10 films québécois cultes en 10 photos de tournage

Découvrez 10 clichés pris sur les tournages de ces films incontournables du cinéma québécois…

 

Le Chat dans le sac, de Gilles Groulx (1964)

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Jean-Paul Bernier sur le tournage du film – © Office national du film du Canada / Eléphant cinéma

Synopsis : À travers la confrontation d’un couple dans la vingtaine, ce film pose la grande question de l’accession à la maturité politique du peuple québécois telle que perçue par un cinéaste épris d’idéal et d’absolu. (Source : ONF)

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Mon Oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

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Claude Jutra sur le tournage du film – © 1971 Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

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La Vraie nature de Bernadette, de Gilles Carle (1972)

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Gilles Carle sur le tournage de « La Vraie nature de Bernadette » – © Bruno Massenet / Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Bernadette quitte Montréal avec son fils pour s’installer à la campagne. Bien vite son caractère, généreux et extraverti, conquiert la petite communauté. Mais la nature humaine, souvent ombrageuse et empoisonnée, se soucie bien peu du cadre…

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Les Ordres, de Michel Brault (1974)

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Photographe : Daniel Kieffer – © Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité » dans un pays où les droits des individus sont suspendus…

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La Guerre des Tuques, d’André Mélançon (1984)

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Sur le tournage de « La Guerre des Tuques » en 1984 – © Michel Gravel / La Presse

Synopsis : L’histoire d’une bataille épique entre deux bandes de jeunes dont l’enjeu est un grand château de neige et de glace. L’un des groupes est dirigé par Luc, un chef jusqu’alors incontesté et l’autre est dirigé par Pierre et son inséparable Saint-Bernard. Une nouvelle venue au village, Sophie, se joindra bientôt à la bande de Pierre. (Source : Eléphant cinéma)

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Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

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Rémy Girard, Daniel Brière, Pierre Curzi et Yves Jacques spendant le tournage du film © Bertrand Carrière / Collection / Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

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Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

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Jean-Claude Lauzon (à droite sur la photo) sur le tournage de son film – © Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

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C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

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Jean-Marc Vallée dirigeant Marc-André Grondin – © TVA film

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

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Mommy, de Xavier Dolan (2014)

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Xavier Dolan, entouré de ses deux comédiens Antoine Olivier Pilon et Anne Dorval – © Shayne Laverdière

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

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King Dave, de Podz (2016)

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Le réalisateur Daniel « Podz » Grou et son comédien Alexandre Goyette sur le tournage de « King Dave » – © Go Films

Synopsis : Dave est un frondeur. Un King autoproclamé, influençable mais pas inconscient. Alors qu’il se met en tête de retrouver l’inconnu qui a dansé avec sa blonde en lui poignant le cul, comme si de rien n’était, il décide de se faire justice. Entre violence, peine d’amour et amitié trahie, Dave va mettre le doigt dans le tordeur et s’engouffrer, toujours poussé par en avant sans jamais s’arrêter.

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Interview – Marie-José Raymond et Claude Fournier d’Eléphant Cinéma : restaurer ET diffuser tout le cinéma québécois

=> Rendez-vous sur le site « Eléphant Cinéma »

Sauver la mémoire du cinéma québécois, toute la mémoire, dans le respect total des œuvres originales et donner la possibilité de voir ces longs métrages… Telle est la mission totalement folle menée par Marie-José Raymond et Claude Fournier, à la tête d’Eléphant Cinéma depuis presque 8 ans. Rencontre avec ces deux encyclopédies de la cinématographie québécoise (mais pas que), plus passionnés et actifs que jamais, qui ont déjà restauré 250 films…

La mémoire de…

Avoir appelé votre société « Eléphant Cinéma » destinée à sauvegarder, promouvoir et diffuser ce que le Québec a produit, c’est en référence à cette fameuse « mémoire d’éléphant » ?

Claude Fournier : Quand on a démarré le projet, on voulait un nom ludique. Je me suis souvenu qu’étant enfant, et je suis allé au cinéma très tôt parce que mon oncle et ma tante possédaient une salle, le lion de la MGM m’impressionnait. Je ne l’ai jamais oublié. Je suis arrivé assez vite sur cet « éléphant », entre autres à cause de cette mémoire en effet. En outre, cela a l’avantage d’être simple, pas prétentieux. En exergue, on y a apposé la formule « Mémoire du cinéma québécois » pour que ce soit un peu plus compréhensible. Cette appellation est donc née très facilement. Au départ je pensais que les mécènes ne seraient pas d’accord, mais au contraire ils l’ont été tout de suite.

