Les 10 plus gros succès du cinéma québécois

Découvrez ci-dessous le top 10 des plus gros succès du cinéma québécois :

  1. Séraphin, un homme et son péché, de Charles Binamé (2002) : 1 341 602 spectateurs
  2. Bon Cop Bad Cop, d’Érik Canuel (2006) : 1 320 394
  3. De père en flic, d’Émile Gaudreault (2009) : 1 242 370
  4. La Grande séduction, de Jean-François Pouliot (2003) : 1 197 843
  5. Les Boys, de Louis Saïa (1997) : 1 125 182
  6. Les Boys II, de Louis Saïa (1998) : 1 039 578
  7. Les Invasions barbares, de Denys Arcand (2003) : 913 995
  8. Les Boys III, de Louis Saïa (2001) : 910 743
  9. C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005) : 785 634
  10. Aurore, de Luc Dionne (2005) : 706 811

Sorti en 2002, Séraphin, un homme et son péché est l’adaptation du classique de la littérature de Claude-Henri Grignon. A ce jour, le film demeure le plus gros succès du cinéma québécois* et devrait le rester un bout de temps. A noter enfin que Bon Cop Bad Cop et De père en flic, deux des immenses succès récents, ont connu des suites, toutes deux sorties en 2017, lesquelles ont réalisé également des prouesses au box office.

*Ces chiffres ne prennent en compte que la période de 1985 à aujourd’hui

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Critique film : Ça sent la coupe, de Patrice Sauvé (2017)

5bd48740ad39b011990d1ed093e2af94Réalisation : Patrice Sauvé

Scénariste : Matthieu Simard

Distribution : Louis- José Houde, Emilie Bibeau, Maxime Mailloux, Julianne Côté, Marilyn Castonguay…

Synopsis : Un soir de match des Canadiens, alors qu’il est comme d’habitude devant la télévision entouré de ses amis, Max voit sa conjointe le quitter. Pour lui, débute alors une période de remise en question profonde. Pourquoi est-elle partie ? Doit-il garder le magasin que lui a légué son père ? A-t-il fait les bons choix dans sa vie ? Comment guérir de l’absence ? Ou plutôt des absences…

Durée : 1h39

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Critique

Ça sent la coupe n’est pas tout à fait ce qu’il s’évertue à paraître dans les premières minutes. Sous ses airs de romance mélancolique « à la » High Fidelity et de comédie bon enfant rythmée par les matchs de hockey, le film de Patrice Sauvé se révèle en réalité être un récit sur le manque. La rupture initiale sert en effet de révélateur pour Max, qui n’a jamais réellement fait le deuil de ses parents, morts dans un accident quelques années plus tôt. Cette absence, et notamment celle du père avec lequel il partageait une passion totale pour les Canadiens de Montréal, est le véritable enjeu dramatique. Et la principale problématique à résoudre pour Max.

Ça sent la coupe ne parvient jamais à vraiment être le film de bande qu’il essaie de dépeindre. Les scènes de groupe diffusent bien ce sentiment de fraternité, de compréhension et de solidarité. Mais la multiplicité des personnages tourne au désavantage de certains trop peu étayés, ne servant que de faire-valoir ou d’outil scénaristique pour aider Max à retrouver son chemin. Ça sent la coupe est en réalité un film en solo, celui de Louis-José Houde à l’interprétation dépouillée, ne surlignant jamais les émotions et dont les yeux révèlent bien plus que tous les mots.

Si le dernier tiers donne l’impression de patiner quelque peu, c’est parce que le film n’est plus dicté par l’impérieuse nécessité d’une quelconque intrigue mais désormais branché sur le pouls de Max. Ayant compris que pour avancer, il devait enfin accepter le passé et ses douleurs, le présent et ses manques, il est alors dans une phase de reconstruction émotionnelle forcément chaotique. Le film se laisse alors déborder par l’émotion sincère et simple, bringuebalé dans les collisions entre des scènes éthérées flirtant avec une profonde tristesse et de petits moments de grâce durant lesquels Max semble enfin revivre en oubliant même fugacement. Malheureusement trop vite expédié, le final est pour Max le moment de mettre enfin les mots sur ses sentiments, de poursuivre la missive entamée au début d’un film en surface bavard mais en réalité plutôt taiseux. Par cette verbalisation capitale, il dépasse la douleur pour se réapproprier son existence.  Le travail de deuil est terminé, la vie peut (re)commencer. Un message modeste, universel et touchant. A l’image du film.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 24 février 2017

