Gala Québec Cinéma 2017: le triomphe de Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Avec 12 nominations chacun, Juste la fin du monde et Un ours et deux amants étaient les favoris du Gala Québec Cinéma. Le film de Xavier Dolan s’est bel et bien révélé le grand gagnant de la soirée avec 5 Iris en poche, dont ceux du Meilleur film et de la Meilleure Réalisation. Nelly d’Anne Emond est l’autre vainqueur avec 4 statuettes, dont celle de la Meilleure comédienne pour la radieuse Mylène Mackay.

Découvrez ci-dessous la liste complète des Iris 2017 :

MEILLEUR FILM

  • Juste la fin du monde, de Xavier Dolan

MEILLEURE RÉALISATION

  • Xavier Dolan pour Juste la fin du monde

MEILLEUR SCENARIO

  • Louis Bélanger et Alexis Martin pour Les mauvaises herbes

MEILLEURE ACTRICE

  • Mylène Mackay dans Nelly

MEILLEUR ACTEUR

  • Gabriel Arcand dans Le fils de Jean

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Box office 2016 des films québécois

En 2007, le premier volet de la comédie Les 3 P’tits Cochons avait attiré près de 580 000 spectateurs. Près de 10 ans plus tard, désormais repris en main par le réalisateur Jean-François Pouliot, le second en rassemble un peu plus de 300 000. Un demi-succès ? Oui et non. La comédie réunit certes beaucoup moins de spectateurs dans les salles québécoises mais elle glane la première place de la production locale au box office. Et elle confirme la popularité du comédien Guillaume Lemay -Thivierge, présent au casting de 2 films du Top 10 (Les 3 P’tits Cochons 2 et Nitro Rush… deux suites !). A noter la très belle 3ème place de 1:54, le bouleversant film du jeune réalisateur Yan England… qui attire 40 000 spectateurs de plus que l’expérimenté (mais pas moins jeune) Xavier Dolan pour son adaptation de Juste la fin du monde. En 2014, son Mommy était le plus gros succès québécois avec plus de 370 000 spectateurs.

Voici ci-dessous le top 20 des plus grands succès de cette année 2016 au Québec :

  1. Les 3 P’Tits Cochons 2 : 306 399 entrées
  2. Votez Bougon : 270 390
  3. 1:54 : 127 296
  4. Juste la fin du monde : 87 204
  5. Les Mauvaises herbes : 60 862
  6. Chasse-galerie : 59 036
  7. Nitro Rush : 55 843
  8. 9 le film : 17 850
  9. King Dave : 15 917
  10. Embrasse-moi comme tu m’aimes : 14 246
  11. Two Lovers and a Bear : 8 640
  12. Avant les rues : 5 591
  13. Endorphine : 5 046
  14. Le Pacte des anges : 4 865
  15. Mon ami Dino : 4 352
  16. Pays : 3 909
  17. Montréal la Blanche : 2 986
  18. L’Origine des espèces : 2 279
  19. Boris sans Béatrice : 2 084
  20. Là où Atilla passe : 2 066

La bande-annonce de « Les 3 P’tits Cochons 2 » :

Vincent Biron : son top 5 des films québécois

Réalisateur de Prank, Vincent Biron a établi son top 5 de ses films québécois préférés…

=> Lire l’interview de Vincent Biron

jesusJésus de Montréal, de Denys Arcand (1989)

Commentaire de Vincent Biron : « Un prof nous l’avait montré au secondaire. C’est le premier film québécois qui m’a fait triper et qui m’a donné l’idée que moi aussi je pourrais faire du cinéma. »

Synopsis : Séduit à l’idée de mettre en scène une version moderne de la Passion et d’incarner le personnage de Jésus, Daniel part à la recherche d’acteurs prêts à tout quitter pour le suivre… Se superpose au récit du Christ un discours sur la société de consommation, la création de l’univers et le sens de la vie. (source : Eléphant Cinéma)

leoloLéolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

Commentaire de Vincent Biron : « Lauzon, c’est la grande tragédie du cinéma québécois. S’il n’était pas mort tragiquement, il aurait pu être Xavier Dolan bien avant Xavier Dolan ! Un zoo la nuit c’était déjà très beau. Léolo, c’est d’une splendeur. Qu’aurait-il fait après ? Il était dans un cinéma très construit, très narratif, très fictionnel, avec des envolées lyriques et poétiques. »

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

=> Lire la critique

a-louest-de-plutonÀ l’ouest de Pluton, de Myriam Verreault et Henry Bernadet (2008)

Commentaire de Vincent Biron : « Même si cela ne l’a pas été de façon consciente, ce film nous a aidé pour Prank. Si un film québécois a dessiné l’adolescence de façon juste, qui s’attardait à en montrer le côté banal aussi, c’est celui-là. »