Marie-José Raymond : Et puis l’éléphant est grégaire. Il rassemble. Ce n’est pas un solitaire. Cela nous ressemble : on travaille avec tout le monde, on s’intéresse aux comédies et aux drames, des films d’auteur ou grand public. Le symbole de l’éléphant convenait d’autant plus.

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Capture d’écran du site « Eléphant cinéma »

Quels films restaurer ?

Vous traitez tous les cinéma en refusant la sélection « par » le chef d’œuvre

Claude Fournier : Souvent dans les sociétés de restauration de films, il y a des jurys qui choisissent les œuvres à restaurer. A partir du moment où notre mécène Québécor (ndlr: entreprise québécoise présente dans les secteurs des médias, des télécommunications…) nous demande de nous concentrer sur toute la production, il n’y a pas de sélection ! Dès le départ, nous ne nous sommes pas intéressés « d’abord » aux films qui ont le mieux marché. D’ailleurs si certains films que l’on restaure ont pu être des échecs lors de leur sortie, ils se révèlent très commandés, pas forcément à la hauteur d’un blockbuster, mais à l’échelle d’une restauration.

Marie-José Raymond : Je me souviens d’une rencontre organisée ici au Forum des Halles de Paris durant laquelle j’ai entendu un intervenant dire qu’il était là pour restaurer les chefs d’œuvre. Je suis fondamentalement en désaccord avec cette affirmation : qui peut décréter que tel ou tel film en est un ?

Vous restaurez absolument tout, y compris des films considérés comme « mineurs ». C’est une approche, il est vrai, moins traditionaliste…

Marie-José Raymond : Quelle audace pour une personne de considérer un film comme un « chef d’œuvre » ! Quand nous avons débuté, j’ai eu au téléphone quelques gourous des chapelles de cinéma au Québec, lesquels voulaient m’indiquer quels films à restaurer ou non. Pour moi, tous les films ont une valeur. Bien évidemment nous nous sommes occupés de grands films, comme ceux de Denys Arcand… Je pense notamment à On est au coton, son documentaire, qui est à l’ONF. C’est amusant d’ailleurs car la version disponible actuellement est en réalité la copie de travail de Denys. Il avait filmé des entrevues avec le patron de l’entreprise, Mr King. Quand le film a été achevé, ce dernier a menacé de poursuivre Arcand si les entretiens étaient conservés au montage. Il y a donc eu des coupes mais Denys a pris sa copie de travail et l’a envoyée à la Cinémathèque. Mais vous le savez, une copie de travail a encore du collant, des marques de crayon. Quand Denys a été nommé pour un Oscar, le Ministre de la culture de l’époque a demandé à l’Office à voir ses films. L’ONF a donc édité en vitesse des DVD et pour On est au coton, ils ont pris la version intégrale qui était à la Cinémathèque, parce que Denys ne voulait pas montrer la version coupée. Une version intégrale non restaurée donc. Quand j’ai visionné ce film, j’ai cru à une plaisanterie avec toutes ces collures et ces marques. J’ai appelé Denys pour en savoir un peu plus. Il m’a raconté toute l’histoire ! On a été obligés de le montrer ainsi comme ça parce que nous n’avions pas le temps de le restaurer. En ce moment l’Office est dans la 3D, les lunettes, la réalité virtuelle… mais moi je pense d’abord et avant tout aux films.

Si vous ne sélectionnez pas, comment choisissez-vous le « prochain » film à restaurer ?

Marie-José Raymond : On ne le choisit pas !

Claude Fournier : On en restaure une vingtaine par années. On est déjà monté à 40. En ce qui concerne les films à restaurer, certains nous sont suggérés, comme actuellement avec la Cinémathèque québécoise. Ils ne nous avaient jamais dit qu’ils avaient le premier long métrage d’animation réalisé au Canada. Nous sommes donc en train de restaurer Le Village enchanté (ndlr : de Marcel et Réal Racicot). Pour cette même Cinémathèque, nous avions déjà restauré le court métrage d’animation Gertie, datant de 1914. On l’a fait par sympathie pour eux et cela a été une opération particulièrement compliquée. Mais c’est un film formidable de Winsor McCay et il va sûrement voyager dans différents festivals. Quand McCay a fait ce long métrage, qui est un des premiers films d’animation dans le monde, c’était un peu un spectacle du genre « lanterne magique », il était sur scène et le film était projeté sur l’écran. A la suite de cette restauration, l’Université de Notre-Dame, et plus particulièrement l’historien de l’animation Donald Crafton, nous a contacté parce qu’ils essaient là-bas de reconstituer l’original de Gertie le dinosaure avec un comédien jouant le rôle de Winsor McCay. Ils vont donc se servir de notre film restauré. On va donc s’impliquer là-dedans.