Budget : 4,3 millions de dollars

Box office : 51 954 spectateurs

Disponible en DVD

Critique film : Endorphine, d’André Turpin (2016)

storage.quebecormedia.comRéalisation et scénario : André Turpin

Distribution : Sophie Nélisse, Mylène Mackay, Monia Chokri, Lise Roy…

Synopsis : Alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente, Simone est témoin du meurtre de sa mère. A 25 ans, encore paralysée par ce choc, elle mène une vie monotone bientôt troublée par la rencontre du meurtrier de sa mère. A 60 ans, Simone, devenue physicienne, donne une conférence sur la nature relative du temps. Et si ces trois temporalités n’en faisaient en réalité qu’une seule ?

Durée : 1h24

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Critique

« Comment déformons-nous le temps ? » Dans une de ses premières interventions, Simone, alors conférencière, donne une des clés de lecture d’Endorphine. La perception du temps est relative. Et, suivant cette perspective scientifique, le film d’André Turpin ne cesse d’éclater les règles temporelles. Le passé, le présent et le futur ne sont plus des chapitres successifs pour Simone. Le temps, tout le temps de sa vie cohabite en elle.

Les « trois Simone » représentent ainsi ces trois temporalités qui se succèdent mais aussi se télescopent, s’éloignent puis se rejoignent, se nourrissent et s’informent les unes les autres… Avec ce jeu fou avec le temps, d’une précision et d’une beauté qui ne se révèlent vraiment qu’au terme du film, Turpin réussit à nous faire croire à son illusion cinématographique parfaite. Parallèles ou simultanées, parallèles et simultanées, ces trois temporalités nous font perdre nos repères pour mieux nous emporter car elles sont autant la mécanique du drame que son enjeu. Et le vrai créateur de l’émotion. Une émotion qui se libère violemment avec cette scène fascinante réunissant les trois visages de Simone. Ses trois temporalités s’y réconcilient enfin. Douleur, apaisement, violence, libération… tous les sentiments se mêlent et se confondent. Toute une vie, ou presque, en un plan.

A cette dimension relativiste, Turpin amalgame une approche onirique du récit. Il y a du Lynch dans Endorphine, dans cet envahissement de l’inquiétante étrangeté du cauchemar dans le réel, dans ce tourbillon des boucles temporelles provoquant une forme de transe et dans cette manière de projeter la psyché de son personnage dans le monde environnant. Endorphine est un transfert de l’inconscient de ses Simone, qui cherchent dans chacune des temporalités à toucher le réel, à ressentir physiquement ce monde, à se trouver enfin. Cette quête d’une femme, hantée par la culpabilité et désespérément à la recherche d’elle-même, est aussi tragique que sublime. Et si l’on repense au regard face caméra de Sophie Nélisse au tout début du film, cette quête n’en devient que plus déchirante.

Endorphine s’envisage aussi comme un objet poétique. Tout peut y être interprété dont tous les mystères ne doivent pas nécessairement trouver de réponses. Surtout, le film d’André Turpin se révèle comme une incroyable expérience de cinéma, autant sensorielle qu’intellectuelle. Un sommet, qu’il va falloir escalader encore et encore.

Note : 4,5 sur 5

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Date de sortie : 22 janvier 2016

Disponible en DVD

 

Critique film : Les 3 p’tits cochons 2, de Jean-François Pouliot (2016)

a595a47b25444da0bed4afd8a5c42e37Réalisation : Jean-François Pouliot

Scénario : Pierre Lamothe et Claude Lalonde

Distribution : Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, Patrice Robitaille, Sophie Prégent, Isabel Richer…

