Les 10 plus gros succès du cinéma québécois

Découvrez ci-dessous le top 10 des plus gros succès du cinéma québécois :

  1. Séraphin, un homme et son péché, de Charles Binamé (2002) : 1 341 602 spectateurs
  2. Bon Cop Bad Cop, d’Érik Canuel (2006) : 1 320 394
  3. De père en flic, d’Émile Gaudreault (2009) : 1 242 370
  4. La Grande séduction, de Jean-François Pouliot (2003) : 1 197 843
  5. Les Boys, de Louis Saïa (1997) : 1 125 182
  6. Les Boys II, de Louis Saïa (1998) : 1 039 578
  7. Les Invasions barbares, de Denys Arcand (2003) : 913 995
  8. Les Boys III, de Louis Saïa (2001) : 910 743
  9. C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005) : 785 634
  10. Aurore, de Luc Dionne (2005) : 706 811

Sorti en 2002, Séraphin, un homme et son péché est l’adaptation du classique de la littérature de Claude-Henri Grignon. A ce jour, le film demeure le plus gros succès du cinéma québécois* et devrait le rester un bout de temps. A noter enfin que Bon Cop Bad Cop et De père en flic, deux des immenses succès récents, ont connu des suites, toutes deux sorties en 2017, lesquelles ont réalisé également des prouesses au box office.

*Ces chiffres ne prennent en compte que la période de 1985 à aujourd’hui

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Yan England : son top 5 des films québécois

Réalisateur de l’intense 1:54, Yan England a composé son top 5 (ou plutôt son top 6 !) de ses films québécois. Une sélection accompagnée de ses quelques mots : « Chaque histoire m’a envoûté par ses images, ses acteurs, et la vision du réalisateur et tous ses choix artistiques. Et bien sûr, l’émotion (rire, larme, tension, etc…) est toujours au rendez-vous dans chacun. »

=> Lire l’interview de Yan England

1Mommy, de Xavier Dolan (2014)

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. (Source : Eléphant Cinéma)

 

 

2Incendies, de Denis Villeneuve (2010)

Synopsis : Lorsque le notaire Lebel (Rémy Girard) fait à Jeanne et Simon Marwan (Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette) la lecture du testament de leur mère Nawal (Lubna Azabal), les jumeaux sont sidérés de se voir remettre deux enveloppes, l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de Nawal, enfermée dans un mutisme inexpliqué lors des dernières semaines avant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen-Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien… Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante et avare d’affection. Mais son amour pour sa soeur le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une Nawal bien loin de la mère qu’ils ont connue. Épaulés par le notaire Lebel, les jumeaux remonteront le fil de l’histoire de celle qui leur a donné la vie, découvrant un destin tragique marqué au fer rouge par la guerre et la haine… et le courage d’une femme exceptionnelle (Source : Eléphant Cinéma)

3Le violon rouge, de François Girard (1998)

Synopsis : De L’Italie du XVIIe siècle jusqu’au Montréal d’aujourd’hui, en passant par l’Autriche, la Chine et la Grande-Bretagne, nous suivons les pérégrinations d’un superbe violon rouge qui va passer d’un propriétaire à l’autre au fil des siècles. (Source : Elephant Cinéma)

 

 

4

Les Invasions barbares, de Denys Arcand (2003)

Synopsis : À peine parvenu à la cinquantaine, Rémy apprend qu’il est atteint d’un mal incurable. Son ex-femme appelle leur fils à son chevet et prévient famille et entourage. L’heure du bilan a sonné. Denys Arcand aborde, comme dans le Déclin de l’empire américain, des thématiques qui exigent un début de maturité. (Source : ONF)

 

 

5C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

 

 

 

6Mémoires affectives, de Francis Leclerc (2004)

Synopsis : Souffrant d’amnésie à la suite d’un accident, un homme tente de reprendre le cours de sa vie. Mais les bribes de souvenirs qui lui reviennent ne correspondent pas à ce que lui racontent ses proches. (Source : Eléphant Cinéma)

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Remerciements chaleureux à Yan England

Ricardo Trogi : son top 5 des films québécois

Réalisateur de 1981, 1987, Québec-Montréal ou encore du Mirage, Ricardo Trogi a dressé son Top 5 des films québécois…

plouffe_8Les Plouffe, de Gilles Carle (1981)