Marie-José Raymond : Cela fait partie des petits plaisirs que l’on se fait. Il faut prendre conscience que notre démarche est au fond très laborieuse. On travaille avec des laboratoires. On a commencé avec Technicolor, c’était la solution la plus compatible avec ce que je recherchais. C’était aussi le devis le moins cher, mais c’était surtout la transparence totale. Moi je veux savoir ce que coûte chaque chose et choisir moi-même chaque élément. Mais notre mécène a racheté l’autre grand laboratoire. Il était dès lors hors de question de payer le concurrent, on a donc décidé de transférer nos opérations.

Claude Fournier : C’est un travail qui dure depuis un an. Il faut reconstituer une équipe de restauration.

Marie-José Raymond : Et surtout avec les mêmes standards et de la même manière que nous. Ils font certes de belles restaurations mais moins pour les films anciens que plus récents. Une petite griffure sur une pellicule c’est autre chose qu’une restauration de fond sur un film ancien. J’ai fait une entente avec l’Office National du Film du Canada (ONF). Cette institution a fait une trentaine, peut-être une cinquantaine de films, car ce n’est pas vraiment leur corps de métier. Je leur ai dit que je voulais bien les aider mais que je ne voulais pas que mon mécène paye pour la Reine ! Je leur ai donc offert de profiter des tarifs que j’avais négociés. Le syndicat de l’ONF a refusé, car il voulait sa propre machine et que l’ONF le fasse lui-même. Ils ont donc un gars qui s’en occupe. En tant qu’agrégateur, je dois approuver cette restauration mais aussi m’occuper de tout un tas de choses : le packaging, la bande-annonce, les affiches… L’autre jour, je vérifie donc un film restauré par l’ONF de Francis Mankiewicz, Les Beaux Souvenirs, mais je n’y comprends rien, car il y a un manque de cohérence sur certains enchainements de plans. Et notamment parce qu’il y a certaines scènes en « nuit américaine » (ndlr : une scène de nuit tournée en pleine journée). Or la technicienne qui s’est occupée de la restauration en 4K, elle a regardé la scène et a fait une lumière constante alors qu’il fallait justement étalonner les plans tournés en plein jour pour qu’ils soient cohérents avec ceux tournés en pleine nuit. L’ONF n’a pas notre expertise, et c’est bien dommage. Et les techniciens en charge n’ont pas toujours notre connaissance du cinéma. La personne qui a finalisé la restauration des Beaux Souvenirs ne connaissait rien au film. On a donc mis en place avec notre mécène une bourse à l’Université du Québec (UQAM) qui va être attribué chaque année à un élève qui s’intéresse à la numérisation et à la restauration, mais avec obligation de faire de l’histoire. Cela doit être mon passé de licenciée en histoire…

Vous avez restauré 250 films et, d’après vous, il vous en reste 800. A quoi correspond exactement ce chiffre de 1000 films ?

Marie-José Raymond : Il s’agit tout simplement des 1000 films produits au Québec.

Claude Fournier : Au Québec, nous avons commencé à la fin des années 40. L’histoire du cinéma québécois débute avec la 2ème guerre mondiale. Avant, il y avait des films français qui étaient proposés et cela satisfaisait la demande du public francophone. Mais quand la guerre a éclaté, l’offre de films s’est raréfié et c’est à ce moment-là que la production a démarré au Québec. Ce qui est un peu extravagant, c’est qu’à cette époque les films en français remplissaient leur rôle et satisfaisaient à la demande. Aujourd’hui, la part de films français est quasiment inexistante.

Marie-José Raymond : A une époque, un rapport a établi que le Canada était faible voire inexistant dans le domaine de la distribution. Une loi a alors été promulguée pour faire en sorte que les distributeurs de films soient canadiens. Au Québec, la loi a même été plus spécifique en imposant que les distributeurs soient de propriété québécoise. Et si un distributeur déménageait hors de la Province, à Toronto par exemple, ou avait des investisseurs étrangers, il perdait son droit de distribution. Or depuis quelques années, eOne, un distributeur de Toronto, ayant par ailleurs reçu des fonds britanniques, s’est mis à acheter des sociétés de distribution québécoises, catalogues compris. Avec cette société, nous sommes dans une situation difficile.

