Interview – Stéphane Bourguignon: « On était tous complètement sur le cul devant le succès de La Vie La Vie »

Stéphane Bourguignon, créateur des séries La Vie La Vie et Tout sur moi, est de retour avec Fatale Station. Diffusée sur la plateforme québécoise EXTRA d’ICI Tou.tv (avant une programmation sur Radio Canada) et présentée en France lors du Festival Séries Mania, cette série est un thriller sous haute influence western. Rencontre avec un auteur culte…

=> Cette interview a été publiée dans le numéro 64 du magazine Cinemateaser

Avant de devenir romancier et auteur de série, vous avez travaillé pour l’émission Surprise Sur Prise !

Oui ! C’est vrai. J’étais jeune et cela n’a pas duré bien longtemps. J’écrivais les interventions de l’animateur en plateau. Mais je n’étais pas très bon. En fait ce n’était pas vraiment pour moi. (rire) D’ailleurs durant les séances de brainstorming avec l’équipe, je n’étais pas très bon non plus. Cela ne me plaisait pas trop de réfléchir de cette manière à des blagues. Je n’ai pas le cerveau outillé pour ça. Bien évidemment j’aime bien faire des blagues mais la caméra cachée n’est pas trop mon truc.

Peut-être est-ce dû aussi au fait que votre écriture se libère clairement sur la durée. Vous avez besoin d’imaginer sur une fiction longue…

Oui c’est vrai, je m’y plais plus. Mais j’ai travaillé dans le monde de l’humour jusqu’à la sortie de mon premier roman, donc de 22 jusqu’à 30 ans. Après j’ai laissé tomber. J’écrivais pour des humoristes, pour des émissions de télé ou de radio… Ma première école, la plus formidable sans aucun doute, c’est une émission de radio enregistrée chaque semaine devant un public: le Festival de l’humour québécois. Elle existait depuis 10 ans avant que je l’intègre, mon père l’écoutait déjà quand j’étais plus jeune ! C’était une sorte de revue d’actualité. On écrivait toute la semaine et le lundi soir on la mettait en boîte devant un public. On voyait alors ce qui marchait ou pas. Et on recommençait la semaine d’après. J’ai fait ça pendant 4 ans. Dans mon expérience professionnelle, c’est la seule fois où j’ai pu avoir instantanément le résultat de mon travail. J’ai beaucoup appris, notamment à ressentir le public, à essayer d’anticiper. Cela m’a toujours servi par la suite.

Avec le Festival de l’humour québécois, j’ai beaucoup appris, notamment à ressentir le public, à essayer d’anticiper. Cela m’a toujours servi par la suite.

Mais ne faut-il pas justement se détacher de cette volonté d’anticiper pour se recentrer sur ce qu’on veut faire ?

Il ne s’agit pas de vouloir lui plaire mais de vouloir l’amener en promenade. De pouvoir lui prendre la main et de le guider à travers une émission, un roman. Si tu ne sais pas à qui tu as affaire, tu ne peux pas le guider convenablement.

Avant d’être auteur de série, vous êtes devenu romancier. Si je mets en relation vos livres avec vos séries, il y a une obsession qui se dégage : la description de ce qui anime l’être humain à se bouger…

Oui en effet. Je mets toujours en scène des personnages qui, d’une certaine manière, sont arrêtés, bloqués ou sur le point de tomber. Et ce qui leur arrive leur permet de comprendre, de continuer à avancer, à progresser. Dans le cas de Fatale Station, c’est ce moment qui va accélérer leur chute et les changer à jamais. J’aime beaucoup ces points de fixation où les personnages ne savent pas comment se dépêtrer d’un état, d’une façon d’être. C’était aussi le cas dans La Vie La Vie. On y voyait des personnages réussissant à se dépasser, à dénouer quelque chose.

J’aime beaucoup ces points de fixation où les personnages ne savent pas comment se dépêtrer d’un état, d’une façon d’être.

Dans La Vie La Vie justement, vous vous intéressez à des personnages trentenaires à un point de transition de la vie. Ils en ont suffisamment fait pour être sur des rails tout en ayant assez de temps devant eux pour encore changer…

Je voulais parler de moi, de mes amis, de ce que je voyais autour de moi. Mais je voulais surtout faire une série ! (rire) J’avais profondément envie d’essayer cette écriture-là. Le principe de La Vie La Vie est extrêmement simple : c’est l’histoire de 5 amis ! Je ne me suis pas cassé la tête. Mais j’ai beaucoup travaillé, essayé d’apprendre le plus possible cette écriture si particulière. Une fois la forme maîtrisée, j’ai commencé à explorer, à faire par exemple un épisode sans sous-intrigue, un autre uniquement centré sur un personnage… Pour moi, La Vie La Vie a vraiment été un travail très égoïste de perfectionnement de mon art, de mes techniques.