Synopsis : La chronique d’une famille québécoise dans les années 30-40…

gaz-bar-bluesGaz Bar Blues, de Louis Bélanger (2003)

Synopsis : En 1989, dans un quartier défavorisé de Québec, les tribulations professionnelles et familiales du veuf François Brochu, dit le Boss, qui gère depuis quinze ans le gaz bar Champlain, un petit établissement où se réunissent tous les désœuvrés du coin. (Source : Eléphant Cinéma)

ad8a4e094da8e16f63f6fed0ff32a304Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

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10 films québécois cultes en 10 photos de tournage

Découvrez 10 clichés pris sur les tournages de ces films incontournables du cinéma québécois…

 

Le Chat dans le sac, de Gilles Groulx (1964)

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Jean-Paul Bernier sur le tournage du film – © Office national du film du Canada / Eléphant cinéma

Synopsis : À travers la confrontation d’un couple dans la vingtaine, ce film pose la grande question de l’accession à la maturité politique du peuple québécois telle que perçue par un cinéaste épris d’idéal et d’absolu. (Source : ONF)

=> Voir le film sur le site officiel de l’ONF

 

Mon Oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

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Claude Jutra sur le tournage du film – © 1971 Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

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La Vraie nature de Bernadette, de Gilles Carle (1972)

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Gilles Carle sur le tournage de « La Vraie nature de Bernadette » – © Bruno Massenet / Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Bernadette quitte Montréal avec son fils pour s’installer à la campagne. Bien vite son caractère, généreux et extraverti, conquiert la petite communauté. Mais la nature humaine, souvent ombrageuse et empoisonnée, se soucie bien peu du cadre…

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Les Ordres, de Michel Brault (1974)

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Photographe : Daniel Kieffer – © Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité » dans un pays où les droits des individus sont suspendus…

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La Guerre des Tuques, d’André Mélançon (1984)

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Sur le tournage de « La Guerre des Tuques » en 1984 – © Michel Gravel / La Presse

Synopsis : L’histoire d’une bataille épique entre deux bandes de jeunes dont l’enjeu est un grand château de neige et de glace. L’un des groupes est dirigé par Luc, un chef jusqu’alors incontesté et l’autre est dirigé par Pierre et son inséparable Saint-Bernard. Une nouvelle venue au village, Sophie, se joindra bientôt à la bande de Pierre. (Source : Eléphant cinéma)

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Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

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Rémy Girard, Daniel Brière, Pierre Curzi et Yves Jacques spendant le tournage du film © Bertrand Carrière / Collection / Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

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Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

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Jean-Claude Lauzon (à droite sur la photo) sur le tournage de son film – © Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

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C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

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Jean-Marc Vallée dirigeant Marc-André Grondin – © TVA film

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

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Mommy, de Xavier Dolan (2014)

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Xavier Dolan, entouré de ses deux comédiens Antoine Olivier Pilon et Anne Dorval – © Shayne Laverdière

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

King Dave, de Podz (2016)

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Le réalisateur Daniel « Podz » Grou et son comédien Alexandre Goyette sur le tournage de « King Dave » – © Go Films

Synopsis : Dave est un frondeur. Un King autoproclamé, influençable mais pas inconscient. Alors qu’il se met en tête de retrouver l’inconnu qui a dansé avec sa blonde en lui poignant le cul, comme si de rien n’était, il décide de se faire justice. Entre violence, peine d’amour et amitié trahie, Dave va mettre le doigt dans le tordeur et s’engouffrer, toujours poussé par en avant sans jamais s’arrêter.

