10 films québécois cultes en 10 photos de tournage

Découvrez 10 clichés pris sur les tournages de ces films incontournables du cinéma québécois…

 

Le Chat dans le sac, de Gilles Groulx (1964)

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Jean-Paul Bernier sur le tournage du film – © Office national du film du Canada / Eléphant cinéma

Synopsis : À travers la confrontation d’un couple dans la vingtaine, ce film pose la grande question de l’accession à la maturité politique du peuple québécois telle que perçue par un cinéaste épris d’idéal et d’absolu. (Source : ONF)

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Mon Oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

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Claude Jutra sur le tournage du film – © 1971 Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

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La Vraie nature de Bernadette, de Gilles Carle (1972)

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Gilles Carle sur le tournage de « La Vraie nature de Bernadette » – © Bruno Massenet / Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Bernadette quitte Montréal avec son fils pour s’installer à la campagne. Bien vite son caractère, généreux et extraverti, conquiert la petite communauté. Mais la nature humaine, souvent ombrageuse et empoisonnée, se soucie bien peu du cadre…

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Les Ordres, de Michel Brault (1974)

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Photographe : Daniel Kieffer – © Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité » dans un pays où les droits des individus sont suspendus…

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La Guerre des Tuques, d’André Mélançon (1984)

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Sur le tournage de « La Guerre des Tuques » en 1984 – © Michel Gravel / La Presse

Synopsis : L’histoire d’une bataille épique entre deux bandes de jeunes dont l’enjeu est un grand château de neige et de glace. L’un des groupes est dirigé par Luc, un chef jusqu’alors incontesté et l’autre est dirigé par Pierre et son inséparable Saint-Bernard. Une nouvelle venue au village, Sophie, se joindra bientôt à la bande de Pierre. (Source : Eléphant cinéma)

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Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

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Rémy Girard, Daniel Brière, Pierre Curzi et Yves Jacques spendant le tournage du film © Bertrand Carrière / Collection / Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

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Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

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Jean-Claude Lauzon (à droite sur la photo) sur le tournage de son film – © Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

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C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

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Jean-Marc Vallée dirigeant Marc-André Grondin – © TVA film

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

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Mommy, de Xavier Dolan (2014)

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Xavier Dolan, entouré de ses deux comédiens Antoine Olivier Pilon et Anne Dorval – © Shayne Laverdière

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

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King Dave, de Podz (2016)

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Le réalisateur Daniel « Podz » Grou et son comédien Alexandre Goyette sur le tournage de « King Dave » – © Go Films

Synopsis : Dave est un frondeur. Un King autoproclamé, influençable mais pas inconscient. Alors qu’il se met en tête de retrouver l’inconnu qui a dansé avec sa blonde en lui poignant le cul, comme si de rien n’était, il décide de se faire justice. Entre violence, peine d’amour et amitié trahie, Dave va mettre le doigt dans le tordeur et s’engouffrer, toujours poussé par en avant sans jamais s’arrêter.

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François Delisle : son top 5 des films québécois

Réalisateur de 2 fois Une femme, Chorus et Le Météore, François Delisle livre ses 5 films québécois préférés. Une liste qu’il qualifie « peut-être de convenue » mais qui sont pour lui « des sommets de cinéma au Québec » et qui font partie de son « ADN de cinéaste ». Le metteur en scène, qui prépare actuellement son 7ème long métrage, précise enfin qu’il « espère, un jour, pouvoir être à leur hauteur »

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1Les Bons Débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Synopsis : La relation fusionnelle entre une jeune fille et sa mère dans une petite ville des Laurentides…

 

 

 

ordres Les Ordres, de Michel Brault (1974)

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité »…

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01af2f4ca5dd39753825542dd1f389b3Le chat dans le sac, de Gilles Groulx (1964)

Synopsis : À travers la confrontation d’un couple dans la vingtaine, ce film pose la grande question de l’accession à la maturité politique du peuple québécois telle que perçue par un cinéaste épris d’idéal et d’absolu. (Source : ONF)

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kaKamouraska, de Claude Jutra (1973)

