Critique film : Les Doigts Croches, de Ken Scott (2009)

copyright : Remstar
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Réalisation et scénario : Ken Scott

Distribution : Roy Dupuis, Aure Atika, Claude Legault, Patrice Robitaille, Jean-Pierre Bergeron, Paolo Noël…

Synopsis : Charles, Donald, Conrad, Eddy et Isidore, cinq malfrats du même quartier montréalais venant tout juste de purger leur peine de 4 ans de prison pour le « vol du siècle », s’embarquent sur le chemin de Jacques de Compostelle. Aucune crise de foi à l’horizon : leur complice Jimmy, qui a conservé le butin du larcin, leur demande de faire ce pèlerinage pour récupérer leur part. Ils ont une autre mission pour la route : « changer ».

Durée : 1h50

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Critique

La question centrale du film est donc simple : est-ce que l’on peut changer, pas en surface, « vraiment » changer ? Quitter une vie de crimes pour une existence vertueuse. Les malfrats ont 800 kilomètres pour accepter de se poser cette problématique, la comprendre et lui apporter une réponse. La grande force de cette épopée humaine de Ken Scott est de mettre en scène des personnages refusant, autant par principe que par automatisme (les « marches nocturnes » de Conrad sont, à ce titre, un gag récurrent assez magique), de se soumettre réellement à ce changement tout en montrant que les racines de cette révolution intime prennent effectivement. Un changement que seul le spectateur, que Ken Scott souhaite toujours un peu en avance sur ses pieds nickelés complètement paumés, peut véritablement anticiper. Heureusement cet avantage ne démine aucunement l’intérêt du film, bien au contraire. Il permet justement d’être un témoin délicat, bienveillant et amusé de l’éclosion d’un miracle qui se produit doucement plutôt que d’être décontenancé par un coup de théâtre moral trop « superficiel » et « fabriqué ».

Si l’on devine quasiment dès le début que le pèlerinage exigé par Jimmy est sans doute trop suspect pour être honnête, le twist final (à double détente) est suffisamment bien amené pour contenter un spectateur aux aguets. En outre les multiples rebondissements (liés aux erreurs de parcours, cocasseries de pèlerinage et autres petits mensonges des uns des autres révélés avec une régularité de métronome) et la délinéarisation de la narration (plusieurs chronologies s’enchevêtrent) permettent de court-circuiter la « monotonie » d’un chemin de plus de 800 kilomètres.

Avec cette première réalisation réussie, Ken Scott dresse une galerie de personnages cabossés tentant, tant bien que mal, de remettre un peu d’ordre dans leur vie. Une thématique qu’il reprendra en la resserrant deux ans plus tard avec la formidable comédie Starbuck.

Note : 4 sur 5

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Date de sortie : 31 juillet 2009

Budget : 5,5 millions de dollars

Box office : 200 539 entrées

Disponible en DVD

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