Critique film : Les 3 p’tits cochons 2, de Jean-François Pouliot (2016)

a595a47b25444da0bed4afd8a5c42e37Réalisation : Jean-François Pouliot

Scénario : Pierre Lamothe et Claude Lalonde

Distribution : Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, Patrice Robitaille, Sophie Prégent, Isabel Richer…

Synopsis : Cinq ans après la mort de leur mère, les 3 frères Rémi, Mathieu et Christian n’ont finalement pas beaucoup changé. Rémi vit toujours une double vie, trompant sa femme avec des femmes et des hommes. Mathieu se sent déboussolé par la réussite de sa femme et l’inertie de sa carrière. Christian, lui, a toujours une vie sentimentale mouvementée. Leurs mensonges et autres petites cachotteries vont, une nouvelle fois, venir bouleverser cet équilibre déjà précaire…

Durée : 1h43

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Critique

Donner une suite à la comédie Les 3 p’tits cochons, immense succès populaire en 2007 loin d’être volé, était un pari risqué. Il est malheureusement perdu. Non seulement ce numéro 2 ne soutient pas la comparaison avec son prédécesseur, ce qui en soi est dommageable mais pas éliminatoire, mais il est aussi (surtout) un film qui a sacrifié le vulgaire (assumé) sur l’autel du beauf (involontaire) et n’apporte fondamentalement rien de nouveau. Les 3 p’tits cochons 2 laisse en effet la désagréable impression que Rémi, Mathieu et Christian n’ont pas évolué, tombant exactement dans les mêmes pièges, succombant aux mêmes tentations et révélant les mêmes défauts.

La structure du film étant une redite de celle du premier, le récit est sagement balisé et la surprise automatiquement désarmée. Pire l’écriture grossière enlève toute bonhommie à ses personnages et, de fait, toute possibilité d’empathie de la part du spectateur. Reste la dynamique à vide du trio formé par l’immature (Guillaume Lemay-Thivierge), le beauf (Patrice Robitaille) et le cachottier (Paul Doucet), tous partageant cette même inclination pour le mensonge et cette obsession sans maîtrise pour le sexe. Une obsession qui aurait pu être fructueuse dramatiquement si elle n’était pas constamment traduite par un humour en-dessous de la ceinture franchement grossier et un sexisme parfois beauf.

Heureusement dans ce film rendu trop long par son faux rythme incompréhensible, tout n’est pas à jeter. Quand il se fait plus amer, plus mélancolique, quand il place ses personnages devant les vraies conséquences de leurs actes, il puise ses vraies ressources émotionnelles. Mais ces scènes sont trop rares et leurs secousses trop fugaces. Dans ce registre émotionnel, ce second volet fait pâle figure à côté du premier. Les scènes intimistes avec la mère mourante y ramenaient les trois personnages à leur condition de fils, laissant tomber toutes leurs protections et cherchant un réconfort simple, avaient une véritable dimension sensible simple et sans arrière-pensée. La faillite de ce numéro 2 n’en est que plus criante avec cette scène phare de l’anniversaire de la mort de la mère. Ce moment culminant, sur le papier destinée à l’émotion de la réconciliation, se résume à une scène bâclée, trop vite balancée. Les différends entre les frères, pourtant particulièrement importants, n’y sont pas résolus. Comble du comble : les dialogues y sont tout bonnement masqués par la musique larmoyante ! Comme si le film se brûlait les doigts dès que l’émotion lourde se pointait…

Sans vrai discours, sans innovation non plus, Les 3 p’tits cochons 2 se résume à une comédie graveleuse et poussiéreuse. Dommage, trois fois dommage.

Note : 1 sur 5

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Date de sortie : 1er juillet 2016

Budget : 6 millions de dollars

Box office : 306 399 spectateurs

Disponible en DVD

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Critique film : Hot Dog, de Marc-André Lavoie (2013)

noname.jpgRéalisation et scénario : Marc-André Lavoie

Distribution : Paul Doucet, Pierre-François Legendre, Rémy Girard, Dino Tavarone…

Synopsis : Se croyant trahi par ses amis et collègues, un commercial décide de torpiller sa compagnie de fabrication de saucisses en glissant une de ses dents dans la chair servant à la confection. Cette simple dent va créer un enchainement de circonstances complètement folles impliquant la mafia, deux kidnappings et un couple d’innocents…

Durée : 1h35

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Critique

Hot Dog est une comédie qui se voudrait dans la veine de la « trilogie des idiots » des frères Coen mais se révèle finalement comme un ersatz de « Comment tuer son boss », l’irrévérence et la férocité en moins.