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Normand Daneau, Macha Limonchik, Julie McClemens, Patrick Labbé et Vincent Graton, les comédiens de la série « La Vie La Vie »

Cette volonté d’expérimenter s’est amplifiée avec Tout sur moi, votre série ultérieure. C’est une comédie, en apparence proche de l’autobiographie mais en réalité très fictionnelle, où les comédiens s’adressent aux téléspectateurs face caméra, où on a des numéros musicaux…

Tout sur moi est vraiment basé sur ces 3 personnages. J’entendais les histoires que ma femme Macha et ses deux meilleurs amis se racontaient et je me disais que cela n’avait tellement aucun sens que c’était déjà une sitcom ! A cette époque, j’essayais d’écrire un roman depuis 6 mois mais cela ne marchait pas. C’est alors que je leur ai dit qu’il fallait faire une comédie sur et avec eux. On s’est assis tous ensemble et je leur ai demandé de me raconter leurs pires affaires. Bien évidemment, sur les 65 épisodes de Tout sur moi, j’en ai également beaucoup inventé. Moi je m’ennuie très vite, c’est sans doute mon principal défaut. Il fallait donc que je trouve des affaires pour me distraire. En ce qui concerne l’épisode en comédie musicale, c’est en fait lié à aux téléspectateurs. A la fin de la seconde saison, le diffuseur Radio Canada a annoncé qu’il retirait des ondes Tout sur moi. La série était donc finie. La chaîne a alors commencé à recevoir des lettres, beaucoup de lettres, c’était très touchant d’ailleurs. Quelques jours plus tard, le président de Radio Canada a donc annoncé que la série allait revenir. Pour remercier les gens, d’une certaine manière, j’ai écrit cette comédie musicale pour le premier épisode de la saison suivante. Mais à part cela, la construction de Tout sur moi était relativement simple : Intrigue A, Intrigue B, Intrigue C… C’est une série ridicule, complètement ridicule mais on a pris tellement de plaisir à la faire ! Encore aujourd’hui on se dit régulièrement que c’est dommage de ne plus être à l’antenne. On était très libre. Malheureusement je pense que cette époque-là est finie. Après cela on a subi des coupures budgétaires, encore des coupures, toujours des coupures… Je me considère vraiment chanceux d’avoir pu faire Fatale Station.

Quel est l’état de la télévision québécoise aujourd’hui après toutes ces années de coupures et de repositionnement ?

Les budgets diminuent sans arrêt. Des producteurs arrivent à faire des miracles avec très peu d’argent. Mais cela se fait également au coût d’un épuisement professionnel des équipes. Cela crée aussi des précédents : si un show est suivi par un million de téléspectateurs alors qu’il n’a coûté que 400 000 dollars, on essaie de le reproduire… Dans ce contexte, il est difficile de tenter, d’explorer. Le danger c’est de prendre moins de risques. Tout sur moi ne faisait pas de grosses cotes d’écoute, il y avait en moyenne quelque chose comme 380 000 téléspectateurs par épisode. Aujourd’hui, on ne garderait pas en onde une série avec une telle audience. Mais Tout sur moi offrait une belle visibilité pour Radio Canada et elle attirait les jeunes. C’est important car les publicitaires cherchent à attirer ce public. Ce qui peut peut-être nous sauver c’est l’émergence de nouvelles plateformes.

Ce qui peut peut-être nous sauver c’est l’émergence de nouvelles plateformes.

Dans votre carrière d’auteur de série, Fatale Station représente une vraie cassure. On n’est plus dans la fiction générationnelle comme La Vie La Vie ou dans la comédie pure comme Tout sur moi. On est dans une série proche de la structure dramatique du western…

Mon parcours en télévision est réalité enchevêtré avec mon parcours de romancier. Mon premier roman, L’Avaleur de sable, était précurseur de La Vie La Vie. Un peu de fatigue correspond à une période où j’étais tanné d’organiser à l’extrême mon écriture. Mon roman Sonde ton cœur se déroulait dans le Midwest américain, dans un petit village, Swan Valley, peuplé de 263 habitants. Je suis allé faire des repérages là-bas et l’ambiance m’est toujours restée. Après avoir fait une belle pause après Tout sur moi, comme j’aime toujours alterner des projets drôles et d’autres plus dramatiques, pour changer d’air, j’avais envie d’un truc plus dramatique. Et cet univers-là s’est imposé tout de suite. Tout était là, y compris cette ambiance de western. Pour moi, Fatale Station a un vrai prolongement avec ce roman. Là où je vois une différence, c’est dans l’écriture, dans les dialogues. La série contient des dialogues qui sont très théâtraux, ce que je ne faisais jamais avant. Il y a des envolées, de la poésie, c’est quelque chose de nouveau pour moi. Je vais beaucoup au théâtre, aussi parce que ma femme est actrice (ndlr : Macha Limonchik, la comédienne principale de Fatale Station). J’avais envie de m’amuser avec des notions plus théâtrales dans le dialogue.

