Critique film : Prank, de Vincent Biron (2016)

prank_3856255328
© Le Girafon / Art & Essai / Romance Polanski

Réalisation : Vincent Biron

Scénario : Alexandre Auger, Vincent Biron, Eric K. Boulianne et Marc-Antoine Rioux

Distribution : Etienne Galloy, Alexandre Lavigne, Constance Massicotte, Simon Pigeon…

Synopsis : Adolescent solitaire et mal dans sa peau, Stefie est invité par Martin à rejoindre sa bande. Appartenir à ce gang, spécialisé dans les blagues de mauvais goût, lui apprend le sentiment d’appartenance… mais lui permet aussi de découvrir ses premiers émois..

Durée : 1h17

—–

Critique

En cinq mots : Prank, ça fait du bien.

Mais pas que… Teen movie de sale gosse, reprenant un schéma narratif parfaitement balisé tout en lui faisant joyeusement un doigt d’honneur, Prank est plus subtil que son humour potache ne le laisse d’abord penser, et jubilatoire… pour son humour potache justement.

Le réalisateur Vincent Biron convoque la mémoire collective des teen movies, de Can’t Buy Me Love à Breakfast Club, en passant par Ferris Bueller (sans doute la plus grande des influences pour sa manière de réinvestir les figures de Ferris et surtout de Cameron),  mais surtout se l’approprie par la transgression pour le pousser jusqu’à une (gentille) subversion. En s’intéressant à des personnages en marge, des losers dont les canulars ne sont ni spécialement bons, ni particulièrement signifiants, il en change la tonalité. Prank est aussi cruel et exaltant que l’âge ingrat qu’il dépeint. En fin de compte, Prank n’est pas vraiment un teen movie… plutôt un « freak teen movie ».

C’est à travers la transgression que Stefie, jeune adolescent solitaire et mal dans sa peau, va s’intégrer au sein de cette bande. C’est aussi à son contact qu’il va découvrir ses limites morales et éprouver ses premiers émois. Biron retranscrit très efficacement l’instabilité de Stefie, rongé par ses aspirations inconscientes autant que par ses frustrations bien conscientes, sa détresse et sa normalité bizarre. Une normalité d’autant plus floue que Biron exclut totalement de son récit les figures d’autorité, une absence cruellement signifiante. Biron, qui a totalement intégré la culture de l’image moderne, propose avec Prank une lecture de cette image, celle que l’on voudrait projeter pour les autres, celle que l’on poste et que l’on partage, cette projection de soi désormais autant magnifiée que manipulée et de cette communication ayant désormais changé de forme et donc, aussi, de fond.

S’il se présente comme un récit d’apprentissage à travers le personnage de Stefie, Prank ne convainc pas totalement dans sa dimension d’ « apprentissage ». Une question demeure une fois le film fini : au fond, qu’a-t-il appris ? Le sourire conclusif de Stefie, esquissé ou deviné, constitue une réponse intrigante mais sans doute incomplète.

Mais on le redit, toujours en 5 mots mais avec un point d’exclamation cette fois : Prank, ça fait du bien !

Note : 3,5 sur 5

—–

Date de sortie : 28 octobre 2016

Box office : en cours

Budget : 15 000 dollars

En salles actuellement

Publicités

Une réflexion sur “Critique film : Prank, de Vincent Biron (2016)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s