Critique film : Discopathe, de Renaud Gauthier (2013)

10336720_485292208267678_2976728461107224066_nRéalisation et scénario : Renaud Gauthier

Distribution : Jérémie Earp-Lavergne, Sandrine Bisson, François Aubin, Catherine Antaki…

Synopsis : Depuis la mort accidentelle de son père, électrocuté devant ses yeux alors qu’il bidouillait des instruments de musique, le pauvre Duane se transforme malgré lui en monstre assoiffé de sang… dès qu’il entend une note de disco !

Durée : 1h21

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Critique

Pastiche d’un genre « impur » (la série B horrifique – de préférence très cheap – des années 70-80), ce premier long métrage est un hommage à tous ces films de vidéoclub loués pour voir des filles en petite tenue, des litres d’hémoglobine et des flics jouissivement badass. Mais, et c’est là que Discopathe se distingue, sur le papier, du simple exercice de style parodique : s’il reprend bien tous les poncifs du genre, il y ajoute un détail totalement barré… et donc forcément intrigant.

Faux laxisme très étudié du script, outrance de mise en scène, montage volontairement paresseux et surjeu des comédiens : le miroir déformant de la parodie est parfaitement installé par le réalisateur et scénariste Renaud Gauthier, lequel réussit miraculeusement à tenir sur le fil de son concept… jusqu’à la seconde vague de meurtres de Duane. C’est en effet là que tout se complique et que l’entreprise filmique s’effondre totalement. S’il est délibérément excessif et de mauvais goût, le meurtre de deux jeunes adolescentes crée un vrai malaise que le 2ème (ou le 3ème… ou le 46ème) degré ne suffit pas à effacer. Il n’est certainement pas question de parler de complaisance coupable envers cette violence graphique, mais simplement de dégoût à voir ces corps, abondamment et en gros plan, lacérés par des vinyles. Et la trop longue et très stylisée scène durant laquelle Duane utilise leurs deux têtes comme tourne-disques alors qu’une otage dénudée est ligotée à quelques centimètres rappelle dangereusement le premier degré du Buffalo Bill du Silence des Agneaux…

Mais la véritable condamnation, sans doute, vient du fait que le dispositif du pastiche s’essouffle bien trop vite – le piège dans lequel tombe la majorité des entreprises de ce genre – ne réussissant pas à dépasser ou transcender le concept originel. Mécanique et répétitif, Discopathe tourne en rond et surtout en longueur… un comble pour un film d’un tout petit peu plus d’une heure et vingt minutes.

Vous avez été prévenus : Discopathe est bien un ovni. Mais trop vite crashé. Dommage : le réalisateur Renaud Gauthier a le sens de la formule et transpire l’amour d’un cinéma dont beaucoup d’entre nous sommes nostalgiques.

Note : 1,5 sur 5

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Disponible en DVD

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