Marc-André Lussier : son top 5 des films québécois

Critique éminent à La Presse et auteur du livre « Le meilleur de mon cinéma« , Marc-André Lussier livre son Top 5 des films québécois…

1Les bons débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Commentaire de Marc-André Lussier : « Rencontre exceptionnelle entre la langue de Réjean Ducharme et la grande sensibilité artistique de Francis Mankiewicz, disparu trop tôt. »

Synopsis : La relation fusionnelle entre une jeune fille et sa mère dans une petite ville des Laurentides…

2C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

Commentaire de Marc-André Lussier : « Pour quiconque a grandi dans le Québec des années 70, ce film a des résonances incroyables. »

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

1.jpgMommy, de Xavier Dolan (2014)

Commentaire de Marc-André Lussier : « Le style Dolan mené à son paroxysme. Avec de fabuleux élans romanesques. »

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. (Source: Elephant cinéma)

ordresLes ordres, de Michel Brault (1974)

Commentaire de Marc-André Lussier : « À peine quatre ans après la « crise d’octobre », événement névralgique de l’histoire contemporaine du Québec, Michel Brault y fait écho grâce à ce film puissant qui, 40 ans après sa sortie, n’a rien perdu de sa pertinence. »

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité »…

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1Les invasions barbares, de Denys Arcand (2003)

Commentaire de Marc-André Lussier : « Vision pessimiste de la génération des baby boomers, rendue extraordinairement émouvante grâce aux qualités d’auteur exceptionnelles de Denys Arcand. »

Synopsis : À peine parvenu à la cinquantaine, Rémy apprend qu’il est atteint d’un mal incurable. Son ex-femme appelle leur fils à son chevet et prévient famille et entourage. L’heure du bilan a sonné. Denys Arcand aborde, comme dans le Déclin de l’empire américain, des thématiques qui exigent un début de maturité. (Source : ONF)

=> Lire l’interview de Marc-André Lussier

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Martin Villeneuve : son Top 5 des films québécois

Auteur du film de SF Mars et Avril (Lire la critique) et du délicat court métrage Imelda (Lire la critique), le réalisateur Martin Villeneuve livre les 5 films québécois de son panthéon…

 

bons-debarras_grandeLes Bons Débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Fruit d’une riche collaboration avec le romancier et dramaturge Réjean Ducharme qui en est le scénariste. Il s’agit essentiellement d’une chronique où se côtoient des personnages colorés dans une petite ville québécoise. Voici un excellent exemple d’un film atypique qui ne serait probablement pas financé par nos institutions canadiennes aujourd’hui, parce qu’elles le jugeraient peut-être “hors normes” ? Pourtant, ce film est considéré comme une œuvre majeure de la cinématographie québécoise. Les acteurs y sont exceptionnels, tout spécialement la jeune Charlotte Laurier qui y fut révélée. »

Synopsis : Proche d’une petite ville québécoise des Laurentides, Manon, 12 ans, vit dans une maison isolée, avec sa mère Michelle et Guy, son oncle maternel mentalement arriéré. L’univers affectif de Manon se réduit à son seul parent, sa mère dont elle cherche l’amour exclusif. De son côté, Guy est comme un autre enfant. Il vit dans son monde et il est attiré par la riche madame Viau-Vachon à qui ils vendent du bois. Comme une source apparemment intarissable, Michelle est entourée de personnes qui comptent sur son affection : Manon, Guy, son amant le policier Maurice et Gaétan, mécanicien et ami de Manon. Un évènement vient menacer la seule dynamique affective que Manon connait. (source : Wikipédia)

 

storage.canoe.caAu clair de la lune, d’André Forcier (1983)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Un conte fantastique et excentrique mettant en scène un albinos qui s’ennuie de son paradis perdu, et un pauvre naïf arthritique qui veut reconquérir son titre de champion de bowling. Sur le papier, je parierais que ce film ne serait pas non plus produit aujourd’hui, car c’est plutôt par sa facture qu’il se distingue. Avec ce film, Forcier crée une mythologie d’essence québécoise, poétique et surréaliste. Lorsque je l’ai vu étant jeune, je me suis dit que ce genre de cinéma était possible ici. Merci, André Forcier, d’avoir ouvert cette porte dans notre imaginaire ! »