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Macha Limonchik

Fatale Station raconte aussi la vie de cette ville. Pour la faire exister à l’écran, il faut que les habitants existent, une multitude d’habitants. Y avait-il la volonté de se confronter à la gestion de cette multitude de personnages, ce qui est nouveau aussi pour vous ?

En effet c’est la première fois que je travaillais avec autant de personnages. A l’origine il devait même y avoir un personnage régulier supplémentaire. Mais j’ai dû le couper lorsqu’on m’a annoncé que le budget était réduit de 100 000 dollars par épisode ! Quand tu veux parler d’un village, il faut tout de même qu’il y ait une brochette relativement imposante de personnages. En prenant un village isolé, tu peux créer des choses et tu n’es pas obligé d’être si près que cela de la réalité, de la vérité. La police vient le vendredi après-midi ? C’est moi qui l’ai inventé, cela n’existe pas au Québec ! Jouer comme cela subtilement avec la réalité me donne toutes les permissions d’une certaine manière. Tu crées les personnages que tu veux.

Jouer comme cela subtilement avec la réalité me donne toutes les permissions d’une certaine manière. Tu crées les personnages que tu veux.

La série arrive en France à l’automne sur Arte. Est-ce qu’à ce moment-là on saura s’il y a une saison 2 ?

Il n’est pas supposé y avoir une saison 2. Le diffuseur n’a jamais voulu en faire une. Ce n’est pas une question de qualité mais de planning. Il voyait la série ainsi… à moins bien évidemment que l’on connaisse un immense succès. On verra au printemps 2018, lorsque la série sera disponible chez nous à la télévision, et non plus seulement sur la plateforme de streaming de notre diffuseur. Mais je ne sais pas dans quel état d’esprit je serai à ce moment-là. Un an d’écriture ensuite le tournage… Au mieux, il se sera écoulé 3 ans entre les deux saisons. Je ne sais pas si c’est réaliste ou souhaitable.

J’ai interviewé Vincent Graton à propos de La Vie La Vie. A une question sur votre style d’écriture, il répondait ceci : « Pour un acteur, quand les mots de l’auteur sortent de sa bouche avec fluidité, il y a une part de talent (rires), mais surtout, cela confirme que l’écriture est là. Les textes de Bourguignon, nous n’avions qu’à être là et tout allait de soi. Il n’y a rien de trop dans son écriture. Pas d’utilisation exagérée de qualificatifs. Il y a une précision. Nous avons fait 39 épisodes de La Vie la vie, un autre auteur aurait surfé sur le succès et en aurait fait le double. Pas Bourguignon. Il a un jugement extraordinaire. Une capacité de se regarder en face pour identifier le superflu et l’éliminer. » Question donc : est-ce qu’une des forces de votre écriture c’est cette « précision » dont il parle ? Ce besoin d’aller à l’essentiel ?

Mes scénarios sont excessivement précis. Parfois les réalisateurs me disent même que je suis fatigant car ils voudraient faire autrement… mais le scénario fonctionne ! Ce n’est pas par envie de contrôle mais parce que dans ma tête l’action se déroule très précisément. Je me dis toujours que les scénarios ne sont pas uniquement lus par les réalisateurs et les acteurs. Il y a toute la chaîne de production : les producteurs, la chaîne, le diffuseur, les maquilleurs… Dans tout ce processus, il y a des gens qui ont de l’imagination, d’autres moins. Comme je le fais dans mes romans, je fais en sorte dans mes scénarios d’amener ces gens dans un voyage de lecture, qui leur donne la meilleure idée possible de ce que je veux faire. Même la costumière a des détails, l’ambiance… C’est un document qui se lit presque comme un roman. Cela donne un mouvement, on part tous sur la même page, avec une impression de ce qu’est la série, qui ne devient pas vivant juste au tournage. Elle l’est dès le scénario.

Pour continuer sur La Vie La Vie, la série a été un immense succès. Vous l’aviez dès le départ imaginé en 3 saisons. Mais face au succès, vous auriez pu facilement prolonger cette série…

C’est sûr, j’aurais pu continuer. Mais j’aurais dû inventer de nouveaux… Mes personnages doivent toujours dépasser quelque chose. Là ils avaient justement dénoué leur affaire au terme des 3 saisons. Il aurait fallu que je leur invente de nouveaux nœuds ? Je n’en avais aucune envie. Et puis la série avait eu une belle carrière, inespérée même. On était tous complètement sur le cul devant ce succès. C’est aussi pour cela que c’était le meilleur moment pour arrêter. Je n’aurais pu que décevoir. Si cette série est devenue mythique, c’est aussi parce qu’on s’est arrêté.

Si La Vie La Vie est devenue mythique, c’est aussi parce qu’on s’est arrêté.