Synopsis : Ce chassé-croisé qui mêle humour et drame suit l’existence d’une dizaine d’adolescents de la banlieue pendant 24 heures. Joué par des jeunes de 15 et 16 ans, À l’ouest de Pluton plonge avec un réalisme troublant au cœur de l’adolescence, cette étrange et intense période où chacun tente d’exister parmi les autres.

pourPour la suite du monde, de Pierre Perrault, Michel Brault et Marcel Carrière (1963)

Commentaire de Vincent Biron : « Un film d’une incroyable beauté, d’une sensibilité tellement touchante. Il parle de nous, de nos racines… »

Synopsis : Documentaire poétique et ethnographique sur la vie des habitants de l’Isle-aux-Coudres rendue d’abord par une langue, verte et dure, toujours éloquente, puis par la légendaire pêche au marsouin, travail en mer gouverné par la lune et les marées. (source : ONF)

antoineMon oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

Commentaire de Vincent Biron : « Puissant, vrai, une parfaite alliance de forme et de fond qui transcende les failles de son auteurs. Un film qui m’a profondément marqué. »

Synopsis : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

=> Lire la critique

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Propos recueillis par Thomas Destouches les 26 et 27 février 2017

Critique film : Le Chat dans le sac, de Gilles Groult (1964)

storage-quebecormedia-comRéalisation et scénario : Gilles Groulx

Distribution : Claude Godbout, Barbara Ulrich, Jean-Paul Bernier, Manon Blain, Jean V. Dufresne, Véronique Gilbert…

Synopsis : Dans la vingtaine, Barbara et Claude sont confrontés à la fois aux choix de l’existence et aux bouleversements d’une société dans laquelle ils doivent trouver une place…

Durée : 1h15

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Critique

Symbole du cinéma direct – révolution cinématographique initiée au sein de l’ONF – le film de Gilles Groulx transpire l’expérimentation et l’effervescence qui traversent alors le cinéma québécois dans les années 60. Caméra épaule, transgression des règles de bienséance filmique, captation de réalité ou encore exploration sonore : Le Chat dans le sac est l’expression de toutes ces libertés. Et une réflexion sur ces libertés.

Claude, le personnage masculin principal, est en perpétuelle perdition, à la recherche d’une liberté qu’il pressent sans bien en saisir les significations, la portée ou la direction. « Révolté ? Oui. Révolutionnaire ? Je ne sais pas. » dit cet homme d’action verbale en errant dans les étendues enneigées au milieu de nulle part. Il a cette intuition qui ne le laisse jamais tranquille ni ne l’assouvit. Sans cesse remué par des esquisses d’idées et jamais résolument apaisé, il est dans un état de déséquilibre permanent. Claude,  c’est aussi bien la jeunesse des années 60, que la société québécoise… et même ce nouveau cinéma en pleine révolution.

Son amoureuse, la pétillante Barbara, lui oppose, non pas une forme de tranquillité, mais bien une volonté de joie de vivre, sans pour autant tomber dans l’inconscience indolente. Le Chat dans le sac est la chronique des derniers soubresauts de leur histoire d’amour. Barbara et Claude se révèlent de plus en plus dissonants au fil d’un film jouant lui-même sur les enchevêtrements sonores (à un monologue face caméra succède une voix off, les bruits de la vie prenant le pas sur la musique IN…).

Le Chat dans le sac est tout à la fois une profession de foi cinématographique et l’esquisse d’un idéal (social, sociétal et politique). Le fait qu’il ait conservé toute ses modernités 50 ans après sa sortie devrait être un motif de réflexion pour nous…

Note : 4,5 sur 5

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Date de sortie : 8 août 1964

Budget : 33 000 dollars

Disponible en DVD

=> Plus d’infos sur le site officiel d’Eléphant Cinéma

Visible en intégralité et légalement sur la chaîne Youtube de l’ONF :

Critique film : Prank, de Vincent Biron (2016)

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© Le Girafon / Art & Essai / Romance Polanski

Réalisation : Vincent Biron

Scénario : Alexandre Auger, Vincent Biron, Eric K. Boulianne et Marc-Antoine Rioux

Distribution : Etienne Galloy, Alexandre Lavigne, Constance Massicotte, Simon Pigeon…

Synopsis : Adolescent solitaire et mal dans sa peau, Stefie est invité par Martin à rejoindre sa bande. Appartenir à ce gang, spécialisé dans les blagues de mauvais goût, lui apprend le sentiment d’appartenance… mais lui permet aussi de découvrir ses premiers émois..

Durée : 1h17

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Critique

En cinq mots : Prank, ça fait du bien.

Mais pas que… Teen movie de sale gosse, reprenant un schéma narratif parfaitement balisé tout en lui faisant joyeusement un doigt d’honneur, Prank est plus subtil que son humour potache ne le laisse d’abord penser, et jubilatoire… pour son humour potache justement.