Synopsis : Bert et Franck logent dans une automobile. Un maniaque, la nuit, crève les pneus des voitures du voisinage. Les automobiles crachent des flammèches parce qu’elles roulent sur leurs jantes métalliques. Bert, ex-champion de quilles, ne pouvant plus tenir une boule à cause de l’arthrite, est devenu homme-sandwich. Franck, son nouvel ami, est albinos – c’est donc qu’il vient d’Albinie et qu’il possède des dons! Et, effectivement, il redonne à Bert son adresse d’autrefois… et son don de double vue lui permettra de découvrir le « maniaque aux pneus »… mais il ne le dénoncera pas. (source: Eléphant Cinéma)

 

storage.quebecormedia.comJésus de Montréal, de Denys Arcand (1989)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Après Le Déclin de l’Empire Américain, Denys Arcand nous offre une autre œuvre remarquable. Une sorte d’hommage à Montréal où un Jésus des temps modernes revient nous visiter, au sein d’une troupe de théâtre. Le film établit un parallèle frappant entre la vie du metteur en scène de la troupe et celle du prophète. Il s’agit d’une touchante réflexion sur la souffrance humaine qui résulte d’un manque d’amour. La scène où est expliquée la genèse de l’univers devant un écran, de même que le don d’organes à la fin, m’ont profondément marqué, assez pour y faire inconsciemment allusion dans Mars et Avril. Robert Lepage m’en avait d’ailleurs fait la remarque sur la plateau, lui qui pour la première fois tenait un rôle au cinéma dans Jésus de Montréal. »

Synopsis : Séduit à l’idée de mettre en scène une version moderne de la Passion et d’incarner le personnage de Jésus, Daniel part à la recherche d’acteurs prêts à tout quitter pour le suivre… Se superpose au récit du Christ un discours sur la société de consommation, la création de l’univers et le sens de la vie. (source : Eléphant Cinéma)

 

1Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Après Un zoo la nuit, quintessence du film urbain québécois, le regretté cinéaste Jean-Claude Lauzon (décédé tragiquement dans un accident d’avion en 1997) réalise Léolo, librement inspiré de son enfance. Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon qui tente de s’évader de sa famille dysfonctionnelle en se réfugiant dans un monde imaginaire fantaisiste. Encore une fois, il s’agit d’une magistrale illustration de la manière dont l’imaginaire peut parvenir à libérer l’âme. Le journaliste et professeur Pierre Bourgault y fait la narration. Ce film marque aussi le premier rôle de la chanteuse Ginette Reno au cinéma. »

Synopsis : Léolo vit dans un univers sans espoir. Il affirme venir de Sicile, là où l’espace et le rêve existent. Se sentant menacé par la folie dont sont victimes tous les siens, il se réfugie dans l’écriture et dans des amours délicieuses. Seul un dompteur de vers, amateur d’art et symbole de l’imaginaire, comprendra finalement la valeur de ses textes. (source : Éléphant Cinéma)

=> Lire la critique

 

face-cachee-luneLa Face cachée de la Lune, de Robert Lepage (2003)

Commentaire de Martin Villeneuve : « D’après sa pièce de théâtre éponyme où le célèbre metteur en scène raconte son enfance et sa relation avec sa mère. Une fable poétique et lumineuse que Lepage a produit en grande partie à ses frais, et où il incarne avec brio les rôles de deux frères. C’est aussi sa sortie de cadre en tant que réalisateur et il est très triste de le voir quitter le cinéma. Il m’a dit récemment : « En cinéma, tu investis une quantité spectaculaire d’efforts, dix fois les efforts investis dans d’autres plateformes, mais la visibilité ne suit pas toujours… Quelques accolades et festivals, tout au plus. Les distributeurs québécois n’y croient pas, et c’est bien triste. » »