Synopsis : Cinq ans après la mort de leur mère, les 3 frères Rémi, Mathieu et Christian n’ont finalement pas beaucoup changé. Rémi vit toujours une double vie, trompant sa femme avec des femmes et des hommes. Mathieu se sent déboussolé par la réussite de sa femme et l’inertie de sa carrière. Christian, lui, a toujours une vie sentimentale mouvementée. Leurs mensonges et autres petites cachotteries vont, une nouvelle fois, venir bouleverser cet équilibre déjà précaire…

Durée : 1h43

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Critique

Donner une suite à la comédie Les 3 p’tits cochons, immense succès populaire en 2007 loin d’être volé, était un pari risqué. Il est malheureusement perdu. Non seulement ce numéro 2 ne soutient pas la comparaison avec son prédécesseur, ce qui en soi est dommageable mais pas éliminatoire, mais il est aussi (surtout) un film qui a sacrifié le vulgaire (assumé) sur l’autel du beauf (involontaire) et n’apporte fondamentalement rien de nouveau. Les 3 p’tits cochons 2 laisse en effet la désagréable impression que Rémi, Mathieu et Christian n’ont pas évolué, tombant exactement dans les mêmes pièges, succombant aux mêmes tentations et révélant les mêmes défauts.

La structure du film étant une redite de celle du premier, le récit est sagement balisé et la surprise automatiquement désarmée. Pire l’écriture grossière enlève toute bonhommie à ses personnages et, de fait, toute possibilité d’empathie de la part du spectateur. Reste la dynamique à vide du trio formé par l’immature (Guillaume Lemay-Thivierge), le beauf (Patrice Robitaille) et le cachottier (Paul Doucet), tous partageant cette même inclination pour le mensonge et cette obsession sans maîtrise pour le sexe. Une obsession qui aurait pu être fructueuse dramatiquement si elle n’était pas constamment traduite par un humour en-dessous de la ceinture franchement grossier et un sexisme parfois beauf.

Heureusement dans ce film rendu trop long par son faux rythme incompréhensible, tout n’est pas à jeter. Quand il se fait plus amer, plus mélancolique, quand il place ses personnages devant les vraies conséquences de leurs actes, il puise ses vraies ressources émotionnelles. Mais ces scènes sont trop rares et leurs secousses trop fugaces. Dans ce registre émotionnel, ce second volet fait pâle figure à côté du premier. Les scènes intimistes avec la mère mourante y ramenaient les trois personnages à leur condition de fils, laissant tomber toutes leurs protections et cherchant un réconfort simple, avaient une véritable dimension sensible simple et sans arrière-pensée. La faillite de ce numéro 2 n’en est que plus criante avec cette scène phare de l’anniversaire de la mort de la mère. Ce moment culminant, sur le papier destinée à l’émotion de la réconciliation, se résume à une scène bâclée, trop vite balancée. Les différends entre les frères, pourtant particulièrement importants, n’y sont pas résolus. Comble du comble : les dialogues y sont tout bonnement masqués par la musique larmoyante ! Comme si le film se brûlait les doigts dès que l’émotion lourde se pointait…

Sans vrai discours, sans innovation non plus, Les 3 p’tits cochons 2 se résume à une comédie graveleuse et poussiéreuse. Dommage, trois fois dommage.

Note : 1 sur 5

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Date de sortie : 1er juillet 2016

Budget : 6 millions de dollars

Box office : 306 399 spectateurs

Disponible en DVD

Hochelaga, Terre des Âmes : en avant-première à Montréal

La première mondiale du film Hochelaga, Terre des Âmes, réalisé par François Girard, aura bien lieu à Montréal. Deux projections très spéciales, organisées dans le cadre des festivités pour le 375ème anniversaire de la ville, sont organisées le 6 septembre.

La première projection débutera à 19h au Cinéma Impérial et sera ouverte au grand public. La seconde, plus médiatique, commencera à 19h30 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. L’équipe du film sera présente aux deux événements pour lancer les festivités cinématographiques.

