Critique film : Le vrai du faux, d’Emile Gaudreault (2014)

vrai-du-faux.jpgRéalisation : Emile Gaudreault

Scénario : Emile Gaudreault & Pierre-Michel Tremblay

Distribution : Stéphane Rousseau, Julie Le Breton, Mathieu Quesnel, Guylaine Tremblay…

Synopsis : Marco Valois, le réalisateur des films d’action Furie, est au centre d’une grande polémique suite à la mort d’un fan ayant tenté de reproduire une scène de son film. Déboussolé et au bord de la dépression, il se décide à tout arrêter momentanément. Mais l’histoire d’un vétéran de la guerre en Afghanistan lui donne une idée de film. Bientôt Marco se lie d’amitié avec ce soldat, Eric…

Durée : 1h45

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Critique

Emile Gaudreault est un cinéaste qui s’intéresse au « sens »… ou plutôt qui prend comme prétexte, le plus souvent humoristique, la recherche de sens. De Père en Flic considérait la relation filiale comme objectif narratif mais surtout terreau comique (NDR: Lire la critique), Le Sens de l’humour s’interrogeait vainement sur la nature du rire (NDR: Lire la critique)… Comme ses aînés, Le vrai du Faux souffre des même maux : le traitement superficiel d’un motif ambitieux et la stérilité de sa conclusion. Si Gaudreault s’interroge en effet sur la responsabilité du cinéma à travers ce personnage de cinéaste traumatisé par la mort d’un fan de ses films, il ne propose pas un seul début d’analyse. S’il se penche sur le sens à donner à sa vie après un traumatisme de guerre via ce vétéran incapable de dépasser les horreurs présumées du front de guerre, il ne donne aucune profondeur à ce choc, réduit à une dimension d’anecdote à partager. Le parallélisme de ces deux traumatismes, indéniables mais incomparables, est en outre une faute de goût profondément maladroite et gênante. Pire, la conclusion du film montre un personnage principal n’ayant rien appris de ses errements, prompt à rééditer les mêmes erreurs… comme si les 105 minutes précédentes n’avaient finalement servi à rien.

Ces 105 minutes, d’ailleurs, en paraissent bien plus. Chargé de scènes de remplissage, de raccourcis honteux (la psychologie – par nature, une médecine du temps long –  s’accorde difficilement avec le rythme du cinéma – un art du récit condensé et de l’ellipse – Le Vrai du Faux tombe allègrement dans ce piège avec la psy malmenée interprétée par Julie Le Breton) et de redites (surtout dans une deuxième partie où l’intrigue patine sévèrement), Le Vrai du Faux donne la désagréable impression d’avoir 30 minutes de trop… peut-être parce que Gaudreault n’a justement pas grand chose à dire sur ce sujet très ambitieux. L’hyper prévisibilité de l’intrigue n’arrange rien à l’affaire.

Oscillant trop grossièrement entre humour et émotion, Le Vrai du Faux rate finalement le coche des deux tonalités et se révèle une comédie superficielle sur un sujet qui méritait mieux.

Note : 1 sur 5

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Date de sortie : 9 juillet 2014

Budget : 6,5 millions de dollars

Box office : 49 876 spectateurs

Disponible en DVD

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