A l’époque de Tout sur moi, vous évoquiez un scénario de film que vous vouliez réaliser pour compléter cet « exercice d’écriture » que vous évoquez parfois. A ce jour, vous n’êtes pas passé derrière la caméra…

Le scénario dont vous parlez, je l’ai écrit à un moment où je n’avais pas de travail. J’ai demandé une bourse, que j’ai obtenue, et je l’ai écrit. Je voulais le vendre le plus vite possible. Je l’ai donc proposé à une productrice au Québec. Elle m’a dit oui mais à la condition que je le réalise. J’ai réfléchi et je me suis demandé pourquoi je devais passer à côté de cette occasion. Je ne suis pas plus bête qu’un autre, je peux apprendre à réaliser. On a travaillé comme des fous sur ce projet pendant 3 ans sans jamais réussir à obtenir le financement. Depuis j’ai écrit un autre long métrage mais je ne pense pas que je vais tenter de le réaliser. Je suis curieux car la réalisation m’obligerait à rentrer dans les mots d’une façon nouvelle pendant le tournage.

Propos recueillis par Thomas Destouches à Paris le 22 avril 2017


La bande-annonce de « Fatale Station » :

=> Lire l’interview de Vincent Graton

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Sylvie Payette : son top 5 des séries québécoises

Sylvie Payette, la créatrice du téléroman culte Chambres en Ville (Lire son interview) livre son top 5 des séries québécoises…

 

famille-plouffe__02__a-radio-canada.jpgLa famille Plouffle, adaptée du roman de Roger Lemelin (1953)

Commentaire de Sylvie Payette : « Le film Les Plouffle (ndr : réalisé par Gilles Carle) a été écrit à partir d’une série télé, laquelle avait même débuté plus tôt à la radio. C’est la série qui a inventé ce style « téléroman » qui a marqué le Québec jusqu’à aujourd’hui. Une famille, des histoires qui nous ressemblent. Il y avait peu de décors, l’histoire se déroulait lentement, mais les Québécois ont suivi cette série, comme s’il s’agissait de leur propre famille. Je n’en ai vu que quelques épisodes qui existent encore, mais j’en ai entendu parler tout au long de ma carrière. »

Synopsis de la série : Le quotidien d’une famille de la classe ouvrière au Québec à la fin des années 40…

 

1Les fils de la liberté, de Claude Boissol (1981)

Commentaire de Sylvie Payette : « Une série qui date de plusieurs années. J’ai beaucoup aimé cette série. Elle m’a donné envie d’écrire pour la télévision. »

Synopsis de la série : Au 19ème siècle, le combat d’Hyacinthe Bellerose, ayant prononcé le serment des Fils de la Liberté en pleine rébellion des patriotes…

 

 

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Lance et compte, de Réjean Tremblay, Jacques Jacob et Louis Caron (1986)

Commentaire de Sylvie Payette : « Une série qui a utilisé des techniques de cinéma et a modifié la façon de réaliser les séries d’aujourd’hui. Un moment marquant. Depuis les séries ne ressemblent plus aux téléromans d’autrefois. »

Synopsis de la série : Les aventures de l’équipe de hockey, le National du Québec…

 

 

xpmvu51081b347803bLes filles de Caleb, de Jean Baudin (1990)

Commentaire de Sylvie Payette : « Pour les mêmes raisons (ndr : que pour Lance et compte), les techniques de cinéma. Mais c’est aussi une série qui parlait de nous, de notre passé. C’était un heureux mélange de ce que nous aimions du téléroman et de ce que le cinéma nous offrait. Notre premier gros succès hors frontières. »

Synopsis de la série : A la fin du 19ème siècle, en Mauricie, l’histoire d’amour flamboyante entre Emilie Bordeleau et Ovila Pronovost. Elle est une institutrice dévouée, il est un aventurier passionné…

 

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La vie la vie, de Stéphane Bourguignon (2001)

Commentaire de Sylvie Payette : « Le charme, l’intelligence… une vraie belle série à découvrir. »

Synopsis de la série : La vie, les amours et les petits tracas d’une bande d’amis à Montréal au début des années 2000…

=> Lire l’interview de Vincent Graton

 

Propos recueillis par Thomas Destouches le 24 février 2016

Interview – André Béraud, directeur de la fiction de Radio Canada: « La clé, ce sont les auteurs »

Directeur des émissions dramatiques et longs métrages à Radio Canada, André Béraud était de passage à Paris en ce mois de février 2016 pour la présentation de la série dramatique québécoise 19-2, lancée le 30 mars sur le réseau TV5. En charge de la fiction pour le diffuseur canadien depuis 2009, Béraud a supervisé et lancé à l’antenne Unité 9, Tu M’Aimes-Tu ?, Série Noire et bien d’autres feuilletons qui ont dessiné un savoir-faire exigeant, éclectique et populaire. Rencontre avec un des plus fins connaisseurs du petit écran canadien-français…

