Ricardo Trogi : son top 5 des films québécois

Réalisateur de 1981, 1987, Québec-Montréal ou encore du Mirage, Ricardo Trogi a dressé son Top 5 des films québécois…

plouffe_8Les Plouffe, de Gilles Carle (1981)

Synopsis : La chronique d’une famille québécoise dans les années 30-40…

gaz-bar-bluesGaz Bar Blues, de Louis Bélanger (2003)

Synopsis : En 1989, dans un quartier défavorisé de Québec, les tribulations professionnelles et familiales du veuf François Brochu, dit le Boss, qui gère depuis quinze ans le gaz bar Champlain, un petit établissement où se réunissent tous les désœuvrés du coin. (Source : Eléphant Cinéma)

ad8a4e094da8e16f63f6fed0ff32a304Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

Lire la suite « Ricardo Trogi : son top 5 des films québécois »

Publicités

10 films québécois cultes en 10 photos de tournage

Découvrez 10 clichés pris sur les tournages de ces films incontournables du cinéma québécois…

 

Le Chat dans le sac, de Gilles Groulx (1964)

chat
Jean-Paul Bernier sur le tournage du film – © Office national du film du Canada / Eléphant cinéma

Synopsis : À travers la confrontation d’un couple dans la vingtaine, ce film pose la grande question de l’accession à la maturité politique du peuple québécois telle que perçue par un cinéaste épris d’idéal et d’absolu. (Source : ONF)

=> Voir le film sur le site officiel de l’ONF

 

Mon Oncle Antoine, de Claude Jutra (1971)

mon oncle antoine
Claude Jutra sur le tournage du film – © 1971 Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : A Black Lake, petit village minier niché au fin fond du Québec, la vie s’écoule durement. Le magasin d’Antoine est le principal lieu de la communauté : on y trouve de tout, surtout de la compagnie. A la veille de Noël, Antoine est appelé pour récupérer le corps d’un jeune garçon décédé plus tôt. Il part en pleine tempête de neige, accompagné de son neveu Benoît…

=> Lire la critique

=> Voir le film sur le site officiel de l’ONF

 

La Vraie nature de Bernadette, de Gilles Carle (1972)

vraie
Gilles Carle sur le tournage de « La Vraie nature de Bernadette » – © Bruno Massenet / Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Bernadette quitte Montréal avec son fils pour s’installer à la campagne. Bien vite son caractère, généreux et extraverti, conquiert la petite communauté. Mais la nature humaine, souvent ombrageuse et empoisonnée, se soucie bien peu du cadre…

=> Lire la critique

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

Les Ordres, de Michel Brault (1974)

882f31679c843987b76f4664bf255720
Photographe : Daniel Kieffer – © Office national du film du Canada. Collection Cinémathèque québécoise

Synopsis : Suite à la promulgation de la loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 au Québec, cinq individus sont arrêtés par les autorités, sans chef d’inculpation. L’espace de quelques jours, ils sont emprisonnés en toute « légalité » dans un pays où les droits des individus sont suspendus…

=> Lire la critique

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

La Guerre des Tuques, d’André Mélançon (1984)

528398-tournage-film-guerre-tuques-baie
Sur le tournage de « La Guerre des Tuques » en 1984 – © Michel Gravel / La Presse

Synopsis : L’histoire d’une bataille épique entre deux bandes de jeunes dont l’enjeu est un grand château de neige et de glace. L’un des groupes est dirigé par Luc, un chef jusqu’alors incontesté et l’autre est dirigé par Pierre et son inséparable Saint-Bernard. Une nouvelle venue au village, Sophie, se joindra bientôt à la bande de Pierre. (Source : Eléphant cinéma)

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand (1986)

storage.canoe.ca
Rémy Girard, Daniel Brière, Pierre Curzi et Yves Jacques spendant le tournage du film © Bertrand Carrière / Collection / Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Sur fond de campagne, quatre hommes, professeurs à la faculté d’histoire, préparent un repas gastronomique… et parlent des femmes. Sur fond de ville, quatre femmes, amies ou compagnes de ces hommes, s’entraînent à la musculation esthétique… et parlent des hommes. (Source : Eléphant Cinéma)

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

leolo
Jean-Claude Lauzon (à droite sur la photo) sur le tournage de son film – © Collection Cinémathèque québécoise / Eléphant cinéma

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

=> Lire la critique

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

c-r-a-z-y-en-plein-tournage
Jean-Marc Vallée dirigeant Marc-André Grondin – © TVA film

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

Mommy, de Xavier Dolan (2014)

141217_d54c4_aetd_mommy-tournage_sn635
Xavier Dolan, entouré de ses deux comédiens Antoine Olivier Pilon et Anne Dorval – © Shayne Laverdière

Synopsis : Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent explosif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide de l’énigmatique voisine d’en-face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

 

King Dave, de Podz (2016)

388307.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Le réalisateur Daniel « Podz » Grou et son comédien Alexandre Goyette sur le tournage de « King Dave » – © Go Films

Synopsis : Dave est un frondeur. Un King autoproclamé, influençable mais pas inconscient. Alors qu’il se met en tête de retrouver l’inconnu qui a dansé avec sa blonde en lui poignant le cul, comme si de rien n’était, il décide de se faire justice. Entre violence, peine d’amour et amitié trahie, Dave va mettre le doigt dans le tordeur et s’engouffrer, toujours poussé par en avant sans jamais s’arrêter.