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

Chloé Robichaud : son top 5 des films québécois

Auteur du formidable Sarah préfère la course (Lire la critique), la jeune réalisatrice Chloé Robichaud livre ses 5 films québécois préférés…

 

3Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

Commentaire de Chloé Robichaud : « J’aime ce film de tout mon cœur, surtout pour la force de ses dialogues. Tout, ou presque, se passe autour d’une table et on ne s’ennuie jamais. Un tour de force. »

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

 

1Les Invasions barbares, de Denys Arcand (2003)

Commentaire de Chloé Robichaud : « C’est intelligent. Son propos social est fort. C’est à la fois amusant et touchant, plein d’humanité. Les acteurs y sont brillants. Une grande œuvre. »

Synopsis : À peine parvenu à la cinquantaine, Rémy apprend qu’il est atteint d’un mal incurable. Son ex-femme appelle leur fils à son chevet et prévient famille et entourage. L’heure du bilan a sonné. Denys Arcand aborde, comme dans le Déclin de l’empire américain, des thématiques qui exigent un début de maturité. (Source : ONF)

 

5Emporte-moi, de Léa Pool (1999)

Commentaire de Chloé Robichaud : « D’une immense beauté et vérité. Un film révélateur pour moi, que j’ai vu à un moment clé de ma jeune adolescence. Je pense que c’était la première fois que je prenais conscience que je regardais un film québécois réalisé par une femme. Léa Pool aura été pour moi une grande inspiration à poursuivre mon rêve. »

Synopsis : Au début des années 60, à l’aube de la Révolution Tranquille au Québec, le parcours d’Hanna, une jeune fille de 13 ans qui se cherche. Elle va trouver certaines réponses dans un film de Jean-Luc Godard, Vivre sa vie, et dans sa comédienne principale, Anna Karina…

 

4Réjeanne Padovani, de Denys Arcand (1973)

Commentaire de Chloé Robichaud : « Le cinéma de Denys Arcand me plait, sans doute pour son regard politique et social. J’ai écouté ce film plusieurs fois dans les dernières années et tout ce qu’il dépeint, est encore très actuel. »

Synopsis : À la veille de l’inauguration d’une autoroute, un entrepreneur mafieux reçoit des amis, dont le ministre de la Voirie et le maire de la ville. Par ailleurs plane l’ombre de sa femme Réjeanne. (Source : Eléphant Cinéma)

 

2C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

Commentaire de Chloé Robichaud : « Une œuvre riche, en images, en couleurs, en musique, en son. Une mise en scène autant soignée qu’éclatée. »

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

 

Propos recueillis par Thomas Destouches

Martin Villeneuve : son Top 5 des films québécois

Auteur du film de SF Mars et Avril (Lire la critique) et du délicat court métrage Imelda (Lire la critique), le réalisateur Martin Villeneuve livre les 5 films québécois de son panthéon…

 

bons-debarras_grandeLes Bons Débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Fruit d’une riche collaboration avec le romancier et dramaturge Réjean Ducharme qui en est le scénariste. Il s’agit essentiellement d’une chronique où se côtoient des personnages colorés dans une petite ville québécoise. Voici un excellent exemple d’un film atypique qui ne serait probablement pas financé par nos institutions canadiennes aujourd’hui, parce qu’elles le jugeraient peut-être “hors normes” ? Pourtant, ce film est considéré comme une œuvre majeure de la cinématographie québécoise. Les acteurs y sont exceptionnels, tout spécialement la jeune Charlotte Laurier qui y fut révélée. »

Synopsis : Proche d’une petite ville québécoise des Laurentides, Manon, 12 ans, vit dans une maison isolée, avec sa mère Michelle et Guy, son oncle maternel mentalement arriéré. L’univers affectif de Manon se réduit à son seul parent, sa mère dont elle cherche l’amour exclusif. De son côté, Guy est comme un autre enfant. Il vit dans son monde et il est attiré par la riche madame Viau-Vachon à qui ils vendent du bois. Comme une source apparemment intarissable, Michelle est entourée de personnes qui comptent sur son affection : Manon, Guy, son amant le policier Maurice et Gaétan, mécanicien et ami de Manon. Un évènement vient menacer la seule dynamique affective que Manon connait. (source : Wikipédia)

 

storage.canoe.caAu clair de la lune, d’André Forcier (1983)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Un conte fantastique et excentrique mettant en scène un albinos qui s’ennuie de son paradis perdu, et un pauvre naïf arthritique qui veut reconquérir son titre de champion de bowling. Sur le papier, je parierais que ce film ne serait pas non plus produit aujourd’hui, car c’est plutôt par sa facture qu’il se distingue. Avec ce film, Forcier crée une mythologie d’essence québécoise, poétique et surréaliste. Lorsque je l’ai vu étant jeune, je me suis dit que ce genre de cinéma était possible ici. Merci, André Forcier, d’avoir ouvert cette porte dans notre imaginaire ! »

