Critique film : Guibord s’en va-t-en guerre, de Philippe Falardeau (2015)

guibord-sen-va-ten-guerre_BIGRéalisation et scénario : Philippe Falardeau

Distribution : Le député Steve Guibord se retrouve, malgré lui, au centre d’une décision capitale : de son vote dépend l’entrée du Canada en guerre. Conseillé par son stagiaire, l’idéaliste Souverain, originaire d’Haïti, il décide d’aller consulter les administrés de toute sa circonscription…

Synopsis : Patrick Huard, Irdens Exantus, Suzanne Clément, Clémence Dufresne-Deslières, Micheline Lanctôt…

Durée : 1H49

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Critique

Se situant quelque part entre Mr Smith au Sénat et Swing Vote, Guibord s’en va-t-en guerre est une comédie satirique sur le pouvoir. S’il est mordant, le film se distingue par son manque de cynisme (se rapprochant de fait de l’approche presque naïve de Frank Capra) et sa volonté de ramener la politique à une dimension humaine (rappelant la dynamique du film avec Kevin Costner, où ce dernier détenait le vote décisif pour l’élection présidentielle). Mordant, didactique (le personnage de Souverain, cet observateur venu de loin, est à ce titre un outil narratif et de mise en perspective particulièrement efficace… et drôle) et divertissant, le film se révèle au final un pamphlet réussi.

Guibord n’est pas une histoire de rédemption ou de révélation. Le député campé par Patrick Huard est un personnage profondément positif. Sa trajectoire est d’abord celle d’un homme qui va s’affirmer et est animé par le bien-être de sa famille et de ses concitoyens plus que par des logiques politiciennes. Et là réside justement une des limites de la satire de Philippe Falardeau : si Guibord est naturellement attiré par la perspective du pouvoir, on ne croit pas bien longtemps à la potentielle corruption morale du personnage. Il est trop bon, trop ému par les arguments de ceux qui se battent contre la guerre, trop attaché au regard de sa fille, résolument pro paix… La satire s’en trouve finalement délesté de ses enjeux.

Mais le plaisir de Guibord s’en va-t-en guerre est ailleurs. Falardeau propose un divertissement sincère et attachant, qui doit beaucoup à ses comédiens principaux, et particulièrement à Patrick Huard et Irdens Exantus. Leur duo est un petit miracle. Tout en répliques faussement ingénues, Exantus crée constamment un boulevard au tempo diaboliquement comique de Huard. Et ça fonctionne. A chaque fois. Sans jamais lasser.

Note : 3 sur 5

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Date de sortie : 2 octobre 2015

Budget : 6 millions de dollars

Box office : 71 779 entrées

Disponible en DVD

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