=> Plus d’infos sur le site officiel du 375ème anniversaire de Montréal

Le synopsis du film : Une tempête de pluie s’abat sur Montréal, provoquant un spectaculaire affaissement de terrain au stade Percival Molson pendant un match de football. La partie est interrompue. En quelques heures, le stade devient un site archéologique protégé et des siècles d’histoire se révèlent sous nos pieds. L’archéologue mohawk Baptiste Asigny entreprend des fouilles qui le mènent à la découverte des multiples générations qui ont occupé ce lieu et de leurs secrets enfouis. Baptiste est dès lors déterminé à trouver ce qu’il cherche depuis toujours : la trace du village d’Hochelaga, là où ses ancêtres iroquoïens reçurent Jacques Cartier en octobre 1535.

Après cette présentation montréalaise, le film de François Girard sera projeté lors du Toronto International Film Festival (TIFF), organisé du 7 au 17 septembre.

Gala Québec Cinéma 2017: le triomphe de Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Avec 12 nominations chacun, Juste la fin du monde et Un ours et deux amants étaient les favoris du Gala Québec Cinéma. Le film de Xavier Dolan s’est bel et bien révélé le grand gagnant de la soirée avec 5 Iris en poche, dont ceux du Meilleur film et de la Meilleure Réalisation. Nelly d’Anne Emond est l’autre vainqueur avec 4 statuettes, dont celle de la Meilleure comédienne pour la radieuse Mylène Mackay.

Découvrez ci-dessous la liste complète des Iris 2017 :

MEILLEUR FILM

  • Juste la fin du monde, de Xavier Dolan

MEILLEURE RÉALISATION

  • Xavier Dolan pour Juste la fin du monde

MEILLEUR SCENARIO

  • Louis Bélanger et Alexis Martin pour Les mauvaises herbes

MEILLEURE ACTRICE

  • Mylène Mackay dans Nelly

MEILLEUR ACTEUR

  • Gabriel Arcand dans Le fils de Jean

Lire la suite « Gala Québec Cinéma 2017: le triomphe de Juste la fin du monde de Xavier Dolan »

Box office 2016 des films québécois

En 2007, le premier volet de la comédie Les 3 P’tits Cochons avait attiré près de 580 000 spectateurs. Près de 10 ans plus tard, désormais repris en main par le réalisateur Jean-François Pouliot, le second en rassemble un peu plus de 300 000. Un demi-succès ? Oui et non. La comédie réunit certes beaucoup moins de spectateurs dans les salles québécoises mais elle glane la première place de la production locale au box office. Et elle confirme la popularité du comédien Guillaume Lemay -Thivierge, présent au casting de 2 films du Top 10 (Les 3 P’tits Cochons 2 et Nitro Rush… deux suites !). A noter la très belle 3ème place de 1:54, le bouleversant film du jeune réalisateur Yan England… qui attire 40 000 spectateurs de plus que l’expérimenté (mais pas moins jeune) Xavier Dolan pour son adaptation de Juste la fin du monde. En 2014, son Mommy était le plus gros succès québécois avec plus de 370 000 spectateurs.

Voici ci-dessous le top 20 des plus grands succès de cette année 2016 au Québec :

  1. Les 3 P’Tits Cochons 2 : 306 399 entrées
  2. Votez Bougon : 270 390
  3. 1:54 : 127 296
  4. Juste la fin du monde : 87 204
  5. Les Mauvaises herbes : 60 862
  6. Chasse-galerie : 59 036
  7. Nitro Rush : 55 843
  8. 9 le film : 17 850
  9. King Dave : 15 917
  10. Embrasse-moi comme tu m’aimes : 14 246
  11. Two Lovers and a Bear : 8 640
  12. Avant les rues : 5 591
  13. Endorphine : 5 046
  14. Le Pacte des anges : 4 865
  15. Mon ami Dino : 4 352
  16. Pays : 3 909
  17. Montréal la Blanche : 2 986
  18. L’Origine des espèces : 2 279
  19. Boris sans Béatrice : 2 084
  20. Là où Atilla passe : 2 066

La bande-annonce de « Les 3 P’tits Cochons 2 » :

Vincent Biron : son top 5 des films québécois

Réalisateur de Prank, Vincent Biron a établi son top 5 de ses films québécois préférés…

=> Lire l’interview de Vincent Biron

jesusJésus de Montréal, de Denys Arcand (1989)

Commentaire de Vincent Biron : « Un prof nous l’avait montré au secondaire. C’est le premier film québécois qui m’a fait triper et qui m’a donné l’idée que moi aussi je pourrais faire du cinéma. »