Thomas Destouches : J’ai découvert « 19-2 » avec le premier épisode de la saison 2. Un épisode marquant à plus d’un titre, et notamment pour ce plan séquence de la fusillade dans le lycée, un tour de force du réalisateur Podz. Inoubliable. C’est très rare sur le petit comme sur le grand écran. C’était un peu fou non ?

phpThumb_generated_thumbnailAndré Béraud : La proposition qu’on a acceptée, ce n’était pas nécessairement de faire un plan séquence de 13 minutes mais plutôt un épisode intégralement autour d’une fusillade. Le plan séquence est un « heureux » dommage collatéral. C’était facile à accepter finalement. On avait déjà eu une première saison, soit 10 épisodes. On savait de quoi la série parlait, on savait que cette situation ne serait pas exploitée mais plutôt que la série allait tenter d’expliquer l’inexplicable. Heureusement il y a peu d’événements de ce genre au Québec mais nous en avons tout de même eu. Il était important de montrer pourquoi il est si difficile d’intervenir rapidement dans ce type de situation. L’épisode expose en outre plusieurs cas de figures auxquels les policiers doivent faire face dans ces cas-là. Sans être didactique, c’est un épisode porteur, qui donne des clés aux gens pour qu’ils puissent mieux comprendre, non pas accepter mais mieux comprendre le pourquoi. Et c’est aussi pour cette raison qu’il était important pour nous de le faire. Il s’agissait aussi du premier épisode de la deuxième saison et c’était un événement catalyseur pour tous les personnages pour relancer l’exploration de la série, laquelle montre ce que vivent les policiers.

A la tête de la fiction chez Radio Canada, vous avez lancé ou chapeauté un nombre absolument fou de séries: « 19-2 », « Unité 9 », « 30 Vies », « Les Rescapés », « Série noire », « Nouvelle Adresse », « Mémoires vives »… Il y a une variété de fictions ahurissante. C’est quoi le savoir-faire de la fiction québécoise ?

La clé de notre fiction, ce sont les auteurs. Nous ne sommes pas parfaits mais nous essayons vraiment de rester à leur écoute et à l’écoute de l’imaginaire, des univers qu’ils nous offrent. Ils ont quelque chose à communiquer et à mettre en image. Lorsque c’est probant, cela nous permet d’aller dans des directions de fiction insoupçonnées. On ne savait pas qu’on avait besoin d’Unité 9 par exemple, une série sur des femmes en prison imaginée bien avant Orange is the New Black. On ne savait pas qu’on avait besoin de cette série-là avant que sa créatrice Danielle Trottier vienne nous en parler et nous décrive sa passion, ce qu’elle voulait dire sur les femmes. Car ce n’est pas une série racontant des aventures en prison mais plutôt un feuilleton sur la condition de la femme. Quand on a entendu ce pitch, l’évidence de le mettre en développement était là. C’est ainsi que notre télévision s’aventure et grandit, avec cette force de création. Et je crois aussi que l’un attire l’autre. De telles émissions inspirent des gens à venir développer leur propre univers. On a des auteurs comme Serge Boucher ou Stéphane Bourguignon (NDR : le créateur de « La Vie La Vie ») qui proposent des projets parce qu’ils voient qu’à la télévision on peut concrétiser leurs univers.

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« Pérusse Cité », un des plus grands regrets d’André Béraud à la tête de la fiction de Radio Canada

Sous votre direction de nombreuses séries ont été lancées. Certaines ont marché, d’autres non. Dans la catégorie des échecs, malheureusement, je retiendrais la magnifique « Tu M’Aimes-Tu ? » Quel est votre plus grand regret ?

C’est dur à dire. J’ai eu des beaux succès et des beaux échecs. On croit à toutes les séries qu’on met en diffusion et on espère qu’elles vont faire le plein du public. Mon plus grand regret, et c’est peut-être parce qu’on n’a pas la chaîne pour diffuser de l’animation, c’est Pérusse Cité (NDR : Lire l’interview de François Pérusse). A chaque fois que je revois le petit ministre Ouellet… (Rires) En citant celle-là, je vais peut-être rendre d’autres personnes jalouses mais à chaque fois qu’une série ne décroche pas plusieurs saisons, c’est un petit regret, parce qu’elles avaient toutes du potentiel. On vient d’arrêter La Théorie du KO, qui n’était peut-être pas notre meilleur titre mais que je trouvais top. Là aussi c’est un regret.

Aujourd’hui vous présentez « 19-2 » qui va être lancée sur TV5 Monde. « Les Parent » est diffusée sur Gulli. Ce sont deux exemples de séries québécoises ayant réussi à atteindre la France, mais elles sont rares. Pourquoi une telle difficulté d’exportation en France ? La langue ?

La langue en effet, je pense. C’est peut-être également lié au nombre d’épisodes de ces feuilletons. On le voit avec les séries américaines : elles remplissent beaucoup d’heures de diffusion. Et bien évidemment la langue, qui est un frein à l’exportation de manière générale et pas seulement vers la France. Je pense que la version anglophone de 19-2 risque de voyager davantage. Cela me désole. C’est un chantier sur lequel il va falloir travailler vraiment.

