Critique film : Les 3 P’tits Cochons, de Patrick Huard (2007)

copyright: Zoofilms / Christal Films
copyright: Zoofilms / Christal Films

Réalisation: Patrick Huard

Scénario: Claude Lalonde et Pierre Lamothe

Distribution: Claude Legault, Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, France Castel…

Synopsis : Rémi, Mathieu et Christian se retrouvent au chevet de leur mère souffrante et inconsciente. L’occasion pour la fratrie de faire le point sur chacun. Rémi est égal à lui-même : donneur de leçons du haut de sa situation professionnelle confortable et de sa belle petite famille. Mathieu est loin d’être aussi épanoui à la tête de sa famille, d’où l’envie irrépressible de tromper sa femme. Quant à Christian, le benjamin, il semble bloqué à l’adolescence, sans l’ombre d’une ambition…

Durée : 2h05

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Critique

Chronique de trois frères se retrouvant au chevet de leur mère souffrante, Les 3 P’tits Cochons est la première réalisation du comédien Patrick Huard. Aussi drôle que touchante, cette dramédie alterne subtilement tonalités et perspectives sur Rémi, Mathieu et Christian, pour mieux souligner le désarroi de la situation familiale et de leur situation personnelle. Car si les 3 personnages sont campés rapidement et efficacement, ils vont (se) découvrir les uns les autres et chacun, au gré de leurs décisions et de leurs mensonges.

La maladie de leur mère va en effet leur permettre de réaliser qu’ils sont tous au bord du gouffre de leur vie, ou plutôt de leur vérité. Rémi, l’aîné, n’est pas « que » le bon et sage père de famille à la bonne situation. Mathieu est-il véritablement prêt à subir les conséquences de l’adultère ? Christian ne peut pas se contenter pour toujours d’amours virtuels. Et c’est sur ce terreau que les deux scénaristes, Claude Lalonde et Pierre Lamothe, regardent leurs 3 personnages principaux évoluer, avec beaucoup de tendresse. Et un ton gentiment sale gosse.

Mens-moi, je te dirai qui tu es…

Ces 3 frères se mentent et mentent à leurs proches, davantage pour se protéger que pour épargner. Et les mensonges envers eux-mêmes sont aussi révélateurs, notamment à propos de l’image qu’ils essaient de renvoyer, que destructeurs. Leur révélation, volontaire ou non, les exposera pour ce qu’ils sont « réellement », sans retour possible, à charge pour leurs proches, plus conscients qu’il n’y paraît, de vivre avec la fin du mensonge. Le miracle des 3 P’tits Cochons tient au fait que cette équation humaine n’est jamais absente du film, ni dans les scènes dramatiques (logique !) ni dans les scènes comiques. En parfaite maîtrise de sa narration et de ses personnages, Patrick Huard peut alors se permettre « d’y aller à fond », sans cynisme et sans artifices téléphonés.

L’autre force du film de Patrick Huard est d’embrasser pleinement les errements de ses 3 personnages principaux, de ne pas hésiter à en montrer la flamboyance coupable, les bassesses inavouées et les remords murmurés. Mais surtout de ne jamais baisser la caméra devant l’émotion – les scènes « rêvées » avec la mère sont sur ce point remarquables – avec une sincérité réjouissante, bien aidé par les interprétations enlevées de Claude Legault, Paul Doucet et Guillaume Lemay-Thivierge. Par leur biais, les 3 P’tits Cochons n’ont jamais froid aux yeux.

Note : 3,5 sur 5

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Date de sortie : 10 août 2007

Budget : 4,4 millions de dollars

Box office : 578 049 entrées

Disponible en DVD

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2 réflexions sur “Critique film : Les 3 P’tits Cochons, de Patrick Huard (2007)

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