Le réalisateur Vincent Biron convoque la mémoire collective des teen movies, de Can’t Buy Me Love à Breakfast Club, en passant par Ferris Bueller (sans doute la plus grande des influences pour sa manière de réinvestir les figures de Ferris et surtout de Cameron),  mais surtout se l’approprie par la transgression pour le pousser jusqu’à une (gentille) subversion. En s’intéressant à des personnages en marge, des losers dont les canulars ne sont ni spécialement bons, ni particulièrement signifiants, il en change la tonalité. Prank est aussi cruel et exaltant que l’âge ingrat qu’il dépeint. En fin de compte, Prank n’est pas vraiment un teen movie… plutôt un « freak teen movie ».

C’est à travers la transgression que Stefie, jeune adolescent solitaire et mal dans sa peau, va s’intégrer au sein de cette bande. C’est aussi à son contact qu’il va découvrir ses limites morales et éprouver ses premiers émois. Biron retranscrit très efficacement l’instabilité de Stefie, rongé par ses aspirations inconscientes autant que par ses frustrations bien conscientes, sa détresse et sa normalité bizarre. Une normalité d’autant plus floue que Biron exclut totalement de son récit les figures d’autorité, une absence cruellement signifiante. Biron, qui a totalement intégré la culture de l’image moderne, propose avec Prank une lecture de cette image, celle que l’on voudrait projeter pour les autres, celle que l’on poste et que l’on partage, cette projection de soi désormais autant magnifiée que manipulée et de cette communication ayant désormais changé de forme et donc, aussi, de fond.

S’il se présente comme un récit d’apprentissage à travers le personnage de Stefie, Prank ne convainc pas totalement dans sa dimension d’ « apprentissage ». Une question demeure une fois le film fini : au fond, qu’a-t-il appris ? Le sourire conclusif de Stefie, esquissé ou deviné, constitue une réponse intrigante mais sans doute incomplète.

Mais on le redit, toujours en 5 mots mais avec un point d’exclamation cette fois : Prank, ça fait du bien !

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 28 octobre 2016

Box office : en cours

Budget : 15 000 dollars

En salles actuellement

Critique film : Bestiaire, de Denis Côté (2012)

1Conception et réalisation: Denis Côté

Produit par Denis Coté et Sylvain Corbeil

Synopsis :

Durée : 1h12

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Critique

Non, Bestiaire n’est pas un documentaire animalier. Ou alors il s’agit du pire documentaire animalier jamais réalisé. Ni un film militant pour la cause animale ou une exploitation sentimentaliste de nos amis les bêtes.

Bestiaire est une expérience formelle, sonore, contemplative et sensorielle. Un non documentaire sur les animaux tout en étant une vraie réflexion sur le regard et le geste de montrer. Cette clé de lecture est d’ailleurs exposée clairement dans la première scène. Le réalisateur Denis Côté filme d’abord les yeux de jeunes peintres face à leurs toiles, ou cachés partiellement par elles, scrutant hors champ l’objet de leur étude : une bête empaillée. Ce même regard, on le retrouve à de multiples reprises au fil du documentaire, avec ces animaux osant fixer la caméra, défiant le spectateur qui se sent alors… observé, presque étudié, à son tour.

Qui observe qui ? Là est une des (nombreuses) programmatiques de ce Bestiaire.

Et pour matérialiser ce miroir filmique, Denis Côté joue avec le cadre, ou plutôt dans son cadre, toujours parfaitement fixe. Il décadre ou obstrue le champ de vision, obligeant le spectateur à regarder différemment ou l’animal à se révéler autrement. En multipliant les lignes géométriques et les cadres dans le cadre, il ne se contente pas d’apporter perspective et dynamisme visuel, il libère justement le cadre et crée les conditions d’un hors champ tellement crucial dans l’expérience Bestiaire. Et si les motifs visuels de l’enfermement et la présence quasi constante de la grille sont là pour créer un sentiment de claustration, Côté, une fois encore, joue avec notre regard. Les humains donnent parfois l’impression d’être eux-mêmes derrière la grille, massés dans un tunnel de verre pour observer un lion dormant tranquillement à l’air libre, enfouis (ironie de l’histoire) dans des costumes d’animaux, encastrés dans des voitures roulant à file indienne…

Au-delà de la beauté graphique extatique de Bestiaire, l’expérience sensorielle naît aussi (surtout ?) du traitement du son. Parfois lointain (essentiellement lorsqu’il concerne les humains et leurs interactions), parfois rugissant (certaines séquences sont volontairement à la limite du supportable), le son se joue sur des ruptures nettes et, poussant le spectateur à tendre l’oreille ou à se les couvrir, créant un intrigant déséquilibre. Mais ce montage sonore, purement fictionnel, réussit à insuffler un sentiment de menace envers ces animaux et une vraie angoisse chez le spectateur. Comme dans cette séquence où on ne fait qu’entrevoir les pattes de zèbres que l’on imagine apeurés derrière des murs trop étroits. La cacophonie de chocs contre les cloisons met K.O…. et le silence soudain qui s’ensuit soulage. On ressort de Bestiaire, non pas dans un état de transe mais de choc. Claudiquant. A la fois cabossé et fasciné.