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Claude Legault et Réal Bossé, les créateurs et interprètes de la série « 19-2 »

 

 

Où en est Radio Canada après quelques années un peu difficiles, notamment dans un contexte de très nette réduction budgétaire ?

Le premier budget va sortir bientôt donc on va le savoir… On a traversé des périodes d’austérité et de transformation. Le numérique a désormais pris beaucoup de place, or c’est avec un seul budget qu’il faut tout mener de front: les nouvelles avenues numériques, les chaînes spécialisées… Nous sommes donc face à une logique de vase communicant. On a tout de même réussi à tirer notre épingle du jeu et à rester probant et pertinent en prime time. Comment résumer cela ? On est résilient. Cela a toujours été le cas avec le Canada francophone : on est résilient.

Votre concurrent TVA a lancé une série intégralement en ligne, « Blue Moon ». Est-ce une piste que vous menez à Radio Canada ?

On a lancé la seconde saison de Série noire en streaming. Naturellement on sait que l’industrie évolue vers cela. On est en réflexion pour savoir comment être toujours à la page.

La série « 30 Vies » va s’achever dans peu de temps. Elle sera remplacée par la nouveauté « District 31 ». Que pouvez-vous nous en dire ?

Je ne peux pas vraiment en parler. La nouvelle a été éventée trop tôt. Je n’ai pas d’informations à partager pour l’instant.

Quelles seraient les 5 séries de votre panthéon de téléspectateur ?

Il y aurait Ma Sorcière bien aimée. C’est la série qui m’a décidé à faire de la télévision. Je citerais également Ally McBeal. Ensuite cela va sembler tout à fait niaiseux : Côte Ouest. 14 saisons de leçons de narration ! Ce qu’ils ont fait et ont été capables de faire, c’est hallucinant. Je dirais ensuite Les Craquantes. Enfin pour citer une série dramatique, Hill Street Blues, qui a révolutionné la série policière.

Propos recueillis par Thomas Destouches à Paris le 9 février 2016

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La série 19-2 est diffusée à partir du 30 mars sur le réseau TV5 Monde

 

Interview – Vincent Graton : La vie la vie, retour sur la série culte

Interview publiée sur le Daily Mars en août 2015

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Diffusée de 2001 à 2002 sur Radio Canada, La Vie la vie est une chronique douce amère sur 5 amis, interprétés par Julie McClemens, Macha Limonchik, Patrick Labbé, Normand Daneau et Vincent Graton. Un morceau de vie de cinq trentenaires, aussi délicat que touchant.

Retour sur ce monument télévisuel totalement inconnu en France avec Vincent Graton, l’interprète de Jacques…

Thomas Destouches : Quand vous repensez à l’aventure La Vie la vie, quelle est la première chose qui vous revient en tête ?

Vincent Graton : La première chose à laquelle je pense : la joie, le bonheur, une incroyable complicité sur le plateau, une envie folle de vivre le moment présent, une volonté de servir ce projet dans l’esprit de l’écriture de Stéphane Bourguignon… De la fraternité partout.

Ce qui m’a fait tomber amoureux de La Vie la vie dès le premier épisode, c’est la réalité de ce groupe d’amis. Le fait que l’on croit instantanément qu’ils se connaissent depuis tant d’années, qu’il y a un background, des antécédents, des histoires… une profondeur de tous et de chacun après seulement 5 minutes. Qu’est-ce qui vous a fait tomber amoureux de la série ?

L’humanité !!!!!!! Nous nous retrouvons dans une petite communauté d’amis où l’amour inconditionnel est enraciné. Les personnages se montrent tels qu’ils sont. Ils sont là les uns pour les autres… dans le silence et la parole.

Jacques, votre personnage, est gay. Et son identité sexuelle est annoncée dès le premier épisode, sans qu’elle soit traitée comme une problématique. La Vie la vie prend naturellement en compte cette situation… en faisant en sorte que ce ne soit justement pas une « situation ». En France, si je me reporte à 2000-2001, il n’y avait aucun gay traité avec autant de subtilité et de naturel. En était-il de même au Québec ou est-ce que La Vie la vie a joué un rôle dans la représentation des personnages homosexuels sur le petit écran ?

Au Québec, les premiers personnages gays étaient incarnés avec beaucoup de stéréotypes… dans la gestuelle, la langue parlée, avec une certaine démesure vestimentaire, un ton comique prédominant. Oui, le sujet était tabou… Pour transcender ces tabous, il fallait, je crois, passer par le rire. Les gays incarnés étaient amusants, un peu déjantés. Et doucement, à travers le rire, je crois que les préjugés se sont aplanis… Je pense au rôle joué dans La Cage aux folles par exemple. On se retrouvait avec des personnages hors normes mais d’une humanité extraordinaire. Ce qui fait qu’après le film, le spectateur préférait passer une soirée avec le personnage de Serrault plutôt que celui de Galabru. Pour ce qui est de mon choix d’y aller vers une proposition plus « naturaliste » sans manièrisme, c’était une condition à mon acceptation. Mais cela était également totalement partagé par l’auteur et le réalisateur. Je voulais qu’on comprenne que l’homosexualité n’est pas une déviance. Je voulais que la tendresse du personnage soit présentée sans être clownesque. Je crois, très humblement, que ce personnage a joué un petit rôle, qu’il a ouvert le cœur des téléspectateurs.

