Critique film: Québec-Montréal, de Ricardo Trogi (2002)

quebec-montrealRéalisation : Ricardo Trogi

Scénario : Patrice Robitaille, Ricardo Trogi et Jean-Philippe Pearson

Distribution : Patrice Robitaille, Jean-Philippe Pearson, Julie Le Breton, Stéphane Breton…

Synopsis : Durant le trajet reliant Québec à Montréal, différents personnages vont voir leurs relations passer au crible de la vérité.

Durée : 1h44

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Critique

Premier long-métrage du cinéaste Ricardo Trogi, devenu un auteur très populaire avec des comédies comme 1981 et Le Mirage, Québec-Montréal est un faux road movie et une vraie dramédie sur le rapport à la vérité. Celle que l’on n’ose avouer ou s’avouer, celle qui ne devrait pas sortir, celle qui détruit ou sauve…

Le procédé de départ – un huis clos le temps d’un trajet – a les qualités et les défauts de sa nature. Avec sa structure hyper efficace, le film permet de calquer sur le trajet physique un cheminement émotionnel et moral. Mais en indiquant la voie à suivre, il se coupe finalement de toute surprise. Les personnages et leurs dérèglements, parfaitement dessinés durant les premières minutes, sont sur une trajectoire dont on devine si non les rebondissements du moins la ligne d’arrivée.

L’autre grand problème de Québec-Montréal tient d’un autre de ses fondements. La principale difficulté d’un film choral, outre la cohérence des intrigues éclatées, est l’égal intérêt procuré par les histoires. Si la thématique de la vérité est respectée par les trois histoires contées, elle n’en demeure pas moins inéquitablement puissante. Et à ce dommageable petit jeu, celle concernant le concepteur de jeu malheureux en couple et mû par le fantasme de l’amour est clairement la moins poignante et prenante. Le résultat est sans appel : aussi bien rythmé que le film soit, lorsqu’il se concentre sur cette intrigue, il patine… et fait perdre une cadence que l’abattage d’un Robitaille ou la délicatesse de jeu d’un Legendre a du mal à faire repartir instantanément.

Mais ce premier film laisse filtrer une vraie jubilation de mise en scène que Trogi – qui met déjà en place son procédé de « séquences fantasmées » – va laisser pleinement exploser dans ses oeuvres ultérieures.

Comédie sans prétention ni profondeur, Québec-Montréal se regarde sans déplaisir. Mais sa mécanique et ses automatismes la rendent prévisible et finalement peu touchante.

Note : 2,5 sur 5

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Date de sortie : 2 août 2002

Box office : 160 840 entrées

Budget : 1,9 million de dollars

Disponible en DVD

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