écrit un autre long métrage mais je ne pense pas que je vais tenter de le réaliser. Je suis curieux car la réalisation m’obligerait à rentrer dans les mots d’une façon nouvelle pendant le tournage.

Propos recueillis par Thomas Destouches à Paris le 22 avril 2017


La bande-annonce de « Fatale Station » :

=> Lire l’interview de Vincent Graton

Gala Québec Cinéma 2017: le triomphe de Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Avec 12 nominations chacun, Juste la fin du monde et Un ours et deux amants étaient les favoris du Gala Québec Cinéma. Le film de Xavier Dolan s’est bel et bien révélé le grand gagnant de la soirée avec 5 Iris en poche, dont ceux du Meilleur film et de la Meilleure Réalisation. Nelly d’Anne Emond est l’autre vainqueur avec 4 statuettes, dont celle de la Meilleure comédienne pour la radieuse Mylène Mackay.

Découvrez ci-dessous la liste complète des Iris 2017 :

MEILLEUR FILM

  • Juste la fin du monde, de Xavier Dolan

MEILLEURE RÉALISATION

  • Xavier Dolan pour Juste la fin du monde

MEILLEUR SCENARIO

  • Louis Bélanger et Alexis Martin pour Les mauvaises herbes

MEILLEURE ACTRICE

  • Mylène Mackay dans Nelly

MEILLEUR ACTEUR

  • Gabriel Arcand dans Le fils de Jean

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Le Gala du cinéma québécois 2017 : la liste complète des nominations

Avec 12 nominations, Juste la fin du monde et Un ours et deux amants sont les favoris. Deux ans après le sacre de Mommy (10 statuettes récoltées en 2015), Xavier Dolan va-t-il réaliser une nouvelle razzia ? Réponse le dimanche 4 juin…

Découvrez ci-dessous la liste complète des nominations pour le gala du cinéma québécois.

MEILLEUR FILM

  • Avant les rues, de Chloé Leriche
  • Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, de Mathieu Denis et Simon Lavoie
  • Juste la fin du monde, de Xavier Dolan
  • Les mauvaises herbes, de Louis Bélanger
  • Un ours et deux amants, de Kim Nguyen

MEILLEURE RÉALISATION

  • Louis Bélanger pour Les mauvaises herbes
  • Bachir Bensaddek pour Montréal la blanche
  • Xavier Dolan pour Juste la fin du monde
  • Chloé Leriche pour Avant les rues
  • Kim Nguyen pour Un ours et deux amants

MEILLEUR SCENARIO

  • Louis Bélanger et Alexis Martin pour Les mauvaises herbes
  • Bachir Bensaddek pour Montréal la blanche
  • André Forcier et Linda Pinet pour Embrasse-moi comme tu m’aimes
  • Chloé Leriche pour Avant les rues
  • Kim Nguyen pour Un ours et deux amants

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Yan England : son top 5 des films québécois

Réalisateur de l’intense 1:54, Yan England a composé son top 5 (ou plutôt son top 6 !) de ses films québécois. Une sélection accompagnée de ses quelques mots : « Chaque histoire m’a envoûté par ses images, ses acteurs, et la vision du réalisateur et tous ses choix artistiques. Et bien sûr, l’émotion (rire, larme, tension, etc…) est toujours au rendez-vous dans chacun. »

=> Lire l’interview de Yan England

1Mommy, de Xavier Dolan (2014)

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. (Source : Eléphant Cinéma)

 

 

2Incendies, de Denis Villeneuve (2010)

Synopsis : Lorsque le notaire Lebel (Rémy Girard) fait à Jeanne et Simon Marwan (Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette) la lecture du testament de leur mère Nawal (Lubna Azabal), les jumeaux sont sidérés de se voir remettre deux enveloppes, l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de Nawal, enfermée dans un mutisme inexpliqué lors des dernières semaines avant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen-Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien… Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante et avare d’affection. Mais son amour pour sa soeur le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une Nawal bien loin de la mère qu’ils ont connue. Épaulés par le notaire Lebel, les jumeaux remonteront le fil de l’histoire de celle qui leur a donné la vie, découvrant un destin tragique marqué au fer rouge par la guerre et la haine… et le courage d’une femme exceptionnelle (Source : Eléphant Cinéma)

3Le violon rouge, de François Girard (1998)

Synopsis : De L’Italie du XVIIe siècle jusqu’au Montréal d’aujourd’hui, en passant par l’Autriche, la Chine et la Grande-Bretagne, nous suivons les pérégrinations d’un superbe violon rouge qui va passer d’un propriétaire à l’autre au fil des siècles. (Source : Elephant Cinéma)

 

 

4

Les Invasions barbares, de Denys Arcand (2003)

Synopsis : À peine parvenu à la cinquantaine, Rémy apprend qu’il est atteint d’un mal incurable. Son ex-femme appelle leur fils à son chevet et prévient famille et entourage. L’heure du bilan a sonné. Denys Arcand aborde, comme dans le Déclin de l’empire américain, des thématiques qui exigent un début de maturité. (Source : ONF)

 

 

5C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

 

 

 

6Mémoires affectives, de Francis Leclerc (2004)

Synopsis : Souffrant d’amnésie à la suite d’un accident, un homme tente de reprendre le cours de sa vie. Mais les bribes de souvenirs qui lui reviennent ne correspondent pas à ce que lui racontent ses proches. (Source : Eléphant Cinéma)

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Remerciements chaleureux à Yan England