Claude Fournier : Ils ont à peu près une centaine de films de patrimoine qu’ils ne veulent pas nous laisser restaurer. Je ne comprends pas trop pourquoi.

Marie-José Raymond : C’est d’autant plus incompréhensible que je suis prête à payer et que je leur laisse l’accès à tous leurs films s’ils veulent les ressortir… Je connais des réalisateurs très attristés par cette situation, comme par exemple François Girard. On lui propose actuellement d’organiser des projections de son film Le Violon Rouge avec orchestre symphonique. Malheureusement, à notre époque, il n’y a pas une salle symphonique équipée d’un projecteur 35 mm. Il a donc besoin d’une copie 4K en DCP (ndlr : Digital Cinema Package, soit un fichier numérique). Moi je m’en occuperais volontiers mais eOne justement a les droits. Il y a bien des copies VHS mais ce n’est pas approprié du tout, vous vous en doutez bien. Et ce qui est terrible c’est qu’eOne ne fait même pas la promotion de ces œuvres ! Alors qu’Éléphant s’en chargerait bien et en a potentiellement les moyens. A ce propos, nous allons lancer en septembre prochain une newsletter destinée notamment au réseau de francophiles des Amériques, qui comprendra notamment des liens pour aller voir des entretiens ou encore des liens vers iTunes. Cela représente 30 000 associations, institutions, universités… C’est crucial comme moyen de communication et de promotion d’Éléphant.

Pour en revenir à la mémoire, est-ce que parfois on a la mémoire courte en ce qui concerne l’histoire du cinéma ?

Marie-José Raymond : Elle est terrible cette mémoire courte. D’autant que le cinéma est la forme d’art qui permet de connaître au mieux une civilisation. Il rejoint l’écriture, la danse, le mouvement, l’image, la sculpture… Ce n’est pas pour rien qu’il est le « 7ème Art ». C’est peut-être cela que les gens oublient, considérant le cinéma simplement comme un produit de consommation. Or il est révélateur. Même dans les films les plus méprisés ou décriés, il y a une perle. Cela peut-être 3 répliques qui se révèlent d’une beauté ou d’une humanité…

Claude Fournier : Parfois un film « moche » ou « chiant » recèle une séquence incroyable. Je me rappelle d’un long métrage dans lequel il y avait une scène où un personnage allait chercher son linge dans une buanderie tenue par un Chinois. Elle dure à peu près 3 minutes et c’est une scène d’anthologie ! Je me suis littéralement ennuyé pendant tout le film mais ce moment était proprement génial. Faire en sorte que ce film demeure, même s’il est ordinaire, c’est formidable.

Marie-José Raymond : Je me souviens d’un autre film réalisé par une jeune femme, Denyse Benoit, qui était à l’époque à l’Office National du Film (ONF). Elle s’était prise de passion pour une nouvelle écrite par Yves Thériault (ndlr : l’auteur d’Agaguk, Le Grand roman d’un petit homme…). Il lui a fallu deux ans pour convaincre de lui céder les droits. Elle n’avait jamais réalisé.  Ce film, Le Dernier havre, tourné en Gaspésie, est à la hauteur d’un Ingmar Bergman. Le jour où je l’ai vu, car j’approuve tout avant que ce soit disponible sur les plateformes, je suis sortie complètement en larmes. J’allais à une réunion conjointe avec les unions des Artistes, des Scénaristes et des Réalisateurs et j’ai débuté cette rencontre en demandant si quelqu’un connaissait ce film de Denyse Benoit. Personne n’en avait jamais entendu parler. Allez sur iTunes et regardez ce film qui est d’une simplicité, d’une beauté, d’un tragique… Cette réalisatrice a fait un autre film moyen avant d’aller faire de la poterie dans le Sud de la France !

Claude Fournier : L’avantage de mon âge, 84 ans, c’est aussi de connaître le cinéma et de connaître les gens qui le font ou l’ont fait. S’ils ne sont pas morts, je peux les appeler ou ils peuvent m’appeler !

Marie-José Raymond : On sait comment ils travaillent ou comment ils travaillaient.

