Critique film : La Petite reine, d’Alexis Durand-Brault (2014)

affich_32591_1Réalisation : Alexis Durand-Brault

Scénario : Catherine Léger et Sophie Lorain

Distribution : Laurence Leboeuf, Patrice Robitaille, Denis Bouchard, Josée Deschênes…

Synopsis : Jeune espoir du cyclisme mondial, la coureuse québécoise Julie Arseneau cache un lourd secret. Si elle est sur le point de remporter la coupe du monde, elle ne le doit pas qu’à son talent… Inspiré de l’histoire vraie de la coureuse Geneviève Jeanson, symbole malheureux des dérives du dopage dans le sport.

Durée : 1h49

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Critique

La brutalité de La Petite Reine se révèle dès la première scène. Un matin comme un autre, Julie Arseneau se lève, discute avec son compagnon. Mais au lieu de sortir un jus d’orange du frigidaire, elle en extraie un flacon de produit dopant. Ce geste, rendu banal par une mise en scène volontairement non spectaculaire, montre à quel point la pratique est intrinsèque à son existence. Une action habituelle… Cette normalité est terrifiante. La visite inopinée d’un inspecteur de l’agence anti-dopage fait basculer sans transition cette insouciance dans la réalité cauchemardesque qu’est la vie d’un sportif dopé, faite d’angoisse, de mutilations corporelles, de mensonge constant.

Et ce mensonge prend ses racines non pas dans le plaisir de la victoire, même volée, mais dans la peur de décevoir. S’il ne fait aucun doute que Julie Arseneau aime (ou plutôt a aimé) le vélo et qu’elle a du talent, la dimension joyeuse et de transcendance par l’effort sont complètement absentes de sa trajectoire, rendant la mécanique infernale dont elle est prisonnière encore plus insoutenable.

Les yeux de Laurence Leboeuf

C’est peu dire que La Petite reine repose sur les épaules de Laurence Leboeuf. Au-delà de la performance physique, remarquable, la comédienne trame l’ambivalence de Julie tout au long du film. Ses mots, toujours clamés avec une fragilité totalement maîtrisée, ne sont que des mensonges destinés à contenter ses parents et son coach et à valider une image de championne qu’elle ne doit pas écorner. Ses yeux, sans jamais la moindre trace de surjeu, trahissent cette tragi-comédie absurde. Et c’est à travers ces yeux que l’on découvre, complètement vidé par tant de souffrance réprimée par Julie, que ce n’est pas grâce mais à cause de ses proches qu’elle gagne. Et surtout se perd.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 13 juin 2014

Budget : 5 millions de dollars

Box office : 111 160 entrées

Disponible en DVD

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