Martin Villeneuve : son Top 5 des films québécois

Auteur du film de SF Mars et Avril (Lire la critique) et du délicat court métrage Imelda (Lire la critique), le réalisateur Martin Villeneuve livre les 5 films québécois de son panthéon…

 

bons-debarras_grandeLes Bons Débarras, de Francis Mankiewicz (1980)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Fruit d’une riche collaboration avec le romancier et dramaturge Réjean Ducharme qui en est le scénariste. Il s’agit essentiellement d’une chronique où se côtoient des personnages colorés dans une petite ville québécoise. Voici un excellent exemple d’un film atypique qui ne serait probablement pas financé par nos institutions canadiennes aujourd’hui, parce qu’elles le jugeraient peut-être “hors normes” ? Pourtant, ce film est considéré comme une œuvre majeure de la cinématographie québécoise. Les acteurs y sont exceptionnels, tout spécialement la jeune Charlotte Laurier qui y fut révélée. »

Synopsis : Proche d’une petite ville québécoise des Laurentides, Manon, 12 ans, vit dans une maison isolée, avec sa mère Michelle et Guy, son oncle maternel mentalement arriéré. L’univers affectif de Manon se réduit à son seul parent, sa mère dont elle cherche l’amour exclusif. De son côté, Guy est comme un autre enfant. Il vit dans son monde et il est attiré par la riche madame Viau-Vachon à qui ils vendent du bois. Comme une source apparemment intarissable, Michelle est entourée de personnes qui comptent sur son affection : Manon, Guy, son amant le policier Maurice et Gaétan, mécanicien et ami de Manon. Un évènement vient menacer la seule dynamique affective que Manon connait. (source : Wikipédia)

 

storage.canoe.caAu clair de la lune, d’André Forcier (1983)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Un conte fantastique et excentrique mettant en scène un albinos qui s’ennuie de son paradis perdu, et un pauvre naïf arthritique qui veut reconquérir son titre de champion de bowling. Sur le papier, je parierais que ce film ne serait pas non plus produit aujourd’hui, car c’est plutôt par sa facture qu’il se distingue. Avec ce film, Forcier crée une mythologie d’essence québécoise, poétique et surréaliste. Lorsque je l’ai vu étant jeune, je me suis dit que ce genre de cinéma était possible ici. Merci, André Forcier, d’avoir ouvert cette porte dans notre imaginaire ! »

Synopsis : Bert et Franck logent dans une automobile. Un maniaque, la nuit, crève les pneus des voitures du voisinage. Les automobiles crachent des flammèches parce qu’elles roulent sur leurs jantes métalliques. Bert, ex-champion de quilles, ne pouvant plus tenir une boule à cause de l’arthrite, est devenu homme-sandwich. Franck, son nouvel ami, est albinos – c’est donc qu’il vient d’Albinie et qu’il possède des dons! Et, effectivement, il redonne à Bert son adresse d’autrefois… et son don de double vue lui permettra de découvrir le « maniaque aux pneus »… mais il ne le dénoncera pas. (source: Eléphant Cinéma)

 

storage.quebecormedia.comJésus de Montréal, de Denys Arcand (1989)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Après Le Déclin de l’Empire Américain, Denys Arcand nous offre une autre œuvre remarquable. Une sorte d’hommage à Montréal où un Jésus des temps modernes revient nous visiter, au sein d’une troupe de théâtre. Le film établit un parallèle frappant entre la vie du metteur en scène de la troupe et celle du prophète. Il s’agit d’une touchante réflexion sur la souffrance humaine qui résulte d’un manque d’amour. La scène où est expliquée la genèse de l’univers devant un écran, de même que le don d’organes à la fin, m’ont profondément marqué, assez pour y faire inconsciemment allusion dans Mars et Avril. Robert Lepage m’en avait d’ailleurs fait la remarque sur la plateau, lui qui pour la première fois tenait un rôle au cinéma dans Jésus de Montréal. »

Synopsis : Séduit à l’idée de mettre en scène une version moderne de la Passion et d’incarner le personnage de Jésus, Daniel part à la recherche d’acteurs prêts à tout quitter pour le suivre… Se superpose au récit du Christ un discours sur la société de consommation, la création de l’univers et le sens de la vie. (source : Eléphant Cinéma)

 

1Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1992)

Commentaire de Martin Villeneuve : « Après Un zoo la nuit, quintessence du film urbain québécois, le regretté cinéaste Jean-Claude Lauzon (décédé tragiquement dans un accident d’avion en 1997) réalise Léolo, librement inspiré de son enfance. Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon qui tente de s’évader de sa famille dysfonctionnelle en se réfugiant dans un monde imaginaire fantaisiste. Encore une fois, il s’agit d’une magistrale illustration de la manière dont l’imaginaire peut parvenir à libérer l’âme. Le journaliste et professeur Pierre Bourgault y fait la narration. Ce film marque aussi le premier rôle de la chanteuse Ginette Reno au cinéma. »

Synopsis : Léolo vit dans un univers sans espoir. Il affirme venir de Sicile, là où l’espace et le rêve existent. Se sentant menacé par la folie dont sont victimes tous les siens, il se réfugie dans l’écriture et dans des amours délicieuses. Seul un dompteur de vers, amateur d’art et symbole de l’imaginaire, comprendra finalement la valeur de ses textes. (source : Éléphant Cinéma)

=> Lire la critique

 

face-cachee-luneLa Face cachée de la Lune, de Robert Lepage (2003)

Commentaire de Martin Villeneuve : « D’après sa pièce de théâtre éponyme où le célèbre metteur en scène raconte son enfance et sa relation avec sa mère. Une fable poétique et lumineuse que Lepage a produit en grande partie à ses frais, et où il incarne avec brio les rôles de deux frères. C’est aussi sa sortie de cadre en tant que réalisateur et il est très triste de le voir quitter le cinéma. Il m’a dit récemment : « En cinéma, tu investis une quantité spectaculaire d’efforts, dix fois les efforts investis dans d’autres plateformes, mais la visibilité ne suit pas toujours… Quelques accolades et festivals, tout au plus. Les distributeurs québécois n’y croient pas, et c’est bien triste. » »

Synopsis : Alors que leur mère vient de mourir, Philippe et son frère, de parfaits opposés, demeurent seuls membres de la famille. Alors que son frère est annonceur météo à la télévision, Philippe échoue, pour la seconde fois, sa soutenance de thèse de doctorat sur l’importance du narcissisme dans l’odyssée des programmes spatiaux soviétique et américain. Il commence à réaliser une vidéo pour SETI, car l’organisme organise un concours planétaire de messages à diffuser dans l’espace pour d’éventuels extraterrestres. C’est au retour d’un voyage à Moscou, où il devait discourir de son sujet de thèse, que Philippe apprend que sa vidéo a été sélectionnée et que s’opère un nouveau rapprochement entre les deux frères. (source : Wikipédia)

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=> Lire notre interview de Martin Villeneuve : « Un futur déjà grand »

Propos recueillis par Thomas Destouches

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