Claude Fournier : Le plus bel hommage nous a été fait par Claude Lelouch. Il dit : « La restauration, il ne faut pas que ce soit fait par des cons ! » (rires)

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« Le Dernier havre » de Denyse Benoist, disponible via Elephant Cinéma

Restaurer n’est pas (que) numériser

Marie-José Raymond : Trop souvent, on confond numérisation et restauration. C’est un problème que j’ai abordé lors d’une table ronde au dernier festival Lumière, après notamment avoir vu à New York une copie d’un film de Shirley Clarke présenté comme restauré alors qu’il avait été seulement numérisé. Je l’ai dit au distributeur après avoir vu une copie dégueulasse. C’est aussi pour cela que je suis convaincue qu’il faut mettre en place un label de qualité pour la restauration, comme il existe par exemple un label pour le vin de Bordeaux ! Mais ce label ne peut pas être décerné par un laboratoire ou un distributeur. Il faut que ce soit la FIAF (ndlr : International Federation of Film Archives) via une cellule spécifique pour attribuer un label de contrôle. Ainsi un film présenté comme « restauré » le sera vraiment. J’en ai déjà parlé avec Nicolas Seydoux, le président de la Gaumont.

Claude Fournier : Davide Pozzi de L’Immagine Ritrovata trouve également que c’est une bonne idée. Quand nous serons assez à trouver que c’est une bonne idée, on essaiera de convaincre la FIAF de mener tout cela. Si chaque gros restaurateur de films donne un peu d’argent pour faire marcher cette cellule, ça peut fonctionner et donner de beaux résultats. Il y a un ou deux ans, Thierry Frémaux (ndlr: le délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière) a fait une conférence sur la restauration et il a dit, et cela nous a été rapporté, qu’il fallait regarder ce que les Québécois faisaient dans le domaine de la restauration et, surtout, de la diffusion de ces films. Et il est vrai que sur ce plan-là, nous sommes sans doute en avance.

Marie-José Raymond : Je le répète : notre philosophie n’est pas juste de restaurer mais de montrer. Quand Alain Juppé était Ministre des affaires étrangères en France, il a pris conscience qu’il n’y avait plus de projecteurs 35 mm dans les ambassades françaises dans le monde. Or un film est une des façons les plus efficaces de donner le goût de la France. C’est aussi pour cela qu’Alain Juppé avait accepté de parrainer le premier événement que nous avions organisé ici au Forum des Images avec la projection du Matou de Jean Beaudin. Et nous sommes récemment allés voir le nouveau Ministre de la Culture au Québec pour lui dire que nous ne voulions pas leur argent mais juste leur demander de nous utiliser pour faire connaître le Québec. Le paradoxe, c’est comme le gouvernement ne paie pas pour ces restaurations, il se sent coupable et donc ne fait pas appel à nous. C’est un atout pour un pays d’avoir accès à ces films restaurés et disponibles. Et pour le 5ème anniversaire d’Eléphant, nous avons fait un livre intitulé « Les images que nous sommes ». Il se trouve que notre mécène a également un grand nombre d’éditeurs. On a donc pu faire un beau livre mais nous avons aussi été les premiers à faire un eBook pour iTunes contenant 75 extraits vidéo. Il est disponible ainsi partout dans le monde.

Claude Fournier : Tous les textes sont signés par Serge Bouchard, un anthropologue québécois qui analyse sur un plan sociologique le cinéma québécois. Il contient donc 75 extraits et quelque chose comme 200 photos. C’était la première fois qu’iTunes proposait un eBook avec autant de vidéos dedans.

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Couverture du livre « Les images que nous sommes », Les Éditions de l’Homme

Que les films soient vus !

Marie-José Raymond : Une des particularités d’Éléphant est de rendre ces films à nouveau disponibles car nous ne faisons pas que restaurer et numériser, mais aussi rendre accessible. A mon sens, c’est une démarche unique. Par exemple, si The Film Foundation (Voir le site officiel) restaure, et le fait très bien, par la suite le film repart dans une cinémathèque en quelque sorte.

Claude Fournier : Ou dans un festival.

Marie-José Raymond : Et s’il ressort éventuellement en salles, c’est pour une durée très limitée. Éléphant met à disposition le film 7 jours par semaine, 52 semaines par an.

Et si les films sont disponibles sur le cloud Illico au Canada, ils sont aussi accessibles ailleurs, comme en France, via iTunes…

Marie-José Raymond : Sur le site d’Éléphant, juste à côté de la fiche de présentation du film, on peut en effet se rendre directement sur la plateforme adéquate en fonction du pays. C’est un système très simple et lisible, ce qui est formidable aussi pour tous ces gens pour qui la navigation sur Internet ou les différentes plateformes de vidéo est un peu mystérieuse. Si le film est disponible, en un clic on peut le commander. C’était très important pour nous que ce soit simple et accessible.