Une série sur les trentenaires, ou les presque quarantenaires dans le cas de Jacques, permet de placer la problématique des questionnements de personnages à un niveau intéressant. Ils ont déjà entamé leurs vies… et sont à un point crucial : celui des premiers regrets et du « encore possible » en quelque sorte. Est-ce que ce point de fixation était intéressant à vos yeux ? Cela permet de donner plus de « poids » à leurs choix et aux risques encourus…

Patrick Labbé, Macha Limonchik, Normand Daneau, Vincent Graton et Julie McClemens © Cirrus Communications
Patrick Labbé, Macha Limonchik, Normand Daneau, Vincent Graton et Julie McClemens © Cirrus Communications

Très bonne question. Jacques était le plus vieux du groupe, le grand frère. En passant, de positionner le gay de la série dans le rôle du grand frère était très habile. Le personnage de Jacques n’est pas à la même place que les autres. Ces questionnements existentiels sur la mort, sur le temps qu’il lui reste, sur les rêves irréalisés sont à la base de sa vie. Il se questionne sur le sens de sa vie. Il voit le temps passé, l’urgence de vivre alors que ses amis et sa sœur sont ailleurs. C’est la base du début de la quarantaine. Il me reste moins de temps à vivre, comment ai-je le goût de vieillir ? Jacques a effectivement les deux pieds dans ces réflexions.

Il y a diptyque d’épisodes qui, à mon sens, montre à la fois la précision de l’écriture, l’audace de la série et sa maîtrise totale des personnages : celui sur la mauvaise journée (« Anatomie d’une mauvaise journée ») et celui sur la fragilité du bonheur (« La Vie est belle »). Comment qualifieriez-vous le style de Stéphane Bourguignon, l’auteur de la série ? Quelle est sa principale qualité ?

Pour un acteur, quand les mots de l’auteur sortent de sa bouche avec fluidité, il y a une part de talent (rires), mais surtout, cela confirme que l’écriture est là. Les textes de Bourguigon, nous n’avions qu’à être là et tout allait de soi. Il n’y a rien de trop dans son écriture. Pas d’utilisation exagérée de qualificatifs. Il y a une précision. Nous avons fait 39 épisodes de La Vie la vie, un autre auteur aurait surfé sur le succès et en aurait fait le double. Pas Bourguignon. Il a un jugement extraordinaire. Une capacité de se regarder en face pour identifier le superflu et l’éliminer.

L’épisode se déroulant chez la mère de Marie et Jacques est clairement un des plus lourds à porter pour Jacques, qui doit affronter sa colère envers son père. Y en a-t-il d’autres qui vous reviennent en tête et qui vous ont marqué en tant qu’interprète de Jacques ?

Un épisode que j’ai adoré est celui où Jacques a des terribles fièvres dans un Montréal caniculaire. Il hallucine dans la nuit et voit apparaître son père et un amant. Cela arrive à un moment où Jacques n’ose pas s’abandonner à l’amour. Il a peur d’avoir mal, de se laisser aller. Lorsque son père apparaît en songe, il lui dit ceci : « Mon fils, si tu ne te présentes pas tel que tu es, au moins une fois dans ta vie, tu passeras à côté de ta vie » Cette scène est d’une grande tendresse. Ce message dans la nuit sera important pour Jacques, fondamental ! Et encore là, au-delà des relations homosexuelles, on retrouve entre le fils et son père, une tendresse entre hommes qui est immensément belle. En défendant cela, j’avais le sentiment de défendre quelque chose de beau. D’ailleurs, mon père était joué par mon oncle Gilles Pelletier et ma mère par ma tante Françoise Graton… Un clin d’œil du réalisateur qui m’a beaucoup touché.

Cette finesse d’écriture, on la retrouve aussi par exemple dans une superbe réplique lancée à Jacques par Gilbert, dénonçant l’injustice du premier vis-à-vis du second, lequel a toujours été là mais se retrouve bien seul quand lui aussi a un « down ». Comment qualifieriez-vous la trajectoire de Jacques tout au long de la série qui se déroule finalement à un moment crucial mais très compact de son existence ? Qu’apprend-t-il à la fin de la série ?

