Critique film : Sarah préfère la course, de Chloé Robichaud (2013)

1Réalisation et scénario : Chloé Robichaud

Distribution : Sophie Desmarais, Jean-Sébastien Courchesne, Geneviève Boivin-Roussy, Hélène Florent, Micheline Lanctôt…

Synopsis : Sarah décide de quitter la maison familiale pour intégrer le club d’athlétisme de l’université McGill à Montréal. Ne pouvant bénéficier du soutien financier de ses parents, elle emménage avec son ami Antoine et de se marier avec lui pour bénéficier d’une bourse. Obnubilée par la course, Sarah en vient à négliger son nouveau mari. Et des douleurs à la poitrine viennent instiller le malaise…

Durée : 1h36

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Critique

Pour son premier long métrage, présenté en section Un Certain Regard à Cannes en 2013, la réalisatrice québécoise Chloé Robichaud réussit une œuvre magistrale. Et un film insaisissable, à l’image de son héroïne Sarah, dont le premier regard vers le spectateur déstabilise autant qu’il fascine. Il est difficile de le soutenir et pourtant on prend conscience instantanément qu’il nous a pris au piège…

Sarah est animée par cette obsession de la course, une idée fixe qu’elle est incapable d’intellectualiser et même de verbaliser, rendant encore plus poignante et insondable cette course sans fin qui se joue dans sa tête. Abrupte et mue d’une invariable détermination,  elle n’en est pas moins dénuée d’émotions. Si le masque de son visage est efficient, ses yeux la trahissent lorsqu’elle se fait oublier. Elle n’est pas cet animal sans conscience exclusivement obnubilé par la piste. On sent sa souffrance, non pas à ne pas ressentir, mais justement à refuser ou à ne pas savoir exprimer ses émois que l’on soupçonne intenses. Sa fission émotionnelle à l’écoute de la chanson « Un jour il viendra », inexplicable en apparence et mise en scène avec la plus grande des délicatesses, n’en est que plus bouleversante. On perçoit sans cesse le trouble de Sarah, ou plutôt ses troubles, tant la jeune femme  semble désaxée sur la piste de sa propre vie, contrairement à la ligne qu’elle suit dans le stade avec une obstination sans doute dangereuse pour elle-même.

Sarah préfère la course s’achève comme il avait débuté. Avec cette jeune femme en pleine course, mais dépassant cette fois-ci la caméra, doublant le spectateur, avec ce nébuleux regard pointé vers la foulée d’après, à présent fuyant, et que Sarah nous refuse. Ce regard qui nous hante désormais…

Note : 4 sur 5

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Date de sortie : 7 juin 2013

Box office : 19 167 spectateurs

Budget : 1,2 millions de dollars

Disponible en DVD

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2 réflexions sur “Critique film : Sarah préfère la course, de Chloé Robichaud (2013)

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