=> Plus d’infos sur le film sur le site officiel d’Eléphant cinéma

Jimmy Larouche : son top 5 des films québécois

Réalisateur de La Cicatrice et Antoine et Marie (Lire la critique), Jimmy Larouche s’est imposé avec un cinéma à fleur de peau et intense. Il livre son top 5 des films québécois…

=> Lire l’interview de Jimmy Larouche

 

leoloLéolo, de Jean-Claude Lauzon (1993)

Commentaire de Jimmy Larouche : « Pour l’univers unique que Jean-Clause Lauzon y présente. »

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

=> Lire la critique

 

plouffe_8Les Plouffe, de Gilles Carle (1981)

Commentaire de Jimmy Larouche : « Excellent scénario, grande direction d’acteurs et des perles de dialogues. »

Synopsis : La chronique d’une famille québécoise dans les années 30-40…

 

 

18607470

C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée (2005)

Commentaire de Jimmy Larouche : « Jean-Marc Vallée a réussi à joindre de façon magistrale cinéma d’auteur et cinéma grand public. »

Synopsis : Une chronique familiale dans les années 70 au Québec et plus particulièrement la relation entre un père et son fils qui n’arrivent pas à se comprendre…

 

 

 

 

18374416

La grande séduction, de Jean-François Pouliot (2003)

Commentaire de Jimmy Larouche : « Un film à l’humour brillant, un petit bijou de cinéma. »

Synopsis : Le petit village de Sainte-Marie-la-Mauderne accueille momentanément un médecin débarqué de la ville. Et ses habitants vont tout faire pour le convaincre de rester dans leur petite communauté…

 

elvis-gratton-Le-king-des-kingsElvis Gratton, de Pierre Falardeau et Julien Poulin (1985)

Commentaire de Jimmy Larouche : « Parce que « tabarnak » qu’il est colon Elvis Gratton!!! »

Synopsis : Les aventures d’Elvis Gratton, garagiste brut de décoffrage et fan d’Elvis Presley…

10 films cultes québécois à voir gratuitement tout de suite

L’Office National du Film du Canada (O.N.F.) met à disposition sur sa chaîne Youtube un important catalogue, une belle fenêtre sur l’histoire et la diversité du cinéma canadien.

À Saint-Henri le cinq septembre (1962)

Documentaire étonnant réalisé par Hubert Aquin, A Saint-Henri présente un un quartier populaire sur une durée de 24 heures. Une plongée simple et fascinante…

 

Pour la suite du monde (1963)

Ce documentaire de Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault a été élu 8ème meilleur film de tous les temps au Festival international du film de Toronto (TIFF) en 1984.

 

Le chat dans le sac (1964)

Grand prix du long-métrage au Festival du Cinéma canadien en 1964, ce film de Gilles Groulx est l’histoire d’un jeune couple… mais se révèle en réalité une réflexion sur la maturité du peuple québécois.

 

La vie heureuse de Léopold Z (1965)

Premier film de fiction de l’immense Gilles Carle, La vie heureuse de Léopold est l’épopée d’un déneigeur de Montréal à la veille de Noël…

=> Lire la critique

 

On est au coton (1970)

Un documentaire fort sur les conditions de travail dans le secteur du textile au Québec. Immensément polémique, ce film de Denys Arcand est tourné en 1970 mais ne sort sur les écrans que six ans plus tard…

 

IXE-13 (1971)

Comédie musicale et parodique totalement barrée, ce film de Jacques Godbout est un véritable ovni…

 

Mon Oncle Antoine (1971)

Monument du cinéma québécois, le film de Claude Jutra est la chronique du passage à l’âge adulte d’un jeune garçon. Un apprentissage des premiers émois et de la mort…

=> Lire la critique

 

J.A. Martin photographe (1977)

Réalisé par Jean Baudin, ce film se déroule au début du 20ème siècle et suit un photographe et sa femme (interprétée par Monique Mercure, Prix d’interprétation féminine à Cannes en 1977) durant une tournée en province…

 

Les beaux souvenirs (1981)

Mis en scène par Francis Mankiewicz, ce film raconte comment une jeune, après avoir quitté sa famille, tente de renouer des liens…

 

Le confort et l’indifférence (1981)

Dans ce documentaire, Denys Arcand aborde la crise profonde ayant secoué le Québec en 1980 avec le référendum sur la souveraineté-association…

=> Lire la critique

 

Critique film : La Vraie nature de Bernadette, de Gilles Carle (1972)

VRAIE_NATURE_DE_BERNADETTE_(LA)_9Réalisation et scénario : Gilles Carle

Distribution : Micheline Lanctôt, Donald Pilon, Reynald Bouchard, Robert Rivard…

Synopsis : Bernadette quitte Montréal avec son fils pour s’installer à la campagne. Bien vite son caractère, généreux et extraverti, conquiert la petite communauté. Mais la nature humaine, souvent ombrageuse et empoisonnée, se soucie bien peu du cadre…