Synopsis : Séduit à l’idée de mettre en scène une version moderne de la Passion et d’incarner le personnage de Jésus, Daniel part à la recherche d’acteurs prêts à tout quitter pour le suivre… Se superpose au récit du Christ un discours sur la société de consommation, la création de l’univers et le sens de la vie. (source : Eléphant Cinéma)

leoloLéolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

Commentaire de Vincent Biron : « Lauzon, c’est la grande tragédie du cinéma québécois. S’il n’était pas mort tragiquement, il aurait pu être Xavier Dolan bien avant Xavier Dolan ! Un zoo la nuit c’était déjà très beau. Léolo, c’est d’une splendeur. Qu’aurait-il fait après ? Il était dans un cinéma très construit, très narratif, très fictionnel, avec des envolées lyriques et poétiques. »

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

=> Lire la critique

a-louest-de-plutonÀ l’ouest de Pluton, de Myriam Verreault et Henry Bernadet (2008)

Commentaire de Vincent Biron : « Même si cela ne l’a pas été de façon consciente, ce film nous a aidé pour Prank. Si un film québécois a dessiné l’adolescence de façon juste, qui s’attardait à en montrer le côté banal aussi, c’est celui-là. »

Synopsis : Ce chassé-croisé qui mêle humour et drame suit l’existence d’une dizaine d’adolescents de la banlieue pendant 24 heures. Joué par des jeunes de 15 et 16 ans, À l’ouest de Pluton plonge avec un réalisme troublant au cœur de l’adolescence, cette étrange et intense période où chacun tente d’exister parmi les autres.

pourPour la suite du monde, de Pierre Perrault, Michel Brault et Marcel Carrière (1963)

Commentaire de Vincent Biron : « Un film d’une incroyable beauté, d’une sensibilité tellement touchante. Il parle de nous, de nos racines… »

Synopsis : Documentaire poétique et ethnographique sur la vie des habitants de l’Isle-aux-Coudres rendue d’abord par une langue, verte et dure, toujours éloquente, puis par la légendaire pêche au marsouin, travail en mer gouverné par la lune et les marées. (source : ONF)

antoineMon oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

Commentaire de Vincent Biron : « Puissant, vrai, une parfaite alliance de forme et de fond qui transcende les failles de son auteurs. Un film qui m’a profondément marqué. »

Synopsis : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

=> Lire la critique

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Propos recueillis par Thomas Destouches les 26 et 27 février 2017

Critique film : Le Chat dans le sac, de Gilles Groult (1964)

storage-quebecormedia-comRéalisation et scénario : Gilles Groulx

Distribution : Claude Godbout, Barbara Ulrich, Jean-Paul Bernier, Manon Blain, Jean V. Dufresne, Véronique Gilbert…

Synopsis : Dans la vingtaine, Barbara et Claude sont confrontés à la fois aux choix de l’existence et aux bouleversements d’une société dans laquelle ils doivent trouver une place…

Durée : 1h15

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Critique

Symbole du cinéma direct – révolution cinématographique initiée au sein de l’ONF – le film de Gilles Groulx transpire l’expérimentation et l’effervescence qui traversent alors le cinéma québécois dans les années 60. Caméra épaule, transgression des règles de bienséance filmique, captation de réalité ou encore exploration sonore : Le Chat dans le sac est l’expression de toutes ces libertés. Et une réflexion sur ces libertés.

Claude, le personnage masculin principal, est en perpétuelle perdition, à la recherche d’une liberté qu’il pressent sans bien en saisir les significations, la portée ou la direction. « Révolté ? Oui. Révolutionnaire ? Je ne sais pas. » dit cet homme d’action verbale en errant dans les étendues enneigées au milieu de nulle part. Il a cette intuition qui ne le laisse jamais tranquille ni ne l’assouvit. Sans cesse remué par des esquisses d’idées et jamais résolument apaisé, il est dans un état de déséquilibre permanent. Claude,  c’est aussi bien la jeunesse des années 60, que la société québécoise… et même ce nouveau cinéma en pleine révolution.