Bâti sur la mécanique du domino – en l’occurrence de la « dentmino » – le film enchaîne les quiproquos de plus en plus gros à un rythme tellement régulier qu’il en devient… trop mécanique justement. Et les réponses des personnages à ces situations plus artificiellement rocambolesques les unes que les autres ne servent qu’à nourrir une machine à rire (lourdaud et grossier) qui tourne à vide. Pire, ce « film catastrophe » débouche sur une conclusion aussi dénuée d’intérêt qu’une comédie où le sentiment de danger n’est jamais palpable, malgré la présence d’un mafieux (en réalité un « parrain » inoffensif, enfantin et blagueur).

Heureusement les comédiens sauvent Hot Dog du néant, à l’iamge d’un Rémy Girard insufflant une bonhommie bienvenue à son personnage de chef d’entreprise pris dans une fuite en avant incontrôlée. Mais la recette de ce Hot Dog est bien lègère…

Note : 1 sur 5

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Date de sortie : 9 août 2013

Box office : 41 193 entrées

Disponible en DVD

 

Critique film : Les 3 P’tits Cochons, de Patrick Huard (2007)

copyright: Zoofilms / Christal Films
copyright: Zoofilms / Christal Films

Réalisation: Patrick Huard

Scénario: Claude Lalonde et Pierre Lamothe

Distribution: Claude Legault, Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, France Castel…

Synopsis : Rémi, Mathieu et Christian se retrouvent au chevet de leur mère souffrante et inconsciente. L’occasion pour la fratrie de faire le point sur chacun. Rémi est égal à lui-même : donneur de leçons du haut de sa situation professionnelle confortable et de sa belle petite famille. Mathieu est loin d’être aussi épanoui à la tête de sa famille, d’où l’envie irrépressible de tromper sa femme. Quant à Christian, le benjamin, il semble bloqué à l’adolescence, sans l’ombre d’une ambition…

Durée : 2h05

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Critique

Chronique de trois frères se retrouvant au chevet de leur mère souffrante, Les 3 P’tits Cochons est la première réalisation du comédien Patrick Huard. Aussi drôle que touchante, cette dramédie alterne subtilement tonalités et perspectives sur Rémi, Mathieu et Christian, pour mieux souligner le désarroi de la situation familiale et de leur situation personnelle. Car si les 3 personnages sont campés rapidement et efficacement, ils vont (se) découvrir les uns les autres et chacun, au gré de leurs décisions et de leurs mensonges.

La maladie de leur mère va en effet leur permettre de réaliser qu’ils sont tous au bord du gouffre de leur vie, ou plutôt de leur vérité. Rémi, l’aîné, n’est pas « que » le bon et sage père de famille à la bonne situation. Mathieu est-il véritablement prêt à subir les conséquences de l’adultère ? Christian ne peut pas se contenter pour toujours d’amours virtuels. Et c’est sur ce terreau que les deux scénaristes, Claude Lalonde et Pierre Lamothe, regardent leurs 3 personnages principaux évoluer, avec beaucoup de tendresse. Et un ton gentiment sale gosse.

Mens-moi, je te dirai qui tu es…

Ces 3 frères se mentent et mentent à leurs proches, davantage pour se protéger que pour épargner. Et les mensonges envers eux-mêmes sont aussi révélateurs, notamment à propos de l’image qu’ils essaient de renvoyer, que destructeurs. Leur révélation, volontaire ou non, les exposera pour ce qu’ils sont « réellement », sans retour possible, à charge pour leurs proches, plus conscients qu’il n’y paraît, de vivre avec la fin du mensonge. Le miracle des 3 P’tits Cochons tient au fait que cette équation humaine n’est jamais absente du film, ni dans les scènes dramatiques (logique !) ni dans les scènes comiques. En parfaite maîtrise de sa narration et de ses personnages, Patrick Huard peut alors se permettre « d’y aller à fond », sans cynisme et sans artifices téléphonés.

L’autre force du film de Patrick Huard est d’embrasser pleinement les errements de ses 3 personnages principaux, de ne pas hésiter à en montrer la flamboyance coupable, les bassesses inavouées et les remords murmurés. Mais surtout de ne jamais baisser la caméra devant l’émotion – les scènes « rêvées » avec la mère sont sur ce point remarquables – avec une sincérité réjouissante, bien aidé par les interprétations enlevées de Claude Legault, Paul Doucet et Guillaume Lemay-Thivierge. Par leur biais, les 3 P’tits Cochons n’ont jamais froid aux yeux.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 10 août 2007

Budget : 4,4 millions de dollars

Box office : 578 049 entrées

Disponible en DVD