Claude Fournier : En ce qui concerne la collaboration avec iTunes, c’est Marie-José qui a d’ailleurs fait changer les choses ! Vous imaginez aisément que ce n’est pas simple. Nous avons été les premiers à fonctionner avec iTunes via un système de fichiers pour pouvoir proposer plusieurs langues. Ils ont démarré cela grâce à nous ! Désormais nos films sont donc en français et/ou en anglais, et on commence également à les sous-titrer en espagnol, car on veut aller sur ce marché. Ensuite on s’intéressera à l’Italie… Et tout ce que l’on fait à chaque fois, c’est rajouter un fichier. Cette façon de procéder, c’est Marie-José qui en est à l’origine lorsque nous avons commencé à travailler avec iTunes il y a de cela 6 ans.

Marie-José Raymond : Il y a bien eu 2 ou 3 petites choses un peu difficiles dans le processus de collaboration, comme celle demander à avoir un accent sur le mot « Éléphant ». Cela a bien dû prendre 6 mois. (rires) Alors certes ce sont des gens difficiles à joindre mais fondamentalement iTunes permet cette flexibilité : il suffit d’un petit clic aux spectateurs pour faire apparaître des sous-titres sur les films par exemple.

Claude Fournier : Être présent sur cette plateforme nous ouvre un tout nouvel horizon. Ce qui est amusant d’ailleurs, c’est que nous ne sommes pas allés chercher iTunes, ce sont eux qui sont venus vers nous au bout de deux ans. Ils voyaient bien ce qu’on faisait. La mission globale d’iTunes est de constituer la plus grande cinémathèque du monde.

Marie-José Raymond : Ils ont d’une certaine manière la même approche que nous : ils s’engagent sur la durée. Quand j’ai dit à Pierre Karl Péladeau, qui était à la tête de notre mécène Québécor, que je voulais que nos films soient présents tout le temps, il m’a invité à aller voir le patron de Videotron, une filiale de Québécor en charge notamment de la diffusion. Lorsque j’ai dit à ce dernier que je voulais que mes films soient disponibles dans la durée, ce dernier a été très étonné. Il pensait que je voulais les mettre à disposition pendant 2 mois ou un peu plus ! (rires) Depuis que l’on existe, on comptabilise 500 000 commandes sur la plateforme Illico, qui ne couvre qu’une partie du Québec. Si on imagine qu’on peut éventuellement regarder des films à plusieurs, c’est potentiellement une audience plus importante qu’à l’époque de leur sortie !

Claude Fournier : Il y a 1,7 million d’abonnés à la plateforme de VOD d’Illico. En comparaison, 500 000 commandes c’est très intéressant. A ce chiffre se rajoutent ceux d’Itunes, même si nous ne les avons pas précisément. La limite, c’est que nous n’avons pas d’argent pour la publicité sur cette plateforme. Or il faut que les gens sachent que ces films sont disponibles. Avoir été sélectionné 2 fois à Cannes Classics, 2 fois au Festival Lumière, d’avoir été présenté au Musée d’Art Moderne… tout cela nous aide beaucoup pour nous faire connaître.

A propos d’iTunes et de son objectif de « plus grande cinémathèque virtuelle du monde », que pensez-vous de l’initiative récente de la Cinetek ?

Marie-José Raymond : Ils nous ont demandé à avoir accès au film de Michel Brault, Les Ordres (Lire la critique). C’est un film qui provoque encore des réactions, même 40 ans après sa sortie. Lorsqu’on l’a montré à Cannes ou au Musée d’art moderne, les gens demandaient si les victimes avaient poursuivi le gouvernement et ne comprenaient pas comment de telles lois sécuritaires, promulguées au Québec dans les années 70, pouvaient exister. Donc les responsables de la Cinetek m’ont contacté à propos de ce film. Je leur ai dit que j’étais très intéressée de collaborer avec eux et d’y associer certaines de nos plateformes. Nous n’avons plus eu de nouvelles mais c’est logique, c’était au tout début de la construction de la Cinetek. Et nous-mêmes, entre le déménagement du laboratoire ou les problèmes avec eOne, cela ne faisait pas forcément partie de nos priorités. Mais je les ai mis en relation avec les détenteurs des droits, Michel Brault étant décédé. Il ne faut pas mettre de côté le travail que nous faisons avec les héritiers de toutes ces œuvres. Le gestionnaire des droits des films produits par Pierre Lamy (ndlr: Kamouraska, La Tête de Normande St-Onge…) a accès aux masters. Là il vend pour 10 ou 12 000 dollars une diffusion sur Télé Ontario, une télévision généraliste.