Que cherche à nous dire Denis Côté ? Là n’est, au fond, pas la question. Il filme, confronte le regard, obture l’image et recrée le son pour nous faire vivre une expérience au-delà du cadre. Son Bestiaire transcende ce « simple » geste de montrer.

Note : 4 sur 5

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Date de sortie : 6 avril 2012

Box office : 488 spectateurs

Budget : 50 000 dollars

Disponible en DVD

Critique film : La vie après le cirque, de Viveka Melki (2015)

1Réalisation : Viveka Melki

Scénario : Michael Allcock

Produit par Tortuga Films

Synopsis : Durant des décennies, nous nous sommes amusés­ au Cirque, oubliant nos soucis le temps d’une soirée. Mais peu d’entre-nous n’avons songés­ à ce que pouvait devenir ces artistes une fois leur carrière terminée. Ce film pose un regard unique sur des individus vivant dans la « capitale mondiale du cirque », la ville de Sarasota, en Floride ; une communauté « tissée serrée » avec des valeurs enracinées, qui semblent presque être d’une autre époque. Avec humour et sympathie, ces personnages plus grands que nature sont déterminés à se soutenir mutuellement à travers les épreuves, en particulier au moment où ils en ont le plus besoin : à la fin de leur carrière en tant qu’artiste de cirque… Alors que le temps est venu de quitter le ring, La vie après le cirque dépeint la réalité de ces artistes, dans le contexte d’un cirque en changement, au moment où ils songent à faire la transition vers une retraite à l’ombre des projecteurs.

Durée : 1h18

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Critique

Des souvenirs jaunis, de la mélancolie permanente, des corps fatigués, de la détresse parfois et des sourires aussi… mais si peu. Le portrait que dresse la réalisatrice Viveka Melki de ces vieilles gloires du cirque est sombre, trop morose même pour ne pas provoquer des émotions certes sincères mais intrinsèquement contaminées par le désespoir. A trop jouer sur une tonalité grave, le documentaire en vient parfois à tutoyer une monotonie problématique. Là réside d’ailleurs une des plus grandes faillites du film. En privilégiant la succession de portraits, tous individuellement touchants, au détriment du fil dramatique fort que constitue le spectacle final du Cirque de Sarasota, il se révèle incapable de monter en puissance émotionnellement.

Clairement tourmentée par la thématique du souvenir et de sa transmission, la réalisatrice en oublie peut-être que cette mémoire peut être déclamée par une voix moins sépulcrale, surtout lorsque l’univers en question – le cirque – est aussi affaire de paillettes, de joie et de dépassement. Et c’est d’ailleurs ce que révèle paradoxalement la légère, et trop brève, séquence entre Dolly Jacobs, légende du cirque aérien, et la jeune fille de 18 ans, rêvant des mêmes hauteurs que son idole…

Car il y a néanmoins une vraie tendresse dans le regard de Viveka Melki pour ces artistes, au fond desquels on sent encore intacte cette passion pour le cirque. Et une douceur dans sa manière de montrer et de mettre en scène ces corps meurtris, où sont gravés les exploits passés, qui luttent encore ou qui veulent retrouver, ne serait-ce qu’une seconde, leur souplesse d’antan. Et si le corps lâche peu à peu, l’esprit du cirque se révèle, lui, inaltérable au fil des rencontres. Et là se niche sans doute une des plus belles réflexions du documentaire : si nous sommes constamment entourés d’images spectaculaires et « surhumaines », le cirque, avec ses athlètes à taille humaine et ses effets pratiques, n’en demeure pas moins une expérience magique.

Hélas une fois que le projecteur du chapiteau de La vie après le cirque s’éteint sur tous ces formidables artistes, c’est un sentiment persistant et logique de tristesse qui subsiste…

Note : 2 sur 5

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Le documentaire est présenté au Festival Sunny Side of the Doc de la Rochelle en 2016.