Synopsis : Bert et Franck logent dans une automobile. Un maniaque, la nuit, crève les pneus des voitures du voisinage. Les automobiles crachent des flammèches parce qu’elles roulent sur leurs jantes métalliques. Bert, ex-champion de quilles, ne pouvant plus tenir une boule à cause de l’arthrite, est devenu homme-sandwich. Franck, son nouvel ami, est albinos – c’est donc qu’il vient d’Albinie et qu’il possède des dons! Et, effectivement, il redonne à Bert son adresse d’autrefois… et son don de double vue lui permettra de découvrir le « maniaque aux pneus »… mais il ne le dénoncera pas. (source: Eléphant Cinéma)

 

storage.quebecormedia.comJésus de Montréal, de Denys Arcand (1989)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Après Le Déclin de l’Empire Américain, Denys Arcand nous offre une autre œuvre remarquable. Une sorte d’hommage à Montréal où un Jésus des temps modernes revient nous visiter, au sein d’une troupe de théâtre. Le film établit un parallèle frappant entre la vie du metteur en scène de la troupe et celle du prophète. Il s’agit d’une touchante réflexion sur la souffrance humaine qui résulte d’un manque d’amour. La scène où est expliquée la genèse de l’univers devant un écran, de même que le don d’organes à la fin, m’ont profondément marqué, assez pour y faire inconsciemment allusion dans Mars et Avril. Robert Lepage m’en avait d’ailleurs fait la remarque sur la plateau, lui qui pour la première fois tenait un rôle au cinéma dans Jésus de Montréal. »

Synopsis : Séduit à l’idée de mettre en scène une version moderne de la Passion et d’incarner le personnage de Jésus, Daniel part à la recherche d’acteurs prêts à tout quitter pour le suivre… Se superpose au récit du Christ un discours sur la société de consommation, la création de l’univers et le sens de la vie. (source : Eléphant Cinéma)

 

1Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Après Un zoo la nuit, quintessence du film urbain québécois, le regretté cinéaste Jean-Claude Lauzon (décédé tragiquement dans un accident d’avion en 1997) réalise Léolo, librement inspiré de son enfance. Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon qui tente de s’évader de sa famille dysfonctionnelle en se réfugiant dans un monde imaginaire fantaisiste. Encore une fois, il s’agit d’une magistrale illustration de la manière dont l’imaginaire peut parvenir à libérer l’âme. Le journaliste et professeur Pierre Bourgault y fait la narration. Ce film marque aussi le premier rôle de la chanteuse Ginette Reno au cinéma. »

Synopsis : Léolo vit dans un univers sans espoir. Il affirme venir de Sicile, là où l’espace et le rêve existent. Se sentant menacé par la folie dont sont victimes tous les siens, il se réfugie dans l’écriture et dans des amours délicieuses. Seul un dompteur de vers, amateur d’art et symbole de l’imaginaire, comprendra finalement la valeur de ses textes. (source : Éléphant Cinéma)

=> Lire la critique

 

face-cachee-luneLa Face cachée de la Lune, de Robert Lepage (2003)

Commentaire de Martin Villeneuve : « D’après sa pièce de théâtre éponyme où le célèbre metteur en scène raconte son enfance et sa relation avec sa mère. Une fable poétique et lumineuse que Lepage a produit en grande partie à ses frais, et où il incarne avec brio les rôles de deux frères. C’est aussi sa sortie de cadre en tant que réalisateur et il est très triste de le voir quitter le cinéma. Il m’a dit récemment : « En cinéma, tu investis une quantité spectaculaire d’efforts, dix fois les efforts investis dans d’autres plateformes, mais la visibilité ne suit pas toujours… Quelques accolades et festivals, tout au plus. Les distributeurs québécois n’y croient pas, et c’est bien triste. » »

Synopsis : Alors que leur mère vient de mourir, Philippe et son frère, de parfaits opposés, demeurent seuls membres de la famille. Alors que son frère est annonceur météo à la télévision, Philippe échoue, pour la seconde fois, sa soutenance de thèse de doctorat sur l’importance du narcissisme dans l’odyssée des programmes spatiaux soviétique et américain. Il commence à réaliser une vidéo pour SETI, car l’organisme organise un concours planétaire de messages à diffuser dans l’espace pour d’éventuels extraterrestres. C’est au retour d’un voyage à Moscou, où il devait discourir de son sujet de thèse, que Philippe apprend que sa vidéo a été sélectionnée et que s’opère un nouveau rapprochement entre les deux frères. (source : Wikipédia)

