Critique film : Léolo, de Jean-Claude Lauzon (1993)

leoloRéalisation et scénario : Jean-Claude Lauzon

Distribution : Gilbert Sicotte, Maxime Collin, Ginette Reno, Julien Guiomar…

Synopsis : Le récit de l’enfance de Léo Lauzon au sein d’une famille marquée par la pauvreté et la maladie mentale. Particulièrement doué pour l’écriture, le jeune garçon narre ses premiers fantasmes, les errements de ses parents et son amour naissant pour la belle Bianca…

Durée : 1h47

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Critique

Autant Un zoo la nuit, le premier long-métrage de Jean-Claude Lauzon était une dérive urbaine, autant Léolo se révèle un huis clos intimiste, le récit d’un jeune garçon au sein d’une famille dysfonctionnelle, entre un père obnubilé par les excréments, un frère handicapé aux biceps surdéveloppés, des soeurs internées et une mère débordante d’un amour aussi imparfait que monumental.

Pour autant, aussi clos qu’il soit, le film ne se renferme jamais sur lui-même. Au contraire, il ne cesse d’aller « voir ailleurs ». Léolo est une divagation, un film ne cessant d’affirmer la supériorité du rêve sur la réalité et du cinéma sur la vérité. La mise en scène permet à Lauzon de transcender ses souvenirs, ses visions, ses besoins. De créer ses fantasmes. D’extirper de la beauté plutôt qu’une laideur d’un quotidien difficile. De donner une dimension mystique à cette famille si peu sainte. De rendre possible toutes ses folies. De faire de ses rêves de gamin une réalité cinématographique. Et un grand film.

Jean-Claude Lauzon réalise avec ce 2ème et ultime film de sa courte histoire de cinéaste un long-métrage puissant par ses images oniriques et étonnamment intime par la délicatesse de ses anecdotes, paradoxalement aussi personnelles qu’universelles, à la mise en scène libérée de toute convention morale et même cinématographique. Par son enchevêtrement des mots et des images – Léolo étant avant tout un récit recomposé par des ébauches de souvenirs griffonnés, inachevés et bruts – ce film réussit la difficile symbiose de la lettre et du plan.

Léolo est une chronique familiale onirique. Bizarre et mal élevé, ce film imprime la rétine et ses images explosent une fois le noir tombé… Un chef d’oeuvre du 7ème Art.

Note : 4,5 sur 5

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Date de sortie :

Disponible en DVD et sur iTunes (via Eléphant Cinéma)

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