Critique film : God Save Justin Trudeau, de Guylaine Maroist et Eric Ruel (2015)

GODSAVEJUSTINTRUDEAU_AFFICHE_V1Réalisation et scénario : Guylaine Maroist et Eric Ruel

Productions de la ruelle

Synopsis : En mars 2012, alors jeune député de Papineau pour le Parti Libéral, Justin Trudeau, fils de l’ex Premier Ministre Pierre Elliott Trudeau, participe à un match de boxe caritatif l’opposant à Patrick Brazeau, alors Sénateur du Parti Conservateur. Ce duel dépasse bien vite les cordes du ring et devient un affrontement médiatique entre deux conceptions du pays. Mais il marque surtout la naissance du phénomène politique Justin Trudeau, élu Premier Ministre du Canada trois ans plus tard…

Durée : 1h21

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Critique

Au moment où le documentaire débute, le Parti Libéral du Canada est au plus bas, devenu seulement le 3ème mouvement politique du pays. Ce contexte est loin d’être un détail car, rétrospectivement, ce combat contre le Conservateur Patrick Brazeau constitue précisément une étape cruciale dans l’avènement futur de Justin Trudeau, alors « simple député ». Ne nous le cachons pas : si God Save Justin Trudeau raconte la genèse d’un combat de boxe de charité, il s’agit en réalité d’un duel symbolique. Et la politique, pour le pire ou pour le meilleur, est affaire de symboles.

Lucide sur ses actes et ses effets, conscient qu’il lui faut créer une image politique personnelle pour se dégager de l’ombre de son illustre père, Trudeau sait déjà que ce combat contre un Conservateur aux faux airs caritatifs est une étape dans sa marche en avant et, comble du comble sans doute, dans sa quête de crédibilité. A plusieurs reprises d’ailleurs, le film montre à quel point les électeurs sont en réalité des téléspectateurs et relève le surréalisme de cette situation. Un basculement médiatique total s’est opéré dans notre système politique actuel. Parfois empruntées aux films ou à l’imaginaire sportif justement, les punchlines et les images ont désormais une influence disproportionnée et ont perverti le débat. Les politiques ne sont plus seulement des « Hommes » mais aussi (surtout ?) des bêtes médiatiques. Et le film de Guylaine Maroist et Eric Ruel est précisément un documentaire sur l’art de la politique. Et à ce petit jeu, l’inexpérience politique apparente de Trudeau cache en réalité une maitrise totale de la communication et du marketing. Le simple fait d’avoir accepté de participer à ce documentaire et d’être mis en scène quasiment comme un comédien en est d’ailleurs la preuve la plus évidente. S’agit-il aussi de la marque d’un cynisme froid ? Le documentaire ne semble pas vouloir prendre parti, peut-être aussi, sans prendre position idéologique, pour laisser la porte ouverte à l’espoir… S’il y a bien une fascination des réalisateurs pour cet animal médiatique ayant totalement compris ce qu’est la politique au 21ème siècle, le film est heureusement dépourvu d’une admiration aveugle.

Et si vous ne connaissez pas l’issue de ce combat de boxe, qui peut rappeler par certains côtés, le contexte politico-historique en moins, l’affrontement entre Rocky Balboa et Ivan Drago dans Rocky 4 (si si…), God Save Justin Trudeau n’oublie pas de doser le suspense et la tension. Mais, encore une fois, son issue est ailleurs : c’est un homme politique post moderne et parfaitement lucide sur ce qu’il est, qui sort du ring…

God Save Justin Trudeau est présenté ce lundi 20 juin 2016 lors du festival Sunny Side of the Doc de La Rochelle.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 16 avril 2015

Disponible en DVD

 

Critique court métrage : Les journaux de Lipsett, de Theodore Ushev (2010)

5750800836a1331c88d2754732ebf6c9Réalisation : Theodore Ushev

Scénario : Chris Robinson

Narration : Jarvis Robinson Neall, Samuel Jacques, Xavier Dolan (narrateur)

Synopsis : Une descente dans le maelström des angoisses d’Arthur Lipsett, célèbre cinéaste expérimental canadien, mort à 49 ans. Journal intime transfiguré en bombardement d’images et de sons, exploration d’une prodigieuse frénésie créatrice, tableau illustrant la chute vertigineuse d’un artiste dans la dépression et la folie…

Durée : 14 minutes

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Critique

Court métrage expérimental, plus proche du collage visuel et sonore que d’un film d’animation, Les Journaux de Lipsett est une énigme… qu’il ne faut surtout pas tenter de déchiffrer.

Le cinéaste Theodore Ushev et son scénariste Chris Robinson, qui ont eu accès à des notes griffonnées par le regretté Arthur Lipsett, ne donnent aucune clé de compréhension. Ils projettent, interprètent, trahissent sûrement aussi, les démons, les obsessions et les contradictions de ce  génial cinéaste et prodige du montage (admiré par Stanley Kubrick et George Lucas), qui s’est ôté la vie à 49 ans, gangréné par des problèmes psychologiques. Et c’est en déstructurant le montage, en multipliant les ruptures de rythme, en enchevêtrant les cadres, en arrimant des mots à l’écran tout en faisant résonner d’autres, qu’ils font perdre leurs repères aux spectateurs pour mieux leur faire traverser les limbes de Lipsett.