Claude Fournier : Depuis qu’on a montré Les Ordres à Cannes, il a voyagé au MoMA, dans 3 ou 4 festivals européens. Et depuis sa présentation à l’Institut Lumière, on sait que TF1 aimerait ressortir en salles le film Les Fous de Bassan, d’Yves Simoneau, dont ils ont les droits.

Marie-José Raymond : Il me reste à conclure un accord avec le détenteur des droits du livre à l’origine de ce film. Tout ce travail de l’ombre prend du temps et permet de se rendre service les uns aux autres.

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« Les ordres », le chef d’oeuvre de Michel Brault, disponible via Eléphant Cinéma

Un système vertueux

Il y a, au cœur de la mission d’Eléphant, une vision assez philanthropique. Vous financez votre opération mais au-delà, vous reversez aux ayants droits

Claude Fournier : Pour monter Eléphant, nous avons été obligés de faire une entente avec les organisations d’artistes pour avoir des conditions particulières. Et Eléphant a un contrat avec toutes les unions, lesquelles sont toutes contentes, notamment parce que pour beaucoup de ces artistes, c’est la première fois qu’ils revoient de l’argent. Pour toutes les locations de film via les différentes plateformes, nous ne gardons que 10%. Cela nous sert à défrayer une partie de la bande-passante. Tout le reste est remis à l’ayant-droit.

Marie-José Raymond : Quand on a lancé nos 25 premiers films, certains acteurs n’avaient plus revu ces films depuis 40 ans ! Ils en pleuraient car ces œuvres n’étaient plus disponibles depuis longtemps. Et dans les semaines qui ont suivi, ils ont reçu un petit chèque. Et ça… Dans le monde du cinéma, passé un certain temps, payer les droits de suite aux acteurs, aux scénaristes et aux réalisateurs est extrêmement rare.

Claude Fournier : Certains réalisateurs demandaient depuis 20 ans d’avoir ces droits de suite et Eléphant a été le premier à leur permettre d’y accéder. Après cela, d’autres médias, la télévision notamment, ont suivi. L’association des réalisateurs nous aime beaucoup ! (rires)

Marie-José Raymond : La volonté de rassembler, au cœur de la mission d’Eléphant, est capitale. Et ces gens-là ont travaillé dur pour ces œuvres.

 Le prix de location de ces films restaurés n’est pas foncièrement élevé…

Marie-José Raymond : Je ne voulais pas que ce soit gratuit. Dans notre société, ce qui est gratuit n’a pas de valeur. Mais je voulais aussi que si un jeune souhaite voir par exemple tous les films de Jean Pierre Lefebvre (ndlr : auteur de La Chambre blanche, Mon amie Pierrette…), ses parents ne lui disent pas d’arrêter à cause de l’argent. Avec Éléphant, vous pouvez donc louer un film en HD à 2,99€. Mais iTunes a une approche différente en ce qui concerne les « films de catalogue » ou des longs métrages « moins connus » que Lawrence d’Arabie, pour lesquels le prix est généralement plus bas. Or je voulais que le prix soit le même sur toutes les plateformes, aussi par respect pour notre mécène, Québécor, dont nos films sont également disponibles sur son service de Vidéo à la Demande.

Claude Fournier : En gros, iTunes prend 30% sur chaque location. Normalement, c’est un distributeur qui vend à cette plateforme le film. Et cet agrégateur garde 25%. Pour éviter cette retenue supplémentaire, Eléphant est devenu lui-même agrégateur. On donne le film à iTunes mais on ne garde pas ces 25%. On les redonne aux ayants droits. Eléphant leur redonne également l’accès au Master (ndlr : l’enregistrement principal à partir duquel on peut tirer des copies notamment) s’ils veulent le ressortir au cinéma ou le rediffuser à la télévision.

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« La chambre blanche » de Jean Pierre Lefebvre, disponible via Eléphant Cinéma

Restaurer, c’est aussi sauver

Marie-José Raymond : Si on veut que les films circulent, il faut que notre travail puisse profiter à tout le monde et que l’on puisse collaborer tous ensemble afin de récupérer l’intégralité des éléments en vue de la restauration. C’est le cas pour Dames Galantes de Jean-Charles Tacchella par exemple.

Claude Fournier : Ou de Violette Nozière de Claude Chabrol, pour lequel on recherche les éléments depuis 3 ans. C’est une coproduction que nous sommes prêts à restaurer. Au CNC, ils cherchent les éléments.