Synopsis : Alors que leur mère vient de mourir, Philippe et son frère, de parfaits opposés, demeurent seuls membres de la famille. Alors que son frère est annonceur météo à la télévision, Philippe échoue, pour la seconde fois, sa soutenance de thèse de doctorat sur l’importance du narcissisme dans l’odyssée des programmes spatiaux soviétique et américain. Il commence à réaliser une vidéo pour SETI, car l’organisme organise un concours planétaire de messages à diffuser dans l’espace pour d’éventuels extraterrestres. C’est au retour d’un voyage à Moscou, où il devait discourir de son sujet de thèse, que Philippe apprend que sa vidéo a été sélectionnée et que s’opère un nouveau rapprochement entre les deux frères. (source : Wikipédia)

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=> Lire notre interview de Martin Villeneuve : « Un futur déjà grand »

Propos recueillis par Thomas Destouches

Céline Bonnier : son Top 5 des films québécois

A l’affiche de La Passion d’Augustine (le 30 mars en salles en France), pour lequel elle a été récompensée lors du Gala du Cinéma Québécois, (la toujours formidable) Céline Bonnier cite les 5 films québécois de son panthéon… même si elle aurait ou en citer d’autres: « Il y en a d’autres c’est injuste mais j’arrête l’exercice, ayant atteint le chiffre ingrat de 5 » comme elle dit !

bons-debarras_grandeLes Bons Débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Commentaire de Céline Bonnier : « Parce que tout y était, le texte premièrement de Réjean Ducharme, un auteur québécois exceptionnel. Les acteurs, la réalisation… Très fort. »

Synopsis : La relation fusionnelle entre une jeune fille et sa mère dans une petite ville des Laurentides…

 

1L’Eau chaude , l’eau frette, d’André Forcier (1976)

Commentaire de Céline Bonnier : « Typiquement québécois, acteurs formidables, atmosphère très bien rendue, un classique ici. »

Synopsis : Julien, amoureux fou de Carmen, decide de tuer Polo, son rival en amour lors d’une fete donnee par ce dernier. Mais dans la confusion, c’est un autre jeune homme qu’il tue.

 

1À l’origine d’un cri, de Robin Aubert (2010)

Commentaire de Céline Bonnier : « Un cri perçant, encore une fois des performances d’acteurs très fortes, une réalisation très assumée, un film personnel. »

Synopsis : Un jeune homme se voit forcé de prendre la route avec son grand-père afin de retrouver son père, qui a fui avec le corps de sa défunte femme. S’en suit un voyage où la confrontation mène à l’apaisement.

1Tu dors Nicole, de Stéphane Lafleur (2014)

Commentaire de Céline Bonnier : « Réalisateur très original, de grand talent, peu de mots,. Mise en scène toujours surprenante, les personnages vont toujours là où on ne s’y attend pas. Acteurs très bien dirigés et de grands talents. »

Synopsis : Profitant de la maison familiale en l’absence de ses parents, Nicole passe paisiblement l’été de ses 22 ans en compagnie de sa meilleure amie Véronique. Alors que leurs vacances s’annoncent sans surprise, le frère aîné de Nicole débarque avec son groupe de musique pour enregistrer un album. Leur présence envahissante vient rapidement ébranler la relation entre les deux amies. L’été prend alors une autre tournure, marqué par la canicule, l’insomnie grandissante de Nicole. Tu dors Nicole observe avec humour le début de l’âge adulte et son lot de possibles.

1Dédé, à travers les brumes, de Jean-Philippe Duval (2009)

Commentaire de Céline Bonnier : « L’histoire d’un chanteur québécois engagé qui s’est enlevé la vie dans les années 90, événement qui a frappé ses admirateurs de façon très profonde et mis en deuil tout le Québec. Interprétation magistrale de Sébastien Ricard qu’on retrouve dans Chorus… Très beau film touchant… »

Synopsis : Dans la blancheur de la campagne québécoise, à Seint-Etienne-de-Bolton dans l’Estrie, Dédé Fortin et ses Colocs se retirent pour composer ce qui deviendra leur plus célèbre mais aussi leur dernier album, Dehors Novembre. Durent presque 1 an, Dédé y compose et écrit ses chansons, oscillant entre moments de création et périodes d’angoisse profonde. Le chanteur y fait en quelque sorte le bilan de sa vie et revisite certains pans de son passé qui viennent parfois le hanter, parfois l’inspirer.

=> Lire la critique

Propos recueillis par Thomas Destouches le 25 mars 2016