Les Journaux de Lipsett est un trip. Une expérience animée. Une incursion cinématographique de la psyché.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : Octobre 2010

En 2011, Les Journaux de Lipsett a reçu le Jutra du Meilleur court métrage d’animation.

=> Rendez-vous sur le site de l’ONF

Interview – Chloé Robichaud : « Toute ma vie, j’ai écrit, filmé, raconté »

Avec Sarah préfère la course, présenté à Cannes en 2013 en section Un Certain Regard, Chloé Robichaud livre une première œuvre… déjà magistrale. Rencontre avec la réalisatrice, qui peaufine actuellement son 2ème film : Pays.

=> Lire la critique de « Sarah préfère la course »

A PROPOS DE « SARAH PREFERE LA COURSE »

Serait-il trop « évident » ou « faux  » de mettre en parallèle l’obsession absolue de Sarah pour la course avec la vôtre pour le cinéma ?

Bien que le personnage demeure un personnage de fiction, et que nous ne partageons pas nécessairement toutes les mêmes expériences de vie ou traits de personnalité, Sarah et moi avons des points en commun. Une grande part d’inconscient s’insère dans le processus d’écriture et ce n’est qu’avec le recul que je constate, oui, à quel point le film parle de mon obsession pour le cinéma, ou plutôt pour les histoires. Toute ma vie, j’ai écrit, filmé, raconté, à petite ou grande échelle. Parfois, je l’ai fait comme une fuite, pour m’évader de mes réels sentiments, entre autres à l’époque de mon adolescence où l’idée d’être homosexuelle m’effrayait. Parfois, c’était ma façon de me sentir en contrôle de mon destin. C’est pareil pour Sarah, et son rapport avec la course. Aujourd’hui, j’ai pris en maturité et je me connais beaucoup mieux. Je dirais maintenant que le cinéma m’offre beaucoup de liberté, je me sens choyée de pouvoir toucher les autres par les histoires et c’est aussi sans doute ma façon de transcender le passé.

Sarah n’intellectualise pas, et n’arrive même pas à verbaliser cette obsession. Au-delà de l’activité physique, c’était donc au corps de prendre le relais de cette expression et de ses émotions profondes, n’est-ce pas ?

Sarah n’a pas encore appris à écouter ses sentiments, sans doute parce qu’elle a très peur des conclusions qu’elle pourrait en tirer. Sarah communique ainsi par le corps, par l’activité physique. Les mots deviennent alors futiles. Le silence, dans la vie, est toujours si évocateur quand on prend le temps de l’écouter. Je me suis ainsi donnée comme défi, avec ce film, de parler avec le corps, les silences, les regards. On vit l’intériorité de Sarah à travers ses yeux. Il suffit d’être attentif et Sarah nous en dira beaucoup plus que si elle avait parlé pendant 90 minutes sans s’arrêter.

Je me suis ainsi donnée comme défi, avec ce film, de parler avec le corps, les silences, les regards.

De la même manière que Sarah ne montre pas ses émotions, elle a un rapport « difficile » avec son corps, ou plutôt avec le fait de le montrer (elle se change dans les toilettes, elle n’enlève pas son soutien-gorge pendant la scène de sexe…) et même de toucher (les nombreux plans où elle évite de toucher le sol directement avec sa peau en gardant ses chaussettes…). Pourquoi Sarah a un rapport aussi compliqué avec l’ »extérieur » et son exposition ? Est-ce qu’elle envisage cette exposition comme un risque de se dévoiler ?

Oui, Sarah a peur de se dévoiler aux autres, mais surtout à elle-même. Elle s’éveille tranquillement aux questions identitaires. C’est pourquoi, par exemple, elle ne regarde que les nuques des jeunes femmes nues dans les douches des vestiaires. Elle est pudique parce qu’elle n’est pas à l’aise avec sa propre sexualité. Elle se cherche aussi en tant que femme… Car qu’est-ce qu’être une femme ? Elle ne s’identifie pas aux codes sociaux, elle doit apprendre à se définir au-delà des normes. Je pense que son mal être s’explique beaucoup par cet inconfort face aux stéréotypes. Il peut être si ardu de se définir, quand rien ne semble nous correspondre. C’est un peu comme si tout était à faire. Certains, comme Sarah, se réfugie donc à l’intérieur d’eux-mêmes, seul endroit où ils peuvent se sentir en sécurité face au monde extérieur.

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Hélène Florent et Sophie Desmarais dans « Sarah préfère la course » – © Aramis Films

S’il y a bien une scène de sexe avec Antoine, elle est quasiment dénuée de sensualité ou de tendresse. Elle est abordée presque d’un point de vue « pratique ». La seule scène où on sent une certaine forme de vraie sensualité émanant ou plutôt touchant Sarah est celle où elle se trouve dans la chambre de sa collègue. Ce trouble ou cette indécision était-il une part importante de la définition en creux de Sarah ?