Synopsis : Au chevet de son mari mourant, Elisabeth Rolland se remémore l’aventure de son premier mariage et de son issue tragique. Mariée très jeune à Antoine Tassy, seigneur de Kamouraska, elle fut vite rendue malheureuse par cet homme tourmenté, buveur et coureur. Réfugiée chez sa mère après la naissance de son premier enfant, elle fut soignée par un jeune médecin américain établi à Sorel, George Nelson, dont elle s’éprit. George se laissa emporter par cette passion et, sur les instances d’Elisabeth, en vint à tuer Antoine. Après avoir passé en procès, Elisabeth devait épouser Jérôme Rolland qui s’éteint maintenant devant elle. (Source : Eléphant Cinéma)

 

1Au clair de la lune, d’André Forcier (1983)

Synopsis : Bert et Franck logent dans une automobile. Un maniaque, la nuit, crève les pneus des voitures du voisinage. Les automobiles crachent des flammèches parce qu’elles roulent sur leurs jantes métalliques. Bert, ex-champion de quilles, ne pouvant plus tenir une boule à cause de l’arthrite, est devenu homme-sandwich. Franck, son nouvel ami, est albinos – c’est donc qu’il vient d’Albinie et qu’il possède des dons! Et, effectivement, il redonne à Bert son adresse d’autrefois… et son don de double vue lui permettra de découvrir le « maniaque aux pneus »… mais il ne le dénoncera pas. (source: Eléphant Cinéma)

 

Propos recueillis par Thomas Destouches le 4 mars 2016

10 films cultes québécois à voir gratuitement tout de suite

L’Office National du Film du Canada (O.N.F.) met à disposition sur sa chaîne Youtube un important catalogue, une belle fenêtre sur l’histoire et la diversité du cinéma canadien.

À Saint-Henri le cinq septembre (1962)

Documentaire étonnant réalisé par Hubert Aquin, A Saint-Henri présente un un quartier populaire sur une durée de 24 heures. Une plongée simple et fascinante…

 

Pour la suite du monde (1963)

Ce documentaire de Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault a été élu 8ème meilleur film de tous les temps au Festival international du film de Toronto (TIFF) en 1984.

 

Le chat dans le sac (1964)

Grand prix du long-métrage au Festival du Cinéma canadien en 1964, ce film de Gilles Groulx est l’histoire d’un jeune couple… mais se révèle en réalité une réflexion sur la maturité du peuple québécois.

 

La vie heureuse de Léopold Z (1965)

Premier film de fiction de l’immense Gilles Carle, La vie heureuse de Léopold est l’épopée d’un déneigeur de Montréal à la veille de Noël…

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On est au coton (1970)

Un documentaire fort sur les conditions de travail dans le secteur du textile au Québec. Immensément polémique, ce film de Denys Arcand est tourné en 1970 mais ne sort sur les écrans que six ans plus tard…

 

IXE-13 (1971)

Comédie musicale et parodique totalement barrée, ce film de Jacques Godbout est un véritable ovni…

 

Mon Oncle Antoine (1971)

Monument du cinéma québécois, le film de Claude Jutra est la chronique du passage à l’âge adulte d’un jeune garçon. Un apprentissage des premiers émois et de la mort…

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J.A. Martin photographe (1977)

Réalisé par Jean Baudin, ce film se déroule au début du 20ème siècle et suit un photographe et sa femme (interprétée par Monique Mercure, Prix d’interprétation féminine à Cannes en 1977) durant une tournée en province…

 

Les beaux souvenirs (1981)

Mis en scène par Francis Mankiewicz, ce film raconte comment une jeune, après avoir quitté sa famille, tente de renouer des liens…

 

Le confort et l’indifférence (1981)

Dans ce documentaire, Denys Arcand aborde la crise profonde ayant secoué le Québec en 1980 avec le référendum sur la souveraineté-association…

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Bruce LaBruce : son Top 5 des films québécois

Réalisateur canadien anglophone, Bruce LaBruce est un cinéaste à part. Explorant le tabou, il a signé une oeuvre cohérente (Hustler White, Gerontophilia, L.A. Zombie…), volontairement choquante et décisive. Grand cinéphile, il dresse ci-dessous la liste de ses 5 plus grands films québécois…

 

ordres Les Ordres, de Michel Brault (1974)

