Critique film : La vie après le cirque, de Viveka Melki (2015)

1Réalisation : Viveka Melki

Scénario : Michael Allcock

Produit par Tortuga Films

Synopsis : Durant des décennies, nous nous sommes amusés­ au Cirque, oubliant nos soucis le temps d’une soirée. Mais peu d’entre-nous n’avons songés­ à ce que pouvait devenir ces artistes une fois leur carrière terminée. Ce film pose un regard unique sur des individus vivant dans la « capitale mondiale du cirque », la ville de Sarasota, en Floride ; une communauté « tissée serrée » avec des valeurs enracinées, qui semblent presque être d’une autre époque. Avec humour et sympathie, ces personnages plus grands que nature sont déterminés à se soutenir mutuellement à travers les épreuves, en particulier au moment où ils en ont le plus besoin : à la fin de leur carrière en tant qu’artiste de cirque… Alors que le temps est venu de quitter le ring, La vie après le cirque dépeint la réalité de ces artistes, dans le contexte d’un cirque en changement, au moment où ils songent à faire la transition vers une retraite à l’ombre des projecteurs.

Durée : 1h18

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Critique

Des souvenirs jaunis, de la mélancolie permanente, des corps fatigués, de la détresse parfois et des sourires aussi… mais si peu. Le portrait que dresse la réalisatrice Viveka Melki de ces vieilles gloires du cirque est sombre, trop morose même pour ne pas provoquer des émotions certes sincères mais intrinsèquement contaminées par le désespoir. A trop jouer sur une tonalité grave, le documentaire en vient parfois à tutoyer une monotonie problématique. Là réside d’ailleurs une des plus grandes faillites du film. En privilégiant la succession de portraits, tous individuellement touchants, au détriment du fil dramatique fort que constitue le spectacle final du Cirque de Sarasota, il se révèle incapable de monter en puissance émotionnellement.

Clairement tourmentée par la thématique du souvenir et de sa transmission, la réalisatrice en oublie peut-être que cette mémoire peut être déclamée par une voix moins sépulcrale, surtout lorsque l’univers en question – le cirque – est aussi affaire de paillettes, de joie et de dépassement. Et c’est d’ailleurs ce que révèle paradoxalement la légère, et trop brève, séquence entre Dolly Jacobs, légende du cirque aérien, et la jeune fille de 18 ans, rêvant des mêmes hauteurs que son idole…

Car il y a néanmoins une vraie tendresse dans le regard de Viveka Melki pour ces artistes, au fond desquels on sent encore intacte cette passion pour le cirque. Et une douceur dans sa manière de montrer et de mettre en scène ces corps meurtris, où sont gravés les exploits passés, qui luttent encore ou qui veulent retrouver, ne serait-ce qu’une seconde, leur souplesse d’antan. Et si le corps lâche peu à peu, l’esprit du cirque se révèle, lui, inaltérable au fil des rencontres. Et là se niche sans doute une des plus belles réflexions du documentaire : si nous sommes constamment entourés d’images spectaculaires et « surhumaines », le cirque, avec ses athlètes à taille humaine et ses effets pratiques, n’en demeure pas moins une expérience magique.

Hélas une fois que le projecteur du chapiteau de La vie après le cirque s’éteint sur tous ces formidables artistes, c’est un sentiment persistant et logique de tristesse qui subsiste…

Note : 2 sur 5

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Le documentaire est présenté au Festival Sunny Side of the Doc de la Rochelle en 2016.

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