Critique film : Turbo Kid, d’Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell (2015)

Turbo-Kid-posterRéalisation et scénario : Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell

Distribution : Munro Chambers, Laurence Leboeuf, Michael Ironside, Aaron Jeffery…

Synopsis : Dans un monde post apocalyptique où les Humains s’entretuent pour quelques centilitres d’eau, les aventures d’un jeune garçon, fan du héros de comic Turbo Rider, et d’Apple, un robot particulièrement exubérant…

Durée : 1h33

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Critique

Bourré de références au cinéma populaire fantastique, Turbo Kid assume pleinement sa dimension nostalgique et rétro. La présence au casting de Michael Ironside (le badass de Starship Troopers, de Total Recall et de V) et les références à Indiana Jones, Mad Max, Soleil vert, Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Star Wars ou encore Terminator fourmillent mais ne sont jamais réduites à l’état de clins d’oeil. Le film n’est pas une resucée cynique ou un hommage respectueux à ces VHS loués par des générations dans les vidéoclubs. Au contraire, il a digéré les aspirations héroïques et les procédés narratifs de ces aînés pour mieux les pervertir, en les rendant légèrement crades ou en les tournant clairement et intelligemment en dérision sans jamais les renier. Turbo Kid est un film des années 80 réalisé en 2015 avec une sincérité désarçonnante. La force du film est d’ailleurs sa capacité à pleinement assumer son premier et son second degré, sans jamais que le 2ème ne dénigre complètement le premier ou que le premier annihile le second, à l’image de ce Kid devenant le héros des comics qu’il lisait ou des diapos qu’il contemplait ébloui avec son projecteur portatif.

Manquant clairement de budget, le trio de réalisateurs a eu la bonne idée de ne pas essayer d’être pimpant ou de faire « comme si ». Au contraire, Turbo Kid la joue à l’économie et tire le maximum de décors naturels désertiques et délabrés en totale adéquation avec le monde ravagé de l’univers du film. En outre les ornements de bric et de broc et les accessoires détournés (un nain de jardin transformé en massue !) valident naturellement l’absence de ressources de ce monde où plus rien ne fonctionne et où tout est recyclé. Et ces « détails » permettent presque imperceptiblement de travestir les poncifs post apocalyptiques. Privilégiant principalement les effets pratiques grossiers, les réalisateurs déminent leur terrain de la menace cheap, les quelques effets spéciaux, volontairement drolatiques et cartoonesques, finissant d’enfoncer le clou de la jubilation régressive. Car avec ses allures de Grindhouse outrageant, Turbo Kid se révèle un vrai sale gosse, transgressant une nouvelle fois joyeusement la rigidité morale des films des années 80. Une désobéissance habile qui trouve son paroxysme avec cette image de Turbo Kid et d’Apple, se réfugiant d’une pluie de sang et d’entrailles sous un parapluie.

 

Sincère et énergique, ce Turbo Kid aussi rétro que post moderne est une sacrée claque…

Note : 4 sur 5

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Date de sortie : 14 août 2015

Box office : 6 606 entrées

Disponible en DVD

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2 réflexions sur “Critique film : Turbo Kid, d’Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell (2015)

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