Commentaire de Bruce LaBruce : « Un mélodrame politique éprouvant à propos de la crise d’octobre »

Synopsis du film : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité »…

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sonatine_affiche Sonatine, de Micheline Lanctôt (1984)

Commentaire de Bruce LaBruce : « Un film émouvant et opiniâtre sur des adolescentes et la désaffection juvénile »

Synopsis : Deux adolescentes, en mal d’amour, ne voient plus de raison de vivre dans un monde d’adultes anesthésié, indifférent, aveugle à leur détresse. (Eléphant Cinéma)

 

 

The-Act-of-the-Heart-images-bbf58bbc-32d3-4505-909f-0d9525c2913 Act of the Heart, de Paul Almond (1970)

Commentaire de Bruce LaBruce : « Un film choquant et émotionnellement intense sur la révolte d’une femme »

Synopsis : Une jeune femme protestante tombe éperdument amoureuse d’un prêtre catholique…

 

 

bons-debarras_grande.jpgLes Bon Débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Commentaire de Bruce LaBruce : « Un regard unique et dérangeant sur la relation mère-fille, avec quelques sous-entendus incestueux »

Synopsis : La relation fusionnelle entre une jeune fille et sa mère dans une petite ville des Laurentides…

 

 

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copyright : ONF

Mon Oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

Commentaire de Bruce LaBruce : « Un des meilleurs films sur le passage à l’âge adulte jamais réalisé. »

Synopsis du film : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

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Propos recueillis par Thomas Destouches le 8 février 2016

Critique film : Les Ordres, de Michel Brault (1974)

ordresRéalisation et scénario : Michel Brault

Distribution : Jean Lapointe, Hélène Loiselle, Guy Provost, Claude Gauthier, Louise Forestier…

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité » dans un pays où les droits des individus sont suspendus…

Durée : 1h48

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Critique

Critique d’un système judiciaire devenu fou, Les Ordres est un film implacable et glaçant. L’histoire de la déshumanisation de toute une société. Ces cinq individus, image du peuple, sont accusés sans crimes et sans preuves, privés de la liberté de savoir et de s’expliquer. C’est aussi l’histoire de la désincarnation d’un régime judiciaire au sein duquel les officiers se transforment en bourreaux anonymes, exemptés de justification et donc d’entraves morales. D’une violence implacable- avec une précision machiavélique, Brault met en scène le processus d’humiliation et de destruction morale de cet emprisonnement – Les Ordres n’est pas « qu’une » dénonciation des dérives d’un pouvoir politique, aussi puissante et réussie soit-elle.

Dès les premières minutes, Michel Brault brouille les pistes de la narration. Tour à tour, les comédiens se présentent à la caméra et indiquent au spectateur le personnage qu’ils vont incarner, avant de se plonger dans leur interprétation, sans transition ou presque. Déstabilisé, et intrigué, par cette folle narration, le spectateur ne sait plus où s’arrête la réalité et où commence la fiction et, à l’image des personnages, se retrouve déséquilibré par cette perte de repères. Une impression renforcée par une mise en scène passant du noir et blanc à la couleur, de l’imagerie brute du documentaire à la recherche formelle diablement poétique. Cinéaste résolument expérimental, Brault, qui a reçu pour ce film le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975, projette à même l’écran sa réflexion sur la nature des images.

Note : 4,5 sur 5

En dehors de toute critique : en cette période particulière… Voir ce film au lendemain des attaques terroristes de novembre 2015 à Paris et de la promulgation de l’état d’urgence en France est une expérience aussi vertigineuse qu’angoissante. Cette peur, fantasmée ou bien réelle, de voir un état policier émerger de cette période que l’on espère « exceptionnelle » et pour tout citoyen de sentir ses libertés abîmées par une surveillance illimitée trouve un écho dans ce passé récent au Québec. Plus d’une fois au cours du film la pensée « Cela pourrait très bien arriver en France aujourd’hui. Peut-être est-ce déjà le cas… » Une perspective glaçante. Quarante ans plus tard, il est salutaire, sans doute plus que jamais, de voir et de montrer Les Ordres.

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Date de sortie : 27 septembre 1974

Disponible en DVD et sur iTunes (via Eléphant Cinéma)