Box office 2017 des films québécois

Pour la deuxième année consécutive, c’est une suite qui prend la tête du box office annuel québécois. Le grand gagnant de 2017 se nomme donc De père en flic 2, réalisé par Emile Gaudreault, avec près de 700 000 entrées. En 2009 (8 ans plus tôt !), le premier volet était déjà le film le plus populaire au Québec avec 1,2 million de spectateurs. A la seconde position de ce classement se trouve… une autre suite de comédie : Bon Cop Bad Cop 2. Là encore, le premier volet, sorti en 2006, avait explosé le box office de la Province avec plus de 1,3 million de billets vendus. Le bilan commercial de cette suite très attendue est mitigée : oui, il s’agit d’un succès mais ce résultat est à l’image d’un box office national en déclin. La 3ème place du Trip à trois, porté par Martin Matte, permet de dresser un bilan sans nuance : la comédie est reine cette année au Québec.

Voici ci-dessous le top 20 des plus grands succès québécois de cette année 2017 :

  1. De père en flic 2 : 683 260 entrées
  2. Bon Cop Bad Cop 2 : 602 530
  3. Le trip à trois : 205 738
  4. Ballerina : 218 438
  5. Junior Majeur : 217 934
  6. Pieds nus dans l’aube : 99 557
  7. C’est le cœur qui meurt en dernier : 98 019
  8. Les rois mongols : 69 920
  9. Ça sent la coupe : 51 954
  10. Nelly : 37 134
  11. Goon: le dernier des durs à cuire : 33 092
  12. Le problème d’infiltration : 24 621
  13. Les affamés : 20 692
  14. Et au pire, on se mariera : 15 051
  15. Iqaluit : 12 926
  16. Nous sommes les autres : 7 838
  17. Innocent : 6 536
  18. Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que creuser un tombeau : 3 487
  19. La petite fille qui aimait trop les allumettes : 3 209
  20. Tadoussac : 3 011

La bande-annonce de « De père en flic 2 » :

 

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Critique film : C’est le cœur qui meurt en dernier, d’Alexis Durand-Brault (2017)

C_est_le_coeur_qui_meurt_en_dernier.jpgRéalisation : Alexis Durand-Brault

Scénaristes : Gabriel Sabourin et Robert Lalonde

Distribution : Gabriel Sabourin, Denise Filiatrault, Paul Doucet, Céline Bonnier, Sophie Lorain, Isabelle Blais…

Synopsis : Julien Lapierre vient de publier son premier livre. Une autobiographie racontant sa jeunesse, sa relation avec sa mère, un secret terrible lié à son père. C’est à ce moment précis que sa mère renoue contact avec lui, sans savoir ce que son fils a écrit. Placée dans une institution, atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle lui demande une faveur : l’aider à partir…

Durée : 1h43

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Critique

Adapté du récit autobiographique de Robert Lalonde, C’est le cœur qui meurt en dernier est un film riche de ses thématiques. Les secrets de famille, la fin de vie, la transmission, le souvenir… Cette richesse est traitée avec une délicatesse visuelle, émotionnelle ou dramatique, parfois déconcertante mais au final fructueuse.

La force du film provient en effet de sa retenue. Suspendant ses dialogues quand le risque de surlignage émotionnel pointe, ne s’attardant jamais plus que de raison sur un visage sur le point de ruisseler, il ne verse à aucun moment dans le mélodrame insistant. Une finesse qui se retrouve heureusement dans la trame musicale tissée par Cœur de Pirate, qui va chercher délicatement les sentiments sans les exagérer, cueillant le spectateur sans jamais le guider. Cette dimension non spectaculaire du récit peut de prime abord frustrer l’implication mais elle se révèle, au fil d’un film aussi court que précis, à la fois son meilleur allié et paradoxalement une formidable grenade d’émotions.  C’est dans le silence inconscient ou intentionnel, dans le regard perdu, dans la réplique sans retour que se crée progressivement cette poche de douleur limpide et calme, logée doucement auprès du cœur, explosant délicatement au fil du dernier plan, magnifique.

Magnifique, tel est l’adjectif à utiliser pour chacun des comédiens. Rare sur les écrans depuis trop longtemps, la « mythique » Denise Filiatrault manie avec finesse dureté et légèreté, faisant subitement surgir la comédie – et ce film n’en est salutairement pas dénué – exposant le vertige du drame en une simple ligne de dialogue. Face à elle, Gabriel Sabourin joue avec sobriété et tact le mutisme oral quand l’écrit a fait son œuvre, le dérèglement émotionnel inversement proportionnel à la reconnaissance, le dilemme  intime et non pas moral face à cette demande impossible provenant de sa mère. Une double épreuve forcément douloureuse et donc libératrice, nécessaire et vitale pour le spectateur. Il existe dans ce film ce petit miracle de l’interstice du non-dit, du non-joué, du non-montré dans lequel s’immisce toute la beauté et la puissance du propos, sans en atténuer la profondeur. Cette économie du geste émotionnel peut décontenancer, mais elle est en réalité la trace indélébile du souvenir de l’amour.

Note : 4 sur 5

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Date de sortie : 14 avril 2017

Budget : 4,9 millions de dollars

Box office : 98 109 spectateurs

Disponible en DVD