Il apprend à assumer tout ce qu’il est. Il apprend à aimer. Il apprend à se réconcilier. La scène au cimetière où il regarde le ciel en saluant ses parents est pour moi une scène de réconciliation et d’affranchissement. Et dans la scène finale, j’ai toujours perçu qu’il serait un oncle magnifique. Il aura aussi une descendance à travers les enfants de sa sœur et de ses amis. Il sera là pour eux.

Aviez-vous des craintes quant au dernier épisode de la série, qui devait conclure une si belle aventure et les cheminements de ces 5 personnages ?

Quand j’ai lu la dernière scène, je l’ai trouvée parfaite. Tout est là.

Le succès de la série

J’ai lu pas mal d’articles sur la série et, régulièrement, on souligne son importance dans la fiction, marquant un tournant qualitatif ayant inspiré d’autres séries ultérieures. A-t-elle vraiment changé les choses ?

La Vie la vie fut la première vraie série télé consacrée aux trentenaires. De traduire cette réalité était nécessaire. Ce fut également la première série télé de l’auteur, du réalisateur (qui avait travaillé davantage dans le documentaire), du monteur et du compositeur de musique. Je pense que ces quatre-là sont arrivés avec des propositions neuves, un ton unique qui se distinguaient de ce qui avait été fait avant. Je pense que La Vie la vie a donné un souffle à la télé de chez nous. Ce n’était pas non plus une série maniérée… Il y avait une certaine pureté dans le ton. La Vie la vie a donné de l’air.

La bande de La Vie la vie s’est reformée le temps d’un épisode de Tout sur moi, une série ultérieure de Stéphane Bourguignon. Et via un petit twist amusant : comment imaginer le retour de La Vie la vie à l’antenne. Comment se sont passées ces retrouvailles ?

Nous nous sommes bidonnés comme des fous. Ce furent des retrouvailles trrrrrès amusantes et complices. La Vie la vie est devenue une série un peu… culte chez nous. Je le dis en souriant. De rire de ça fut délicieux.

Stéphane Bourguignon, l’auteur, avait décidé de ne pas aller au-delà des 39 épisodes, coûte que coûte. Mais, par la suite, y a-t-il eu des projets de reformation de la bande de La Vie la vie pour, par exemple, un épisode spécial de réunion ou du moins une envie d’en faire un ? Est-ce quelque chose qui vous intéresserait ?

l n’y a rien dans l’air à ce sujet. Il serait intéressant de réaliser une série 20 ans plus tard. Je crois que cela serait rempli de potentiel dramatique mais rien ne semble flotter dans l’air.

La carrière

Vous avez joué aussi dans 19-2, autre série très importante de la télé québécoise, qui se démarque par sa diversité et son ambition. Et particulièrement réussie. Quelle est votre vision actuelle de la production de série au Québec ?

Vous avez raison. Il se fait chez nous une télé audacieuse et imaginative. Nous n’avons pas le choix. Le Québec est le seul territoire majoritairement francophone d’Amérique du Nord. Nous sommes des survivants. Nous devons nous renouveler sans arrêt et nous devons le faire avec de petits moyens. Si nous comparions nos budgets avec les vôtres, je pense que vous tomberiez en bas de vos chaises. Ici, il faut être un peu fou pour faire de la télé et du cinéma. Cela prend une force de caractère solide.

Quelles sont les séries québécoises actuelles les plus intéressantes selon vous ?

Actuellement des séries comme Unité 9, Mensonges, La Galère et plusieurs autres carburent.

Plus globalement, le secteur culturel et de la production québécoise a été pas mal attaquée ces dernières années. Où en est la situation ? Et que faut-il faire pour la défendre encore et encore ?

Ah là vous parlez à un militant… (rires) La société Radio Canada a été visée par les coupes des conservateurs qui sont actuellement à Ottawa. Nous sommes actuellement en élections et je souhaite évidemment leur départ… pour ne pas dire plus. La SRC doit avoir les reins solides pour développer, pour innover, pour être le chef de fil. Le Québec et le Canada français ont besoin d’une SRC forte. Nous ne sommes pas contre des restructurations qui maximiseraient les opérations mais la SRC doit avoir les moyens de se développer. Actuellement, le milieu de la télé fait souvent des miracles pour permettre aux projets de se réaliser. En dramatiques, en documentaires, en variétés, en shows pour enfants… Nous avons besoin d’aide.

Je suis également un grand fan de Chambres en ville. Quels souvenirs gardez-vous de ce feuilleton ?

Ahhhhhh Chambres en Ville, quel succès télé ce fut ! Je n’en garde que de beaux souvenirs. J’avais là un très beau personnage à défendre… Joie ce fut.

Quels sont vos projets ?

Je travaille sur une série familiale depuis 14 ans… et je touche aussi à l’animation. Je suis également spécialisé dans le road trip, dans le style documentaire sur les routes canadiennes. J’adore aller à la rencontre des gens et révéler un peu de ce qu’ils sont.

Propos recueillis par Thomas Destouches le 18 août 2015

Remerciements chaleureux à Vincent Graton pour le temps consacré à cette entrevue