Critique film : Les sept jours du Talion, de Podz (2010)

copyright : Go Films
copyright : Go Films

Réalisation : Podz

Scénario : Patrick Senécal

Distribution : Claude Legault, Fanny Mallette, Rémy Girard, Alexandre Goyette, Martin Dubreuil…

Synopsis : Jasmine, la jolie petite fille de Bruno et Sylvie, est retrouvée morte. Quelques jours plus tard, son meurtrier est arrêté par la police. Alors que les premiers craquements se font sentir au sein du couple meurtri, Bruno échafaude un terrible plan : kidnapper l’assassin pour se venger…

Durée : 1h51

———-

Critique

Après avoir beaucoup réalisé pour la télévision, Podz passe au cinéma avec cette adaptation du livre Les Sept jours du talion par son auteur, Patrick Senécal. Ce long métrage, au scénario sec et à la mise en scène inspirée, est une réussite… qui se mérite. L’expérience difficile, parfois même insoutenable, que le spectateur doit endurer le laisse éprouvé, soulagé et hanté par des questions morales.

Frontal et audacieux, Les sept jours du talion ne cède jamais à la complaisance dans son rapport à la violence. Aucune accusation d’un quelconque plaisir pervers ne peut lui être reprochée. Un vrai tour de force compte tenu du postulat de l’intrigue, la victime Bruno devenant le bourreau de l’assassin de sa fille. La mise en scène de Podz, qui ne baisse jamais l’objectif de sa caméra de l’hémoglobine et de la chair traumatisée, comme pour défier le spectateur en proie à la compréhension du geste de Bruno, est parfaitement réglée et subtilement signifiante. Si son regard sur la tragique situation est sobre, Podz n’en demeure pas moins un cinéaste à l’oeil diaboliquement cinématographique. Et Claude Legault un formidable comédien, aussi émouvant lorsqu’il apprend la mort de sa fille que glaçant lorsqu’il s’apprête à opérer sa victime. Senécal, de son côté, a repris la trame de son livre en l’asséchant de sa matière littéraire pour en faire un terreau cinématographique parfait. Réduits à ce qu’ils ont de plus primaires, les dialogues sont des coups de couteau aiguisé, lacérant les restes d’émotion intacte du spectateur ou révélant sèchement la nature profonde des personnages. Le « T’es pire que moi ! » lancé par l’assassin Lemaire à son bourreau Bruno est, dans ce sens, un des moments forts du film, renversant complètement les repères et agissant comme une prise de conscience pour les personnages et surtout le spectateur.

Les Sept jours du Talion n’est que le premier film d’un (déjà) très grand cinéaste.

Note : 3,5 sur 5

———-

Date de sortie : 5 février 2010

Budget : 3,4 millions de dollars

Box office : 134 934

Disponible en DVD

Publicités

Une réflexion sur “Critique film : Les sept jours du Talion, de Podz (2010)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s