Critique court métrage : Imelda, de Martin Villeneuve (2014)

10155333_309427125887798_3867621782207915878_nRéalisation et scénario : Martin Villeneuve

Distribution : Martin Villeneuve

Synopsis : La grand-mère paternelle de Martin, Mélenda Turcotte Villeneuve (alias Imelda), était un incroyable personnage. Elle est décédée en septembre 2012 à l’âge vénérable de 101 ans. Exactement un an après son décès, Martin a décidé de la faire revivre en mettant à profit un talent. C’est que, depuis au moins 25 ans, il pratique une imitation de sa grand-mère, raffinée au fil du temps jusqu’à devenir une sorte d’incarnation. Se retrouver dans l’univers de sa grand-mère, sous ses traits, dans ses vêtements et parmi ses meubles et objets, à la veille de la vente de sa maison, à relater les anecdotes qu’il l’avait si souvent entendue répéter, fut une expérience des plus touchantes et surréalistes. Un collage de petites histoires forme ici un court métrage unique en son genre, comme autant de clins d’œil à des sujets aussi vastes que la religion, la politique, la vieillesse, la sexualité, la mémoire et la solitude, traités sur un ton humoristique, non sans une touche dramatique. Un format (15 minutes), un traitement visuel et un sujet universel qui sauront sans doute plaire au plus grand nombre, puisque tout le monde connaît une vieille dame plus ou moins comme Imelda.

Durée : 14 minutes

=> Lire notre interview de Martin Villeneuve : « Un futur déjà grand »

—–

Critique

Après le véritable coup de force que représentait son film de science-fiction Mars et Avril, Martin Villeneuve propose ici une œuvre limpide et lumineuse, uniquement composée de plans fixes méticuleusement composés, qui finissent toujours par se laisser déborder par les émotions que provoque Imelda. En l’espace de 14 minutes, il (re)donne vie à un personnage que seuls les intimes connaissaient vraiment mais que le spectateur apprend à connaître, auquel on s’attache, qui surprend, amuse et déconcerte. Car le petit miracle de ce court métrage est de nous faire regretter de n’avoir pas connu Mélenda Turcotte (de son vrai nom). Et lorsque le silence s’installe après une boutade de la vieille dame sur sa mort prochaine, qu’elle avoue sans détour redouter, c’est une immense tristesse qui s’abat… alors qu’un sourire malicieux s’est dessiné sur nos lèvres imperceptiblement.

Martin Villeneuve, qui incarne sa grand-mère et va même jusqu’à revêtir les habits de cette dernière, ne livre pas une performance. Il serait même indécent de qualifier sa prestation. Sans artifice de mauvais goût ni application criarde, il fait oublier qu’il incarne Imelda. Et cela, dès le premier regard lancé à la caméra jusqu’à l’ultime sortie de champ.

Loin d’être un hommage larmoyant, Imelda est une missive dont l’intensité émotionnelle naît de la pudeur et, au-delà des anecdotes anodines, du non-dit. Une lettre à sa grand-mère écrite par son petit-fils et rêvée par un cinéaste.

Note : 4 sur 5

—–

Date de sortie : 21 septembre 2014

=> Rendez-vous sur la page officielle Facebook d' »Imelda »

=> Notez le film sur IMDB

 

Publicités

Une réflexion sur “Critique court métrage : Imelda, de Martin Villeneuve (2014)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s