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=> Lire notre interview de Martin Villeneuve : « Un futur déjà grand »

Propos recueillis par Thomas Destouches

10 films cultes québécois à voir gratuitement tout de suite

L’Office National du Film du Canada (O.N.F.) met à disposition sur sa chaîne Youtube un important catalogue, une belle fenêtre sur l’histoire et la diversité du cinéma canadien.

À Saint-Henri le cinq septembre (1962)

Documentaire étonnant réalisé par Hubert Aquin, A Saint-Henri présente un un quartier populaire sur une durée de 24 heures. Une plongée simple et fascinante…

 

Pour la suite du monde (1963)

Ce documentaire de Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault a été élu 8ème meilleur film de tous les temps au Festival international du film de Toronto (TIFF) en 1984.

 

Le chat dans le sac (1964)

Grand prix du long-métrage au Festival du Cinéma canadien en 1964, ce film de Gilles Groulx est l’histoire d’un jeune couple… mais se révèle en réalité une réflexion sur la maturité du peuple québécois.

 

La vie heureuse de Léopold Z (1965)

Premier film de fiction de l’immense Gilles Carle, La vie heureuse de Léopold est l’épopée d’un déneigeur de Montréal à la veille de Noël…

=> Lire la critique

 

On est au coton (1970)

Un documentaire fort sur les conditions de travail dans le secteur du textile au Québec. Immensément polémique, ce film de Denys Arcand est tourné en 1970 mais ne sort sur les écrans que six ans plus tard…

 

IXE-13 (1971)

Comédie musicale et parodique totalement barrée, ce film de Jacques Godbout est un véritable ovni…

 

Mon Oncle Antoine (1971)

Monument du cinéma québécois, le film de Claude Jutra est la chronique du passage à l’âge adulte d’un jeune garçon. Un apprentissage des premiers émois et de la mort…

=> Lire la critique

 

J.A. Martin photographe (1977)

Réalisé par Jean Baudin, ce film se déroule au début du 20ème siècle et suit un photographe et sa femme (interprétée par Monique Mercure, Prix d’interprétation féminine à Cannes en 1977) durant une tournée en province…

 

Les beaux souvenirs (1981)

Mis en scène par Francis Mankiewicz, ce film raconte comment une jeune, après avoir quitté sa famille, tente de renouer des liens…

 

Le confort et l’indifférence (1981)

Dans ce documentaire, Denys Arcand aborde la crise profonde ayant secoué le Québec en 1980 avec le référendum sur la souveraineté-association…

=> Lire la critique

 

Critique film : Le confort et l’indifférence, de Denys Arcand (1981)

Le_Confort_et_l_indifference.jpgRéalisation et scénario : Denys Arcand

Synopsis : Le récit de la campagne du référendum pour la souveraineté-association du Québec en 1980.

Durée : 1h49

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Critique

Documentaire hybride, Le Confort et l’indifférence raconte l’histoire du référendum pour la souveraineté-association qui a profondément divisé le Québec en 1980, en la confrontant âprement aux réflexions sur le pouvoir de Machiavel, issues de son ouvrage Le Prince.

Les apparitions du personnage de Machiavel, qui intervient régulièrement à l’écran, peuvent paraître incongrues ou artificielles au début. Mais elles se révèlent vite comme un formidable éclairage de l’Histoire et des rouages politiques, finalement inchangés depuis le 16ème siècle. De cette collision entre ces écrits et les images de la campagne réside sans doute une des plus grandes réussites du Confort. Choisies soigneusement et montées avec un sens aigu de la perspective intellectuelle et sociétale par Denys Arcand, les réflexions de Machiavel sont aussi bien un décryptage des paroles des responsables modernes (René Lévesque, Jean Chrétien, Pierre Trudeau…), percés à jour par la pensée machiavélienne, qu’une explication (et non pas une excuse) du choix du peuple. Fasciné par ce Machiavel, Arcand en fait un oiseau de malheur, confortablement installé dans une chambre surplombant Montréal, sombre présage du résultat du scrutin…