Marie-José Raymond : La faillite du laboratoire LTC (ndlr : en 2011) a compliqué beaucoup de dossiers, même pour des films aussi importants que Violette Nozière justement. Et c’est très grave ! En fonction des circonstances, des bobines sont disséminées ici ou là, dans des entrepôts trop humides…

Claude Fournier : On a sauvé des films de la disparition. La restauration la plus coûteuse d’Éléphant s’est montée à 200 000 dollars. C’était pour Le Gros Bill (ndlr : un film de Jean-Yves Bigras et René Delacroix) datant de la fin des années 40. Le négatif avait été brûlé. Il ne restait qu’une réduction 16 mm d’un assemblage de copies de projection. Je ne vous dis pas l’état du film… Les techniciens de Technicolor étaient en train de devenir fous, on a donc envoyé la dernière bobine à restaurer en Inde. On va peut-être présenter Le Gros Bill en première mondiale au festival d’Abitibi au Canada. C’est un des premiers films québécois réalisé par un metteur en scène québécois. Il contient des scènes de flottage de bois qui sont exceptionnelles. Or cette méthode spécifique n’existe plus depuis longtemps. Ce budget de 200 000 dollars pour la restauration, qui a duré plus de 3 ans, a sans doute coûté davantage que le film lui-même ! (rires) Autre exemple : il ne restait qu’une copie 35 mm du film Fantastica de Gilles Carle avec Carole Laure et on l’a retrouvée une semaine avant qu’elle aille aux ordures ! Elle était entreposée à Toronto depuis 5 ans et les frais de stockage n’avaient pas été payés.

Nous réitérons donc les mêmes erreurs qu’au début du cinéma lorsqu’on détruisait les pellicules pour récupérer les différents éléments de la bobine !

Marie-José Raymond : Exactement ! Et il faut prendre en compte un nouvel élément. Les films tournés en numérique ne sont pas à l’abri. Robert Morin, un cinéaste d’avant garde très prolifique,  a été le premier réalisateur à faire un film à moitié sur pellicule et en numérique dans les années 90. Et justement, pour le numérique, si le producteur ne fait pas une mise à jour technique tous les 2 ans et une mise à jour visuelle tous les 5 ans, le film ne peut pas se conserver.

Claude Fournier : La même problématique de fond qu’avec l’argentique se réitère mais paradoxalement sur un délai beaucoup plus court. On n’est pas sûr de pouvoir à nouveau rejouer un film tourné en numérique il y a 10 ans. Avec Éléphant, on commence à restaurer et renumériser ces films, car ils sont en aussi grand danger que les argentiques.

Marie-José Raymond : Et malheureusement même les jeunes ou les petits producteurs n’en ont pas forcément conscience. Il y a déjà peu d’argent pour sortir un film en salles, alors pour la conservation… Heureusement, à partir du moment où on envoie par exemple une copie à iTunes, cela fait une sauvegarde de plus.

Claude Fournier : Et iTunes se charge de la mise à jour.

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« Le Gros Bill » de Jean-Yves Bigras et René Delacroix, la plus coûteuse restauration d’Eléphant Cinéma à ce jour

…et le reste

Avant Éléphant Cinéma, vous avez réalisé, produit, écrit… Est-ce qu’un retour derrière la caméra est une envie envisageable ?

Claude Fournier : Il y a toujours des envies et des idées. Un distributeur nous a approché pour qu’on fasse une comédie. J’ai 84 ans, je suis très content de ce que je fais mais il est vrai que je referais bien un film. Et un autre livre. Est-ce que j’aurai le temps ?

Marie-José Raymond : Par ailleurs, nous tournons toutes les entrevues autour des films de patrimoine pour le site d’Éléphant. Claude continue donc de tourner ! Récemment nous venons de faire une longue entrevue d’André Brassard (ndlr : metteur en scène et réalisateur québécois). Nous ne l’avons pas encore monté, mais cela va donner quelque chose de beau.

Claude Fournier : En ce qui me concerne, un autre élément est à prendre en compte : le passage de l’argentique au numérique. J’ai acheté ma première caméra numérique il y a 7 ans et j’étais terrorisé. Pourtant j’ai réalisé avec toutes sortes de matériels. Le numérique m’a plongé dans des questionnements techniques très compliqués mais très intéressants. Heureusement grâce à Éléphant, nous avons acquis une expertise technique sur le numérique assez considérable et exigeante.

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« Les Tisserands du pouvoir », réalisé par Claude Fournier, dont le scénario est co-écrit avec Marie-José Raymond

Propos recueillis par Thomas Destouches

Remerciements chaleureux à Marie-José Raymond et Claude Fournier pour leur disponibilité et le temps accordé pour cette entrevue.

=> Rendez-vous sur le site officiel d’Eléphant Cinéma