Critique film : L’Empire Bossé, de Claude Desrosiers (2012)

empire bosse
copyright : Lyla Films

Réalisation : Claude Desrosiers

Scénario : Yves Lapierre, Luc Déry et André Ducharme

Distribution : Guy A. Lepage, Claude Legault, Magalie Lépine-Blondeau, Yves Pelletier, Gabriel Arcand…

Synopsis : L’histoire mouvementée de Bernard Bossé, un des plus grands entrepreneurs du Québec sur le point d’être débranché de la machine le tenant en vie. Sur plus de 50 ans, l’itinéraire de cet homme parti de rien nous est conté. Ainsi que ses mauvais coups… et ils sont nombreux.

Durée : 1h35

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Critique

Avec ses airs de critique du système capitaliste, L’Empire Bossé est une satire déguisée en farce, caricaturant à l’excès les errements d’un système devenu fou et ne profitant qu’à une poignée. En l’occurrence à Bernard Bossé, interprété avec brio par un Guy A. Lepage tentant constamment de contenir un personnage trop grossièrement épouvantable. Car c’est bien là que le bât blesse : ce désagréable et parasitaire sentiment de trop plein. Il est clair que la réalité des affaires dépasse le plus fou de nos sombres fantasmes. Mais l’hyper profusion de tout (de différents types d’humour, de répliques volontairement idiotes, de répliques surinterprétés…) est une nuisance sonore et visuelle à la clarté du message, la mise en scène, volontairement chargée, n’aidant pas. De manière générale, elle part dans tous les sens (le faux-documentaire, les images d’époque, les teintes colorées selon les époques…) sans véritable cohérence. Heureusement de ce magma ressortent parfois quelques petits miracles. La jubilation que le metteur en scène a pour trouver des transitions entre certaines plans est communicative… car simple. Desrosiers fait du bricolage visuel et ses trouvailles, aussi géniales qu’enfantines, sont souvent amusantes, parfois bluffantes, avec une mention spéciale pour le formidable plan séquence des repas de Noël.

En effet tout n’est pas destructible dans cet Empire, bien évidemment. Ce trop plein est clairement le signe d’un vrai enthousiasme des créateurs. Une exaltation que l’on retrouve chez la plupart de ses interprètes : Guy A. Lepage donc, mais aussi Claude Legault, qui prend un malin plaisir à complètement exploser son image avec cet adorable et attachant benêt qu’est Coco, et la formidable Magalie Lépine-Blondeau, qui s’éclate autant à jouer l’amoureuse fatale que l’épouse refaite de Bossé.

On ressort de L’Empire Bossé épuisé, plus intéressé par le prochain coup que tentera l’entrepreneur pourri envers son pire ennemi de Carufel que par le propos général du film.

Note : 2 sur 5

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Date de sortie : 16 mars 2012

Budget : 5,5 millions de dollars

Box office : 20 478

Disponible en DVD

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