Le film aborde différentes questions identitaires, et la question de l’orientation sexuelle en est une. Sarah est touchée par l’humanité et la sensibilité d’Antoine. Elle cherche à se comprendre, à décoder ses sentiments, en faisant l’amour avec lui. Rapidement, on comprend, tout comme elle, qu’elle n’y prend pas le plaisir espéré.

Le film aborde différentes questions identitaires, et la question de l’orientation sexuelle en est une.

Micheline Lanctôt, l’ »immense » Micheline Lanctôt devrais-je dire, joue le rôle de la coach de Sarah dans le film. Cette comédienne et réalisatrice a également joué un rôle déterminant dans votre formation de cinéaste. Quel est-il ?

J’ai eu le privilège d’avoir Micheline comme professeure à Concordia pendant une année. Elle m’a enseignée la direction d’acteurs. J’ai fait la rencontre d’une femme d’exception, qui n’a pas peur de ses opinions, qui prend sa place sans attendre qu’on la lui montre. Elle est d’une grande authenticité. J’aime sa force. Elle m’inspire beaucoup. Et en hommage à ce qu’elle est, pour le cinéma québécois, les réalisatrices et pour moi-même, j’ai envie de lui faire une place dans chacun de mes projets cinématographiques. Je dirais même que c’est une entente non-écrite entre nous deux !

Le film est parcouru de nombreuses formules que l’on peut retrouver dans les « fortune cookies » des restaurants asiatiques. Ce sont des clés pour comprendre le film, mais aussi des inspirations soufflées au spectateur. A ce titre, le dernier message est, à mon sens, capital : « La réponse n’est pas dans le biscuit ». Est-ce que l’on peut le comprendre comme le fait que c’est à Sarah de se prendre en mains, d’assumer pleinement ses choix… de dépasser la caméra et de continuer sa course comme dans le dernier plan ?

Moi-même, j’aimerais croire au destin, aux signes, parce qu’il serait plus facile d’accepter ce qui nous arrive, comme si nous ne pouvions, de toute façon, rien y faire. La vérité, c’est qu’il y a des conséquences à nos actes et que nous sommes bien souvent maîtres de nos actions. Sarah prend la décision de courir, peu importe le prix à payer. Ce n’est pas un biscuit qui va lui dire quoi faire. La réponse, la bonne, est en elle-même. À la fin, elle accepte enfin de s’écouter elle, de suivre son propre chemin. Certains trouvent d’ailleurs la fin plutôt pessimiste, alors que pour moi, elle est pleine d’espoir. Sarah fait maintenant des choix conscients.

A PROPOS DE « PAYS »

Racontez-nous de quoi va parler le film…

Le film aborde, entre autre, la conciliation travail-famille, en suivant le parcours de trois femmes. L’une est une jeune députée canadienne nouvellement élue (Nathalie Doummar), une autre est médiatrice internationale (Emily VanCamp) et l’autre est Présidente d’une Île qui doit faire face à une faillite imminente (Macha Grenon). Les trois se rencontrent justement pendant une médiation concernant l’exploitation minière de cette Île. Un peu comme pour la course avec Sarah, la politique sert ici de trame de fond, pour parler de la psychologie de ces femmes singulières. Le ton oscille entre le drame et la comédie. C’est un film particulier, autant dans son propos que dans sa forme… Pays est un objet assez unique en son genre et j’en suis très fière.

Et pour ce film, outre Emily VanCamp et Nathalie Doummar, vous retrouvez une nouvelle fois Micheline Lactôt. On sent une véritable volonté de votre part d’être fidèle à des collaborateurs, et pas seulement devant la caméra. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

La réponse est aussi clichée que vrai. Mes amis, mes collaborateurs de cinéma, sont ma famille. J’ai fait mon premier film à 17 ans, avec ma grande amie, Jessica Lee Gagné. Plus de dix ans plus tard, Jessica signe la direction photo de Pays, comme elle a signé plusieurs autres de mes projets. Ensemble, on grandit, on apprend, on s’améliore. Je pourrais dire la même chose de Fanny-Laure Malo, que j’ai rencontré à Concordia et qui produit nombre de mes projets. La complicité, c’est sans doute ce qui m’aura amenée si jeune à accomplir plusieurs de mes rêves. J’ai su, rapidement, voir le talent en d’autres et m’entourer d’humains formidables. Je suis chanceuse de les avoir croisés sur mon chemin. Je n’aime pas travailler avec des gens qui ne veulent, au fond, que leur chèque de paie. Je travaille avec ceux qui l’ont dans le ventre, qui, peu importe leur rôle, sont passionnés. Et autant devant que derrière la caméra, je dois être en mesure de développer une complicité de travail avec eux. Sinon, je réalise rapidement que ça ne marchera pas. Et puis je fais ce métier parce qu’il me rend heureuse, parce que j’ai du plaisir à être sur un plateau. L’esprit d’équipe est une priorité pour moi.