Son amoureuse, la pétillante Barbara, lui oppose, non pas une forme de tranquillité, mais bien une volonté de joie de vivre, sans pour autant tomber dans l’inconscience indolente. Le Chat dans le sac est la chronique des derniers soubresauts de leur histoire d’amour. Barbara et Claude se révèlent de plus en plus dissonants au fil d’un film jouant lui-même sur les enchevêtrements sonores (à un monologue face caméra succède une voix off, les bruits de la vie prenant le pas sur la musique IN…).

Le Chat dans le sac est tout à la fois une profession de foi cinématographique et l’esquisse d’un idéal (social, sociétal et politique). Le fait qu’il ait conservé toute ses modernités 50 ans après sa sortie devrait être un motif de réflexion pour nous…

Note : 4,5 sur 5

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Date de sortie : 8 août 1964

Budget : 33 000 dollars

Disponible en DVD

=> Plus d’infos sur le site officiel d’Eléphant Cinéma

Visible en intégralité et légalement sur la chaîne Youtube de l’ONF :

Critique film : Prank, de Vincent Biron (2016)

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© Le Girafon / Art & Essai / Romance Polanski

Réalisation : Vincent Biron

Scénario : Alexandre Auger, Vincent Biron, Eric K. Boulianne et Marc-Antoine Rioux

Distribution : Etienne Galloy, Alexandre Lavigne, Constance Massicotte, Simon Pigeon…

Synopsis : Adolescent solitaire et mal dans sa peau, Stefie est invité par Martin à rejoindre sa bande. Appartenir à ce gang, spécialisé dans les blagues de mauvais goût, lui apprend le sentiment d’appartenance… mais lui permet aussi de découvrir ses premiers émois..

Durée : 1h17

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Critique

En cinq mots : Prank, ça fait du bien.

Mais pas que… Teen movie de sale gosse, reprenant un schéma narratif parfaitement balisé tout en lui faisant joyeusement un doigt d’honneur, Prank est plus subtil que son humour potache ne le laisse d’abord penser, et jubilatoire… pour son humour potache justement.

Le réalisateur Vincent Biron convoque la mémoire collective des teen movies, de Can’t Buy Me Love à Breakfast Club, en passant par Ferris Bueller (sans doute la plus grande des influences pour sa manière de réinvestir les figures de Ferris et surtout de Cameron),  mais surtout se l’approprie par la transgression pour le pousser jusqu’à une (gentille) subversion. En s’intéressant à des personnages en marge, des losers dont les canulars ne sont ni spécialement bons, ni particulièrement signifiants, il en change la tonalité. Prank est aussi cruel et exaltant que l’âge ingrat qu’il dépeint. En fin de compte, Prank n’est pas vraiment un teen movie… plutôt un « freak teen movie ».

C’est à travers la transgression que Stefie, jeune adolescent solitaire et mal dans sa peau, va s’intégrer au sein de cette bande. C’est aussi à son contact qu’il va découvrir ses limites morales et éprouver ses premiers émois. Biron retranscrit très efficacement l’instabilité de Stefie, rongé par ses aspirations inconscientes autant que par ses frustrations bien conscientes, sa détresse et sa normalité bizarre. Une normalité d’autant plus floue que Biron exclut totalement de son récit les figures d’autorité, une absence cruellement signifiante. Biron, qui a totalement intégré la culture de l’image moderne, propose avec Prank une lecture de cette image, celle que l’on voudrait projeter pour les autres, celle que l’on poste et que l’on partage, cette projection de soi désormais autant magnifiée que manipulée et de cette communication ayant désormais changé de forme et donc, aussi, de fond.

S’il se présente comme un récit d’apprentissage à travers le personnage de Stefie, Prank ne convainc pas totalement dans sa dimension d’ « apprentissage ». Une question demeure une fois le film fini : au fond, qu’a-t-il appris ? Le sourire conclusif de Stefie, esquissé ou deviné, constitue une réponse intrigante mais sans doute incomplète.

Mais on le redit, toujours en 5 mots mais avec un point d’exclamation cette fois : Prank, ça fait du bien !

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 28 octobre 2016

Box office : en cours

Budget : 15 000 dollars

En salles actuellement