Durée : 1h36

—–

Critique

Film culte de Gilles Carle, documentariste devenu un metteur en scène majeur du cinéma de fiction québécois, La Vraie vie de Bernadette est un long métrage profondément pessimiste, où l’espoir n’est qu’un vœu pieux, à peine un songe. Bernadette, cette femme désintéressée cherchant follement l’harmonie, est la personnification d’un optimisme envers la nature humaine. A l’épreuve de l’envie, de l’avidité et du vide, cette même nature humaine se révèle sous son vrai jour…

Carle se fait volontairement naïf dans les premières scènes, avec un seul mot d’ordre : la libération (des personnages, des mœurs et mêmes des cadres). Une émancipation totalement folle causée par l’irruption de cette jeune femme dans la communauté. Il y a du Théorème de Pasolini dans cette première moitié du film, la perversion en moins. Et cette liberté totale, Carle l’applique à son récit, idyllique jusqu’à l’absurde. La mort du vieux cheval, achevé par l’agriculteur, marque la fin de l’innocence et le dérèglement de l’harmonie dans ce paradis terrestre, aussi superficiel soit-il. Dès lors, le film va changer de ton, d’abord subtilement avant de s’enfoncer dans une sorte de farce tragique, complètement irrévérencieuse et excessive, particulièrement acide envers la religion et les médias.

Film majeur de la cinématographie québécoise, La Vraie vie de Bernadette de Gilles Carle est une œuvre totalement désinhibée, à la liberté folle, déstabilisante et fascinante, traversée par quelques plans d’une beauté plastique étourdissante. Un monument du 7ème Art.

Note : 4,5 sur 5

—–

Date de sortie : 6 mai 1972

Indisponible en DVD

Critique film : La vie heureuse de Léopold Z, de Gilles Carle (1965)

1988-0115z-af-gRéalisation et scénario : Gilles Carle

Distribution : Guy L’Ecuyer, Paul Hébert, Monique Joly, Suzanne Valéry…

Synopsis : A la veille de Noël, dans une Montréal frappée par une tempête de neige, le travail ne manque pas pour Léopold Z Tremblay, déneigeur de métier. Tiraillé entre ses obligations professionnelles et familiales, le débonnaire Léopold Z va vivre l’espace d’une journée des aventures cocasses…

Durée : 1h09

—–

Critique

Dans La vie heureuse de Léopold Z, conçu à l’origine comme un court documentaire sur le déneigement à Montréal avant de muer en film de fiction, subsistent des traces évidentes de l’approche documentariste de Gilles Carle. Clairement amusé par le mode de narration fictionnelle, Carle les détourne avec une fantaisie communicative. Ainsi la narration en voix off, offrant moult détails sur les personnages / sujets du film et autres observations anthropologiques, se transforme vite en commentaire facétieux des événements. Mais c’est surtout à travers la représentation urbaine, avec cette ville de Montréal confrontée à une situation météorologique extrême et filmée avec un mélange de réalisme efficace et de fascination abrupte, que Carle réussit imperceptiblement à s’évader de la vision documentariste. Les pérégrinations de Léopold deviennent celles d’un metteur en scène de fiction. Le film s’ouvre avec des badauds réagissant face à l’objectif puis, au fur et à mesure, la présence flagrante de cette caméra s’estompe pour laisser le récit prendre le contrôle. La déneigeuse du début, alors principal véhicule documentaire, devient à la fin de La vie heureuse un simple outil de l’intrigue, permettent au pressé Léopold Z de rejoindre sa femme et son enfant à temps pour la messe de minuit.

Le film est une chronique tendre et fantaisiste se déroulant sur une seule journée, celle d’un héros positif et populaire, un homme naïf et débonnaire, simplement heureux. Son voyage, jalonné de petits accidents de parcours, de douces illusions (Josette la chanteuse est une sirène) et d’obstacles modestes, est bel et bien une odyssée. Au bout de cette épopée, qui substitue l’épique par la truculence et à la simplicité, Léopold devra retrouver sa femme et son fils…

La Vie heureuse de Léopold Z est aussi l’instantané d’une ville à l’orée de bouleversements urbains. Le métro est sur le point d’ouvrir, le système de déneigement est aussi pratique qu’archaïque… Ces révolutions en marche, totalement dénuées d’une quelconque dimension politique, Carle les montre avec son oeil de documentariste, en inscrivant ses personnages simples dans une société en pleine mutation moderne, mais surtout avec la totale maîtrise de son montage, d’une efficacité redoutable. Le progrès est en marche, il sera bientôt pleinement là, peut-être au lendemain de cette messe de minuit à laquelle assistent Léopold et sa famille.

 

Note : 4 sur 5

—–

Date de sortie : 19 novembre 1965

Disponible en DVD et en ligne, gratuitement et en intégralité, sur la chaîne Youtube de l’ONF :