Je travaille avec ceux qui l’ont dans le ventre, qui, peu importe leur rôle, sont passionnés. Et autant devant que derrière la caméra, je dois être en mesure de développer une complicité de travail avec eux.

A quelle étape de production êtes-vous ?

Nous venons tout juste de compléter la post production du film en mai dernier. Je suis en ce moment en plein brainstorm pour le matériel publicitaire, auquel je trouve primordial de participer. Le film sera sans doute lancé quelque part dans le monde à l’automne. Je lui souhaite évidemment une belle vie. Je pense que le film a quelque chose à dire et j’espère simplement qu’il aura la chance d’être vu et entendu. Après, le reste ne m’appartient plus.

Pourquoi avoir insisté de tourner ce film en 35 mm ?

Je pense qu’il faut voir le film pour comprendre pourquoi le 35mm était non seulement important, mais primordial dans ma mise en scène. Le film se passe sur une Île, qu’on sent figée dans le temps, comme s’il y avait eu un boom économique dans les années 70 et puis après, plus rien. L’enjeu du film est que cette île puisse enfin entrer dans la modernité. Et je dois dire aussi que le grain, la douceur de la pellicule, s’harmonise parfaitement au climat et aux paysages de Terre-Neuve, territoire pittoresque et aride de notre tournage.

En quoi ce format de tournage est une condition sine que non de votre intention de départ pour Pays : faire « un film de cinéma avec un grand C » ? Et c’est quoi d’ailleurs pour vous le « cinéma avec un grand C » ?

C’est le cinéma de mon enfance, le cinéma de l’enfance de mes parents. C’est celui de la pellicule. Je suis parfois très nostalgique d’une époque que je n’ai même pas connue ! J’ai fait mon éducation cinématographique en regardant les films de la Nouvelle Vague, les Bergman, les Woody allen, etc. Je pense qu’il est normal que j’aie aujourd’hui envie de travailler avec le même médium qu’eux, que ceux et celles qui m’ont inspirée comme cinéaste. Et puis j’aime que chaque prise soit comptée quand on tourne en pellicule. Tout devient important. Chaque « 3, 2, 1, Action » est significatif. Je trouve que ça se ressent à l’image. Le climat n’est pas le même sur le plateau parce que tout le monde prend soin de chaque instant. C’est magique …

J’aime que chaque prise soit comptée quand on tourne en pellicule. Tout devient important. Chaque « 3, 2, 1, Action » est significatif.

Et justement, parce que je vous sais toujours impatiente d’écrire, de tourner, de monter et de préparer le prochain film, Quelle est l’étape suivante ? Avez-vous toujours cette envie de réaliser un biopic sur Jackie Kennedy ?

Si on me donne cette chance un jour, oui, j’adorerais raconter l’histoire de Jackie Kennedy. Elle me fascine. Reste que pour l’instant, j’ai d’autres projets en route. Je me relance dans l’écriture de mon troisième film, que j’avais entamé l’année dernière. Puis je cogite l’idée d’un prochain, un quatrième. Il y a aussi la saison 2 de Féminin/Féminin qu’on espère tourner très prochainement. Il m’arrive de penser à l’écriture d’une pièce de théâtre… On verra comment les choses décident de se placer. Je sais juste que je vais continuer de travailler très fort sur les projets qui m’interpellent. Pour le reste, on verra.

A PROPOS DU CINEMA QUEBECOIS

Les cinéastes québécois s’exportent beaucoup depuis quelques années à Hollywood (Jean-Marc Vallée, Denis Villeneuve…) et d’autres, une sorte de « nouvelle génération », explosent (vous, Xavier Dolan, Martin Villeneuve, Louise Archambault, Sébastien Pilote, le collectif RKSS, Maxime Giroux, Rafaël Ouellet, Denis Côté, François Delisle…). Peut-être est-ce une vision de l’ »extérieur », mais j’ai l’impression qu’il se passe quelque chose autour du cinéma québécois. Quel est votre constat du cinéma de votre Province actuellement ?

C’est extrêmement inspirant. Je pense que le succès de chacun crée un merveilleux effet domino. Le cinéma québécois a très belle réputation oui, à l’étranger, ce n’est pas juste une impression. C’est dommage ceci dit que le public ne soit pas autant au rendez-vous une fois nos films à l’affiche dans nos propres salles. On pourrait en parler longtemps, c’est un autre débat… Mais je suis fière de notre cinéma. On fait des œuvres très fortes, pertinentes, de grande qualité. Et nous sommes extrêmement créatifs et débrouillards. Je suis flattée quand on me dit que j’ai ma place parmi tous ces talents québécois. Je les admire tous beaucoup, chacun pour différentes raisons.

Propos recueillis par Thomas Destouches