Choisissant de ne montrer les responsables politiques qu’à travers leurs apparitions publiques (meetings, télévision et conférences), Arcand leur assigne une dimension limitée : celle de l’image, forcément spectaculaire, calculée et réductrice. En exposant les discours politiques des deux camps, parfois enflammés, parfois renfermés, souvent abrutissants (la succession des « chiffres » de cette souveraineté martelés par les hommes politiques laissent le spectateur en état d’abrutissement, sans plus de repères politiques), le réalisateur montre un monde politique incarné mais excluant le citoyen. En allant directement à la rencontre de ses concitoyens, à la ville comme dans les champs, Arcand replace l’humain au centre des enjeux, restant au niveau des préoccupations humaines, avec ce qu’elles ont d’anecdotique et de romantique, de poignant et de déficient. Et c’est dans ce « vrai » monde que le titre du documentaire prend tout son sens et sa dimension tragique, et que les aspirations du citoyen Arcand se révèlent pleinement. Le confort, c’est le confort des Québécois au sein de ce Canada fédéral leur assurant leurs pensions. L’indifférence, c’est celle de ces québécois francophones ne saisissant pas l’impact et la portée de cette question historique. Des deux états, l’indifférence est sans conteste la pire… Et cette indifférence est absente, ô combien absente, de ces quelques militants du « oui » à la souveraineté-association, lesquels puisent dans leur histoire personnelle ou dans l’Histoire du pays, autrement dit dans le « temps » et non pas dans des circonstances ponctuelles, les origines de leur choix. A cet égard, l’émotion du jardinier, racontant avoir tremblé pour le premier « vrai » vote de sa vie et être dévasté par la victoire du « non », est d’une puissance et d’une simplicité qu’aucun discours politique n’égale.

Photogramme fascinant du Québec en 1980, Le Confort et l’indifférence de Denys Arcand est une oeuvre poignante lorsqu’elle reste à hauteur d’hommes et puissante par sa capacité à créer une perspective temporelle.

Note : 4 sur 5

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Date de sortie : 23 janvier 1981

Le film est disponible en intégralité et gratuitement sur la chaîne Youtube de l’Office National du Film du Canada :

Critique film: Un zoo la nuit, de Jean-Claude Lauzon (1987)

1Réalisation et scénario : Jean-Claude Lauzon

Distribution : Gilles Maheu, Roger Lebel, Anna-Maria Giannotti, Denys Arcand…

Synopsis : Marcel sort de prison après deux terribles années derrière les barreaux. Cette liberté retrouvée, mais menacée par deux flics corrompus, lui permettra peut-être de renouer les liens avec son père mourant…

Durée : 1h56

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Critique

Premier long-métrage d’un auteur disparu trop tôt (Jean-Claude Lauzon meurt à 43 ans après seulement deux films : Un zoo la nuit et Léolo), Un zoo est un film (d’)écorché, fiévreux, jamais tranquille, dans une douleur constante… Un film qui met KO dès la première scène et quitte l’écran en faisant monter les larmes aux yeux.

En menant de front deux intrigues – Marcel en prise avec des flics corrompus et la relation père/fils – Lauzon transcende son récit pour livrer une bombe à fragmentation émotionnelle. Le film noir, à l’esthétique très sophistiquée, et le film intimiste, à la mise en scène plus délicate, créent des tensions successives faisant sans cesse monter l’enjeu global et redouter le dénouement final, que l’on ne peut qu’imaginer tragique. Car Un zoo la nuit est la chronique implacable d’un malheur annoncé…

Cinéaste de la brutalité, Lauzon aborde avec la même violence les relations de Marcel avec ses proches et les pourris et dépeint les relations sexuelles comme une attraction sauvage et primitive. Et c’est parce que cette fureur est de tous les plans, laissant le spectateur dans un état d’épuisement, que la tendresse infinie et simple des dernières scènes se révèle déchirante.

L’exalté Lauzon signe un film pessimiste à la beauté agressive qui ne peut que diviser mais jamais laisser insensible.

Note : 4 sur 5

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Année de sortie : 1987

Indisponible en DVD